Happiness Therapy

Réalisateur
David O. Russell
Acteurs
Anupam Kher, Bonnie Aarons, Bradley Cooper, Chris Tucker, Jacki Weaver, Jennifer Lawrence, Julia Stiles, et Robert De Niro
Pays
USA
Genre
Comedie et Drame
Durée
122 min
Titre Original
Silver Linings Playbook
Notre score
10

La vie réserve parfois quelques surprises…
Pat Solatano a tout perdu : sa maison, son travail et sa femme. Il se retrouve même dans l’obligation d’emménager chez ses parents. 
Malgré tout, Pat affiche un optimisme à toute épreuve et est déterminé à se reconstruire et à renouer avec son ex-femme.
Rapidement, il rencontre Tiffany, une jolie jeune femme ayant eu un parcours mouvementé. Tiffany se propose d’aider Pat à reconquérir sa femme, à condition qu’il lui rende un service en retour. Un lien inattendu commence à se former entre eux et, ensemble, ils vont essayer de reprendre en main leurs vies respectives.

L’avis de Manuel Yvernault :

Le parcours de David O Russell a tout d’une l’histoire hollywoodienne. Mis en avant à l’époque de la vague des jeunes réalisateurs sur lesquels il fallait compter (Soderbergh, Fincher, P.T.Anderson…), le metteur en scène sortait de l’anonymat du cinéma indépendant (Spanking the monkey, passable, Flirter avec les embrouilles, très amusant) avec Three Kings (Les Rois du désert). Son pamphlet antimilitariste allait lui ouvrir les portes d’Hollywood. Un film injustement boudé (I heart Huckabees), un conflit ouvert (avec George Clooney) plus tard, suivi d’un off du tournage d’I heart Huckabees diffusé sur le net (ici) et le metteur en scène était devenu persona non grata sur la colline hollywoodienne.

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Six ans plus tard il revenait avec Fighter et Hollywood lui ouvrait à nouveau ses portes. Le succès Outre-Atlantique de Happiness Therapy (Silver Linings Playbook) devrait confirmer tout ça.

Difficile de retrouver dans ce dernier film la patte indé de ses premiers longs métrages mais David O Russell ne se perd pas pour autant dans un maniérisme de studios.

Happiness Therapy dégage ce charme certain des films qui ne déversent pas toutes leurs forces dans un comique d’appoint et répétitif. La dynamique se situe plus dans sa capacité à installer un climat, des personnages, discerner les liens qui les unissent tous et parsemer avec tact l’histoire de chacun.

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Glissant lentement vers la « rom-com » US (comédie romantique), Happiness Therapy tient toujours debout par le pas de danse que le réalisateur a su créer, un rythme propre où on ne sait jamais vraiment quelle sera la prochaine figure libre. S’en dégage de nombreux instants de fraicheurs (malgré le sujet, aucune lourdeur, ni instants dépressifs). C’est avec cette propension à maîtriser les genres que David O Russell trouve l’équilibre parfait, lui offrant même une identité propre et très mature. Le complément de sa mise en scène est évidemment son casting. Brillant et surprenant.

Tout d’abord le « retour » de Robert de Niro, d’une justesse savoureuse qui ne cabotine plus comme dans ses derniers films. Jacki Weaver à l’extrême opposé de sa composition dans Animal Kingdom est également surprenante en parfaite épouse. Si Bradley Cooper et Jennifer Lawrence (qui vient de recevoir un Golden Globe pour ce rôle), forment un duo qui peut paraître surprenant sur le papier et devient une évidence à l’écran. L’actrice fait preuve d’une étonnante maturité dans son jeu et se dessine enfin comme une talentueuse comédienne, quant à Bradley Cooper il ne surjoue jamais dans ce personnage toujours proche du gouffre. Si la réussite du casting saute aux yeux c’est autant par la composition même de celui-ci que la maîtrise de David O Russell a diriger ses comédiens. Le film transpire ce sentiment à chaque séquence.

Happiness Therapy est donc la rom-com qui revisite le genre là où tant d’autres ont échoué en copier/coller et en oubliant de se procurer une histoire, une âme. Tout ici est réunit pour un pas de danse entre cinéma divertissant et intelligent, ou comment renouveler un genre avec maturité. La comédie romantique de ce début d’année.

Happiness Therapy
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