Knight of Cups

Réalisateur
Terrence Malick
Acteurs
Cate Blanchett, Christian Bale, et Natalie Portman
Pays
USA
Genre
Drame
Durée
118 min
Titre Original
Notre score
9

Il était une fois un jeune prince que son père, le souverain du royaume d’Orient, avait envoyé en Égypte afin qu’il y trouve une perle. Lorsque le prince arriva, le peuple lui offrit une coupe pour étancher sa soif. En buvant, le prince oublia qu’il était fils de roi, il oublia sa quête et il sombra dans un profond sommeil… » Le père de Rick lui lisait cette histoire lorsqu’il était enfant. Aujourd’hui, Rick vit à Santa Monica et il est devenu auteur de comédies. Il aspire à autre chose, sans savoir réellement quoi. Il se demande quel chemin prendre.

Avis de Manu

Après trois films en 25 ans, avec en point d’orgue le magnétique La ligne rouge, Terrence Malick a depuis des années subitement accéléré le nombre de ses réalisations. Plus prolifique, la structure de ses films a pris un virage considérable, amorcé depuis Le Nouveau Monde puis accentué avec The Tree of Life dont la Palme d’Or en 2011 est venue consacrer le talent de cet immense réalisateur. Premier film d’une trilogie où le metteur en scène tend à avoir un regard autant spirituel et religieux que lié aux origines de l’humanité.

Knight of cups vient dont clore cet ensemble, fait suite à A la merveille dont on retrouve dès les premiers instants la démarche poétique autour de dialogues minimalistes (voix off) et d’une empreinte picturale marquée d’une photographie d’un naturel éblouissant.

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Pour se laisser envoûter par cette nouvelle proposition malickienne il faudra cependant accepter l’invitation du réalisateur dans sa démonstration kaléidoscopique d’instants de vie, (dé)posés ça et là au détriment de toute logique narrative. Vu d’un certain point il ne restera qu’une forme artificielle de ce que le réalisateur a proposé dans ces précédents films. D’une autre manière, presque onirique,  le film prend son envol en terre figurative où seul le sensationnel semble avoir sa place. Une confidence de Terrence Malick au spectateur, une chute libre dans le ressenti des images livrées comme ça brutes qui tentent de sonder la psychologie de son personnage principal, immense Christian Bale. Forcément et objectivement, cette forme poussée à son extrême dans son dernier film ne séduira que les plus curieux ou habitués du réalisateur. Un voyage au milieu de nulle part et au centre de tout. De sa forme éblouissante, de son indéniable sens de la mise en scène Knight of cups est également le film d’une narration troublante car adaptable à toutes les interprétations. En somme, un film en forme de chef d’œuvre avec interrogations éternelles sur le sens du film.

Reste une expérience cinématographique encore sans équivalent et qui donne un peu plus de relief aux sorties d’une très faible année 2015. Loin de la prétention qu’on pourrait lui attribuer, Terrence Malick reste à ce jour une très honnête et sublime contre-proposition d’un cinéma aseptisé qui se répète sans cesse. Knight of cups ou le chemin de croix qui fait tourner en rond le spectateur dans une valse visuelle des plus éblouissantes, au point d’en mettre de côté ce fond si nébuleux, qu’il en devient, lui aussi attirant, magnétisant. Rendez-vous pris pour le prochain.

Knight of Cups
9
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