The Deep Blue Sea

Réalisateur
Acteurs
Pays
Genre
Drame et Romance
Durée
98
Titre Original
Notre score
5

Hester Collyer, épouse de Sir William Collyer, haut magistrat britannique, mène une vie privilégiée dans le Londres des années 1950. A la grande surprise de son entourage, elle quitte son mari pour Freddie Page, ancien pilote de la Royal Air Force, dont elle s’est éperdument éprise. Sir William refusant de divorcer, Hester doit choisir entre le confort de son mariage et la passion.



L’avis de Manuel Yvernault:

Drame anxiogène, à l’aura claustrophobe, The Deep Blue Sea n’arrive à aucun instant à séduire et prendre des envolées cinématographiques. La faute (majeure ?) à une photographie hors du temps, proche des téléfilms anglais des années 80, il est difficile, voire impossible, de s’immerger plus de cinq minutes dans le film de Terence Davies, réalisateur de téléfilms britanniques.

Au plus proche du « théâtre filmé », les excellentes interprétations de Rachel Weisz et Tom Hiddleston ne sauvent pas plus le film d’un ressenti angoissant. Les actes romancés et ambivalents des personnages ne trouvent alors aucun relief dans un ensemble scénographique d’une rigidité poussée. Le film semble alors figé dans des actes, puis des scènes ; un découpage formel et un fond qui renforcent encore plus cet effet de mur infranchissable.


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Si le discours semble profond et adroit, on ne peut compter sur Terence Davies pour mettre tout cela en images et donner un peu de vie à sa mise en scène. On pense alors à James Ivory qui sur une grande partie de sa filmographie a trouvé cette manière de faire et donner une résonance tout autre à ce genre de drame.

Le film se noie constamment dans des longueurs abyssales qui mettent une distance totale entre le texte, le jeu des comédiens et le spectateur. D’un pur cinéma d’auteur Davies en a oublié de donner quelques respirations, qui même avec une noirceur fidèle au genre auraient suffi à porter l’adhésion. Hélas, le rendu est tout autre puisque le film, assez laid visuellement, s’enfonce dans un maniérisme dramatique, beaucoup trop cloisonné.


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Les plus courageux pourront s’accrocher aux répliques et à la texture des échanges, la force des personnages et leur complexité restant les seuls intérêts.

Bien difficile de suivre la presse internationale qui a vu en The Deep Blue Sea un chef d’œuvre d’un classicisme fulgurant. On ne retiendra que le fait d’être passé totalement à côté n’ayant pas eu les bonnes attentes en amont.

Reste alors un drame viscéral et une romance d’une tristesse appuyée qui ne pourra cependant pas toucher l’ensemble des spectateurs devant une mise en scène plus qu’austère. Sans doute un film brillant mais à ne pas mettre entre toutes les mains.



The Deep Blue Sea
5
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