Réalisateur
Acteurs
Pays
Genre
Comedie et Fantastique
Durée
107
Titre Original
Ted
Notre score
8
À 8 ans, le petit John Bennett fit le voeu que son ours en peluche de Noël s’anime et devienne son meilleur ami pour la vie, et il vit son voeu exaucé. Presque 30 ans plus tard, l’histoire n’a plus vraiment les allures d’un conte de Noël. L’omniprésence de Ted aux côtés de John pèse lourdement sur sa relation amoureuse avec Lori. Bien que patiente, Lori voit en cette amitié exclusive, consistant principalement à boire des bières et fumer de l’herbe devant des programmes télé plus ringards les uns que les autres, un handicap pour John qui le confine à l’enfance, l’empêche de réussir professionnellement et de réellement s’investir dans leur couple. Déchiré entre son amour pour Lori et sa loyauté envers Ted, John lutte pour devenir enfin un homme, un vrai !

 Avis de Manuel Yvernault :

Les Griffin, American Dad ! et The Cleveland Show, voilà ce qu’a pu apporter Seth MacFarlane à l’animation, format série animée télévisée. En France, Les Simpson (voire South Park) ont souvent fait de l’ombre aux séries de ce créateur aux multiples casquettes (scénariste, producteur, réalisateur, comédien…). Fait de l’ombre mais nullement mis de côté l’intégralité de ses créations qui ont su acquérir un public friand de ses productions.

La griffe de MacFarlane est cette constante dans chacune de ses séries à faire des références appuyées au 7ème art. Chacun des épisodes des trois séries précitées n’échappe à cette règle. En plus du ton trash assumé et osé, Seth MacFarlane a réellement « déposé » sa marque de fabrique. Un humour acide, corrosif, régulièrement balayé par une vulgarité subversive mais rarement grasse.

Le pari est donc risqué pour son premier long de faire adhérer le spectateur à un pitch quasi improbable et jongler entre deux univers, la confusion et le passage entre l’enfance et l’adulte.

Le scénario est plein de malice, très bien construit et référencé au possible, comme à l’accoutumé avec MacFarlane et c’est avec la solidité de cette fondation qu’il assène une mise en scène pleine d’énergie et vive. Les scènes se suivent à un rythme constant offrant à Mark Wahlberg une nouvelle palette de jeu. Le rôle d’un adolescent dont le meilleur ami serait un ours en peluche vivant n’est pas le rôle le plus simple à jouer, rayon crédibilité. Ici, on y croit à chaque instant.

On ressent l’efficacité de chaque scène. Seth MacFarlane ayant su doser avec habileté, purs moments de comédie et réflexion douce-amère sur ce passage de l’enfance à l’âge adulte entre nostalgie et attachement au passé.

C’est sans doute la principale force de Ted, quand le film offre un regard plus malin et subtil qu’il n’y paraît, dépassant son plaisir premier de comédie trash où chacun retrouve un peu du chemin qu’il a parcouru et la barrière de l’âge à franchir un jour. Mêlant légèreté et franc délire, l’idée du « Teddy Bear » ayant grandit en même temps que l’enfant était un pari risqué. Le savoir faire et l’intelligence divertissante de MacFarlane à transcender son sujet pour faire de Ted un conte fantastique corrosif devient alors l’une des meilleures comédies US de l’année.

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L’avis de Fabien

Carton surprise au box-office us avec 216M$, Ted est une des plus originales propositions comiques de ces dernières années en mélangeant l’humour trash de Judd Apatow et le conte à la Spielberg avec une efficacité redoutable.

Une fois acceptée la situation fantastique du début (un ours en peluche prend vie) difficile de ne pas rire devant les facéties déjantées de Ted et d’être touché par cette histoire hors norme d’amitié de 30 ans.

Très référencé, Ted rend hommage à Spielberg avec son pitch fantastique où un enfant solitaire se lie d’amitié avec une créature non humaine, avec des références visuelles au culte Indiana Jones mais aussi à tout un pan de la culture geek comme Flash Gordon avec intervention tordante de Sam J.Jones. Les références jubilatoires aux classiques du 7ème art, à la pop culture, s’enchaînent au gré de situations comiques qui ne manquent pas de morceaux d’anthologie : la séquence de bagarre dans une chambre de motel entre La vengeance dans la peau pour la furie des coups portés et Frangins malgré eux pour la conclusion déjantée des disputes est à sujet mémorable.

Avec le politiquement incorrect en principe comique, dans les dialogues salés et les situations irrévérencieuses où officie en MC incontrôlable l’ours Ted adepte de la fumette, des injures et obsédé sexuel,  le réalisateur Seth MacFarlane déroule irrésistiblement ce buddy movie vers une conclusion touchante. Comme souvent chez Apatow, référence actuelle incontournable du rire us, le héros, éternel jeune glandeur, est mis face à des choix d’adulte. Le personnage de John, Mark Wahlberg très à l’aise dans la comédie, doit ainsi définir les limites de son amitié avec Ted, pote légèrement envahissant, pour sauver son couple.  MacFarlane maîtrise lui aussi l’art de rendre attachants des personnages balançant à tout bout de champ les pires insanités ou se comportant comme des ados attardés.

Seth MacFarlane qui a roulé sa bosse dans l’animation avec la série déjantée Les Griffin réussit haut la main sa comédie, premier film au pitch malin et à l’exécution jubilatoire. Bonne nouvelle, Ted 2 est dans les tuyaux.

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Test blu-ray

Technique

Issu d’un tournage en HD, le master délivre une  très belle image avec un piqué précis, des couleurs chaleureuses et des noirs bien travaillés notamment dans la dernière partie avec une poursuite nocturne dans Boston. Les deux pistes audio, en vo avec la voix de Seth MacFarlane ou en vf avec le doublage de Joey Starr (choix curieux!), proposent une bonne gestion des effets sonores, des dialogues et de la bande originale.

Bonus

Cette édition blu-ray signée Universal propose tout d’abord le sympathique commentaire audio « que vous allez enfin avoir envie d’écouter » avec Seth MacFarlane et Mark Wahlberg.

Puis direction un florilège de scènes coupées (15′) et alternatives (10′) bien déjantées, dans l’esprit du film.

Le making of  (25′) met l’accent sur la technique bluffante qui a permis de donner vie à Ted. Sur le plateau le réalisateur Seth MacFarlane quittait la caméra pour interpréter Ted grâce à la motion capture et faire la voix de l’ours. Nous apprenons que l’équipe a utilisé une peluche pour l’interaction avec les acteurs mais aussi un bâton avec deux points qui représentent les yeux de Ted pour leur indiquer la direction. Pour Seth MacFarlane qui a su instaurer une bonne ambiance sur le set « il fallait qu’il (Ted) soit mignon pour pouvoir se permettre de dire toutes ces horreurs ».

L’ours en peluche se bagarre (6′) est centré sur le tournage de la mémorable scène de la bagarre dans une chambre d’hôtel mettant face à face Ted et son propriétaire. Mark Wahlberg se battait tout seul puis l’ours a été inséré numériquement dans le plan. Le monteur nous révèle que pour donner plus de réalisme et de crédibilité à Ted quand il assène ses coups des images ont été retirées en post-production. Ainsi une image par seconde a été enlevée pour faire croire que Mark Wahlberg prends un coup plus violemment.

Enfin, comme souvent pour les comédies, est ajouté un bêtisier (6′).

Ted
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