La Dame en noir

Réalisateur
Acteurs
Pays
Genre
Drame, Horreur, et Thriller
Durée
95
Titre Original
The Woman in Black
Notre score
5

Arthur Kipps, jeune notaire à Londres, est obligé de se rendre dans le petit village perdu de Crythin Gifford pour régler la succession d’une cliente récemment décédée. Dans l’impressionnant manoir de la défunte, il ne va pas tarder à découvrir d’étranges signes qui semblent renvoyer à de très sombres secrets. Face au passé enfoui des villageois, face à la mystérieuse femme en noir qui hante les lieux et s’approche chaque jour davantage, Arthur va basculer dans le plus épouvantable des cauchemars…





L’avis de Manuel Yvernault:


Première réelle percée de Daniel « Potter » Radcliffe hors franchise du même nom. Lorsque que l’on passe une dizaine d’années dans la peau d’un personnage, premier rôle pour un jeune comédien de surcroît et que cette franchise (mercantile) appartient désormais à la culture populaire du début des années 2000 il est difficile de changer son image. Daniel Radcliffe, principal argument de promotion du film, doit donc faire face à ce délicat exercice.


A la tête de cette entreprise, La Hammer, légendaire studio de cinéma britannique qui depuis 2010 décide de reprendre les rênes d’un genre qu’elle avait mis de côté dans les années 80. Avec un certain savoir faire, James Watkins rend son film plus que regardable, étrangement attachant.


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Si l’histoire reste dans les tranchées communes du genre, avec un déroulement de faits prévisibles et une psychologie simple et peu changeante des personnages, l’ensemble du film est porté par un suspense tout à fait crédible. La simplicité de cet effet est d’ailleurs l’arc principal du long métrage. Watkins manie avec un savoir faire indéniable les effets du genre : portes qui claquent, apparitions soudaines, effets sonores au diapason de cette multitude de moments, créant surprises et sursauts, s’inscrivant dans un fonctionnement identique aux films de La Hammer il y a quelques années. C’est certes basique, mais fonctionne très bien. Watkins joue de l’effet des peurs primales, dans une esthétique quasi gothique, constamment effrayante sur les scènes d’intérieurs notamment.
Une lumière contrastée du directeur de la photographie Tim Maurice-Jones vient appuyer cette esthétique à l’univers marqué et référencé.

Cet ensemble contribue à inscrire La dame en noir dans les réussites de La Hammer, avec une note de modernisme et le respect du genre que les films majeurs du studio ont popularisé.


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Concernant l’interprétation, Daniel Radcliffe, au renouveau de jeu attendu, réussit relativement bien sa transformation. Intelligence de choix du rôle, facilité de rester encore dans le genre ou presque (le fantastique) ? peu importe, son interprétation de jeune notaire résonne de manière relativement juste. Le jeune comédien prend l’accent de la maturité avec ce rôle mais reste à confirmer dans un registre différent et demandant plus de jeu et d’ambiguïté. En résumé sans être un handicap au film, Radcliffe n’en est pas un atout.

 

La dame en noir se veut donc le parfait article de ce que La Hammer tente de vendre à nouveau, après des années d’absence, un film d’épouvante, flirtant avec l’horreur, pour verser dans le drame sous couvert de thriller léger mais non original. Sacré melting-pot de genres, plutôt efficace, ne dépassant pas l’effet de l’exercice de style réussit. Ni plus ni moins. Le résultat offre donc au final un film sympathique aux nombreux effets classiques du cinéma d’horreur.


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L’avis de Yanick « Wolverine » Ruf :


Quand la Hammer ressort des films…

La célèbre firme anglaise HAMMER qui a fait ses heures de gloires dans les années 70 avec des acteurs tels Vincent Price, Peter Cushing et surtout Sir Christopher Lee, le plus connu des « Dracula », revient cette année sur les écrans avec La dame en noir. Un film angoissant interprété par un tout aussi angoissant Daniel Radcliffe. Ce dernier, trop connu pour son interprétation du sorcier Harry Potter, sort cette fois-ci des sentiers battus et nous livre le plus sombre de sa personne. Inquiétant, dépressif, limite effrayant, il est la pièce maîtresse de ce film.

 

Réalisé par James Watkins (Eden Lake), ce nouveau venu dans la famille hamerrienne va donc vous faire tressaillir et vous apeurera pendant une heure trente. Pas de gore inutile, juste des situations stressantes au plus haut point, question de bien nous faire flipper. Le résultat est étonnant, tout autant que l’interprétation de tous les acteurs, y compris les enfants qui nous effraient aussi. On se dit que finalement la Hammer risque d’avoir encore de beaux jours devant elle en nous proposant des films de cette qualité. De plus, une foule de bonus sur le BLU-Ray, ce n’est pas pour nous déplaire non plus. Un bon investissement à faire si vous aimez ce genre de film. Un must !!

Caracteristiques techniques et bonus du Blu-Ray :

Le format est comme souvent en 16/9, avec une vidéo en 1080p. Deux bandes sonores sont bien entendu au rendez-vous : la version originale sous-titrée et la version française, toutes les deux en 5.1 DTS.

Dans la peau d’Arthur Kipps : Un reportage, beaucoup trop court malheureusement (seulement 4minutes) de Daniel Radcliffe, et d’autres personnes autour de la « naissance » de son personnage et de son interprétation fabuleuse. On y apprend également que c’est son propre filleul qui tient le rôle de son fils, les liens qui les unissent étant bien réels…

Making of : près de 10 minutes pour tout savoir (ou presque) sur comment faire peur dans un film. Le réalisateur nous confie qu’il voulait « juste » terrifier le spectateur et non pas le faire bondir. On est loin des slashers, et la préparation des scènes fantastiques s’avère fastidieuse, mais le résultat étant ce qu’il est, cela valait le coup de tenter l’expérience….

Interview de Daniel Radcliffe : ce dernier explique son rôle, comment il l’interprète et pourquoi il est heureux de tourner enfin la page Harry Potter, personnage qui l’a rendu célèbre tout en le confinant malheureusement dans cette série à succès.



La Dame en noir
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