Les combattants

Réalisateur
Thomas Cailley
Acteurs
Adèle Haenel, Antoine Laurent, Brigitte Roüan, Frederic Pellegeay, Kevin Azaïs, Nicolas Wanczycki, Thibault Berducat, et William Lebghil
Pays
France
Genre
Comedie et Romance
Durée
98 min
Titre Original
Notre score
7

Entre ses potes et l’entreprise familiale, l’été d’Arnaud s’annonce tranquille… Tranquille jusqu’à sa rencontre avec Madeleine, aussi belle que cassante, bloc de muscles tendus et de prophéties catastrophiques. Il ne s’attend à rien ; elle se prépare au pire. Jusqu’où la suivre alors qu’elle ne lui a rien demandé ? C’est une histoire d’amour. Ou une histoire de survie. Ou les deux.

L’avis de Manu Yvernault :

Distribué comme une comédie, Les combattants, premier film de Thomas Cailley, est plus de l’ordre du parcours initiatique à versant atypique. En effet, l’énergie du film repose sur les notes de la comédie loin des notes habituelles et d’un cahier des charges usé jusqu’à la dernière page, et ce pour le plus grand bonheur du cinéma français ; dans ce genre tout du moins. Sorte de Stand by Me en mode duo, aux accents romantiques, où chaque comédien, par son jeu et la personnalité de son personnage, apporte une vraie ampleur au film.

Les combattants se concentre sur la tenue d’un mouvement perpétuel, d’une fuite en avant. Arnaud et Madeleine sont tels deux particules en agitation constante. C’est la rencontre brutale entre deux êtres, personnages que tout oppose autant sur le plan personnel que social.

Les combattants 02

Elle, impulsive, force de la nature, à l’état brut, directe qui ne prend aucun détour, fonce sans se poser de questions. Toujours active, portée par l’élan d’une pensée radicale qui apporte de nombreux passages amusants.

Lui, vit, observe, est également dans une forme de mouvement inaltérable (la fabrication du cercueil au début du film au lieu d’entamer un deuil intérieur). Il ne juge pas, prend de manière candide le flux de la vie et se laisse attirer par son extrême opposé.

Tels deux électrons qui seraient en gravité permanente, ils finissent par s’entrechoquer avant une fusion possible, qu’on devine, attend, comme les dernières minutes d’un thriller.

Cela passe d’ailleurs souvent par le regard, point important, sinon majeur du film et mis en scène de manière très subtile. Le réalisateur soigne également ses cadres, plus que ses mouvements (les acteurs compensent délibérément ce choix) et justifie régulièrement l’aspect intérieur de ses personnages par sa mise en scène. Le passage de la barque illustre bien cela. Le potentiel comique de la mise en scène en étant très éloigné de l’action reste toujours présent par un sens approprié du cadre.

Les combattants 01

La musique aussi contribue à la magie de l’ensemble, par sa modernité et son efficacité elle habille le film de manière assez moderne sans jamais tomber dans l’effet clippé, chose assez rare.

Il y a également peu de changement psychologique dans le film. C’est un mouvement linéaire, principalement basé sur la découverte de l’autre.

A ce titre l’interprétation d’Adèle Haenel et Kévin Azaïs est à la fois pleine d’énergie et de tendresse. Une histoire d’amour qui oscille entre plusieurs genres, à la fois empruntée d’un réalisme prenant, une comédie, un ensemble qui finit même par tutoyer le film catastrophe dans un minimalisme parfait.

Thomas Cailley par sa manière originale et auteuriste a renouvelé les codes de ce qu’on pouvait décrire comme une comédie en premier lieu mais qui s’avère finalement être une touchante sérénade pleine d’humour et de fraîcheur, à la sortie de l’adolescence.

Les combattants
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