Le Territoire des Loups

Réalisateur
Joe Carnahan
Acteurs
Dallas Roberts, Frank Grillo, et Liam Neeson
Pays
USA
Genre
Action, Aventure, et Drame
Durée
117
Titre Original
The Grey
Notre score
8
Comme beaucoup de ceux qui choisissent de vivre au fin fond de l’Alaska, John Ottway a quelque chose à fuir. De sa vie d’avant, il garde le souvenir d’une femme, une photo qu’il tient toujours contre lui, et beaucoup de regrets. Désormais, il travaille pour une compagnie pétrolière et protège les employés des forages contre les attaques des animaux sauvages.
Lorsque le vol vers Anchorage qu’il prend avec ses collègues s’écrase dans l’immensité du Grand Nord, les rares survivants savent qu’ils n’ont que peu de chances de s’en sortir. Personne ne les trouvera et les loups les ont déjà repérés. Ottway est convaincu que le salut est dans le mouvement et que la forêt offrira un meilleur abri. Mais tous ses compagnons d’infortune ne sont pas de son avis et aux dangers que la nature impose, s’ajoutent les tensions et les erreurs des hommes. Eliminés par leurs blessures, le froid, les prédateurs ou leurs propres limites, les survivants vont mourir un à un. Ottway va tout faire pour survivre avec les derniers, mais quelle raison aurait-il de s’en sortir ?

 

 


L’avis de Krismery :

INTO THE WILD
Si on on ressent bien que la bestialité est une constance chez Joe Carnahan, elle ne s’arrête pas à une simple exhibition d’affrontements puisque le prolongement de son expression visite les tréfonds du mécanisme animal. Cette notion va être mise en premier plan dans son dernier film, The Grey (Le territoire des loups en VF, c’est plus parlant).  Liam Neeson y incarne John Ottway, un solitaire dont l’ingrat métier de tueur d’animaux sauvages au sein d’un site pétrochimique, lui donne l’image d’un nuisible, du moins pour la nature qui l’entoure.

Mais John n’a plus rien à perdre, il ne cache pas plus son aversion pour la vie que son asociabilité envers les autres intervenants de la zone qu’il protège. Alors qu’il embarque dans l’avion du retour de mission, un accident se produit, l’obligeant lui et une poignée de survivants à s’apprivoiser, s’épauler et survivre dans un milieu hostile, cette contrainte va progressivement l’extraire de son malaise.

Il est curieux de constater les nombreuses similitudes entre ce long métrage et The Descent (de Neil Marshall): non seulement ils s’inscrivent dans le même genre mais le développement de la thématique fonctionne à l’identique si ce n’est un traitement plus nuancée avec la gente féminine. Et ne c’est pas tant un problème de testostérone qui accroît ce ressenti. On perçoit chez ses hommes catapultés dans ce milieu néfaste un déni de la situation et un acharnement rapidement altéré par l’abattement, une faiblesse surlignée constamment malgré l’introspection significative de John lors de ce périple fataliste. Cette facette de personnalité est accrue par l’ambiance anxiogène du film, que le réalisateur distille habilement, extrayant de chaque situation, un concentré de nervosité dont le cumul  finit par nous mettre à terre lors du dernier quart d’heure.

 Le réalisateur de Smokin Ace tente de dresser un portrait honnête, minimise les dialogues et concentre ses efforts sur les interactions, les incidents et les corps à corps. En mystifiant le cadre, il en extrait tout l’aspect fantastique et évite la chronique naturaliste, ce qui explique cette diabolisation des loups renvoyant plus à l’incarnation du monstre qu’à l’animal. La quête d’humanisation de notre héros en devient l’arc narratif principal et les intentions sont clairement révélées. Qu’importe l’aboutissement de cette lutte, seul l’évolution de John aura son importance.

C’est là que les qualités du réalisateur se font le plus ressentir, jamais le récit ne s’écartera de son introduction, le rythme est soutenu, la violence graphique bien dosée et la prévisibilité du récit nécessaire.  En modeste artisan qu’il est, Joe Carnahan connaît ses capacités et les exploite au mieux, faisant de The Grey un divertissement profond et visuel, brut et froid, fascinant et enragé.

 

L’avis de Yanick « Wolverine » Ruf :

 

Promenons-nous dans les bois…

 

Revoilà Liam Neeson dans un film de grande envergure !! Cette fois-ci, il interprète un chasseur de loup qui, suite à un crash d’avion, se retrouve proie des prédateurs qu’il décime depuis trop longtemps.

Le Territoire des Loups est une fable écologique qui nous montre ce qu’est vraiment la nature de l’être humain, un animal prêt à tout pour survivre tout comme les loups qui essaient d’en faire autant. 

De nombreux affrontements nous montrent que l’homme est comme le loup, cherchant constamment à avoir un mâle dominant dans le groupe.

 

Superbement filmé, tout autant qu’interprété, le film nous entraine dans des décors exceptionnels des montagnes enneigées de l’Alaska. 

 

Liam Neeson apporte à son rôle un mystère qui ne sera révélé qu’à la toute fin du film…. Il erre donc dans les neiges ensanglantées, poursuivi par les loups affamés et ses démons, ce qui donne un intérêt encore plus grand. Les carnassiers, quant à eux sont parfois réels, parfois en numérique, mais tout est parfaitement crédibles et ces bestioles sont extraordinairement hallucinantes et effrayantes ! Le but est atteint !

 

Apres le catastrophique Agence tous risquesJoe Carnahan remonte donc dans notre estime avec ce film qui nous tient en haleine tout du long….. Dépaysant et stressant de par ses attaques de loups incroyables (j’en frissonne encore), il vous fera passer deux bonnes heures…..

 

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L’avis de Fabien

 

Après sa poussive adaptation de la série TV L’agence tous risques, le réalisateur Joe Carnahan qui n’avait pas impressionné depuis Narc en 2002 revient en grâce avec un survival intense porté par un Liam Neeson exceptionnel, bouleversant comme jamais.

 

Le premier pic dramatique de Le territoire des loups intervient rapidement avec un crash aérien  qui donne lieu à une séquence spectaculaire redoutablement mise en scène et montée : l’accident est vécu depuis la carlingue, du point de vue des passagers. Carnahan mise avec réussite sur le pouvoir suggestif du hors champ et des effets sonores dévastateurs pour décupler l’effet de terreur et d’angoisse.

 

La poignée de survivants va ensuite devoir affronter la nature hostile du Grand Nord, un froid glacial et des loups affamés. A ce combat désespéré contre les éléments et des carnivores féroces s’ajoute des dissensions au sein du groupe quant au plan à adopter pour leur survie. Très vite, par un renversement ironique et cruel, le chasseur (Liam Neeson est chargé de la protection des employés d’une compagnie pétrolière) devient traqué par une meute de loups avant de s’engager dans un ultime face-à-face avec ce redoutable prédateur.

 

Le récit aligne de manière classique mais efficace les séquences d’affrontements avec les bêtes, de lutte contre un froid polaire où les rescapés périssent les uns après les autres avec des moments plus calmes où autour d’un feu de camp confidences et confessions sont égrenées et la solidarité s’installe.

On pourra reprocher à Carnahan de ponctuer le récit d’élans mystiques un peu balourds, des considérations existentielles, sur la foi, l’amour qui ont pour effet d’alourdir quelque peu la portée de cette aventure humaine.

 

Mais il faut reconnaître que cette histoire de survie est mise en scène avec une radicalité assez rare dans ce genre de grosse production, un pessimisme et une noirceur envahissent en effet l’écran dès les premières minutes où apparaît un Liam Neeson en plein désarroi.

La réalisation de Carnahan est très habile, elle fait monter la tension en privilégiant le hors champ, la suggestion : la menace est partout, souvent invisible, frappant de manière fugace et violente. Le travail sur le son avec ces hurlements à frémir y est excellent. Carnahan, en élève appliqué de Steven Spielberg ou Ridley Scott, opte pour le less is more afin d’orchestrer les apparitions et attaques de ses bêtes, combinaison convaincante d’images de synthèse, animatroniques et vrais animaux.

Enfin le destin de ce groupe mené par un Liam Neeson tourmenté ne serait pas aussi émouvant sans la présence de l’acteur irlandais qui traduit magnifiquement par son simple regard toute la détresse insondable d’un homme brisé par la mort d’un de ses proches et le courage désespéré d’un survivant qui n’a plus rien à perdre.

 

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Test DVD

 

Technique

 

Le tranfert est tout à fait correct pour de la SD étant donné la multiplicité des ambiances  difficiles à retranscrire : blizzard, obscurité sont le quotidien des personnages. On retrouve un grain volontaire raccord avec le réalisme recherché par le réalisateur dans Le territoire des loups.

Les deux pistes  DD 5.1 en anglais et français relaient l’excellent travail effectué sur le son dès l’ouverture avec un saisissant crash aérien puis dans les espaces naturels avec les terrifiants grognements des loups.

 

Bonus

 

Identiques aux bonus du blu-ray les suppléments de cette édition DVD Metropolitan propose tout d’abord un commentaire audio du réalisateur Joe Carnahan accompagné de ses deux monteurs. Dans une ambiance décontractée le réalisateur y délivre de nombreuses infos techniques très intéressantes au sujet de ce film qui est, selon lui (on abonde sans problème dans ce sens), le plus abouti de sa carrière.

 

Au programme également 22 minutes de scènes inédites ou rallongées dont un long flash-back destiné à affiner la psychologie du personnage principal et quelques scènes de lutte contre une nature rude.

Le Territoire des Loups
8
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