Réalisateur
Acteurs
Pays
Genre
Drame
Durée
110
Titre Original
Brick
Notre score
5

Lycéen d’une intelligence hors norme, Brendan Frye est un garçon solitaire qui préfère se tenir à l’écart de ses camarades. Jusqu’au jour où son ex-petite amie, Emily, tente de reprendre contact avec lui, avant de disparaître. Toujours amoureux d’elle, Brendan se met en tête de la retrouver…

 

 


 

 

Avis de Manuel Yvernault :

 

Premier long-métrage de Rian Johnson, futur réalisateur d’épisodes de la série Breaking Bad, Brick renouvelle le « film noir » par une énergie débordante et une intention de réalisation propre à son époque, le film se veut maîtrisé et original.  Joseph Gordon-Levitt confirme également tout le bien qu’on pensait de lui dans son précédent film, Mysterious Skin. Sur la base d’un scénario référencé, Rian Jonhson donne un bel exemple de ce que le cinéma indépendant peut offrir de mieux et d’original.
 
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En plaçant son intrigue dans l’enceinte d’un lycée étrangement vide de présence, Jonhson installe son polar noir dans une coquille proche du teenage-movie. Proche car tout fonctionne grâce à cette étrange frontière entre le film pour adolescent et le film noir des années 50. On repense alors à  Assurance sur la mort où Billy Wilder annonçait déjà ce genre nouveau que deviendra le polar.

Johnson, avec un culot bienvenu, développe ainsi son intrigue avec tous les codes du genre. Des personnages à la mise en scène, tout est rassemblé pour porter l’ensemble vers une histoire dont le spectateur est également acteur.


 

L’enquête menée par Joseph Gordon-Levitt sème au fur et à mesure des indices précieux se jouant autant des protagonistes que du spectateur avec les règles que le genre impose. L’ensemble est souligné par une musique aussi bien propre au fil noir que moderne.

 

La mise en scène soignée, référencée, le sens du cadre et du rythme de Johnson, associés à un montage convenu, donnent au film l’ambiance que le genre impose. Le réalisateur, bien malin en implantant son histoire dans un lycée apporte ce qu’il faut de modernité et de rythme à son film. On note également un soupçon de Twin Peaks où David Lynch comprenait que pour impliquer encore plus un spectateur il est bon de l’inclure dans l’histoire, qu’il se projette facilement au travers du « héros », chose faite ici quand on découvre les indices en même temps que, Brendan, le personnage interprété par Joseph Gordon-Levitt.

 

A travers l’univers adolescent, le génie de Johnson apparaît de la plus belle des manières. Un ton spécifique, jeune et moderne est alors associé au polar donnant au film une note particulière et enivrante.

 

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Afin de soutenir et donner de l’ampleur à cette mise en scène des plus savoureuses et cinéphile, le casting devait porter d’une parfaite manière tous les personnages. Chose faite. Joseph Gordon-Levitt en parabole du flic déchu et solitaire incarne au mieux ce juvénile « détective » par un jeu en parfait équilibre entre, privé des années 50 et jeune lycéen. Brendan (Joseph G-L) est ainsi entouré de toutes les figures du genre, le trop rare Lukas Haas incarne ainsi un bad guy de la plus haute forme,  la délicieuse Nora Zehtner quant à elle est le parfait pendant de la femme fatale, essentiel au film noir et indissociable du « héros ».


 

Brick, où le lait remplace le whisky, est régulièrement parsemé de ce genre de détails définissants de manière appuyée la patte que Rian Johnson a voulu donner à son film. Hommage à un genre, le rendre accessible en le modernisant et l’inscrire dans son époque, sans réel compromis de mise en scène.

Film à ne pas mettre entre toutes les mains mais pour qui prend, un tant soit peu le plaisir des découvertes majeures d’un cinéma indépendant américain plein de culot, Rian Johnson est définitivement un réalisateur à suivre. Original dans sa forme, précis et cinéphile par son fond.


 

Le film de Rian Johnson est avant tout un très bel hommage au polar noir des années 50, relevé par une mise en scène originale et posée, flirtant avec le teenage-movie. Mené par le décidément brillant Joseph Gordon-Levitt, par son ambiance, Brick se veut unique dans le genre.

Brick
5
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