Infiltrator

Réalisateur
Brad Furman
Acteurs
Bryan Cranston, Diane Kruger, et John Leguizamo
Pays
USA
Genre
Thriller
Durée
127 min
Titre Original
The Infiltrator
Notre score
7

L’agent fédéral Bob Mazur a pour mission d’infiltrer le cartel de drogue de Pablo Escobar. Son but : faire tomber 85 barons et une banque internationale. Son plan : s’inventer un passé, une identité, une fiancée. Son risque : le moindre faux pas lui serait fatal.

Avis de Manu

Brad Furman, hormis La défense Lincoln, c’est plutôt des films sans saveur (Players, The Take), mal réalisés, à défaut d’être uniquement bancals. Difficile de projeter nos attentes sur cette adaptation/biographie du livre de Robert Mazur, personnage principal du film, interprété par le caméléon Bryan Cranston. Bien aidé par une esthétique eighties, Brad Furman semble enfin avoir personnalisé sa mise en scène. Réduisant les effets au minimum et s’appuyant sur un montage cadencé, mais non épileptique (3 monteurs habitués au genre se sont croisés sur le film), qui semble copier un classicisme qu’on ne voit que trop rarement, celui qui faisait les meilleurs polars des années 70, 80 (Lumet…). La mise en scène est donc élégante et vive sans jamais prendre les accents prétentieux de certains cache-misères.

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Mais la pierre angulaire du film est évidemment un Bryan Cranston, acteur caméléon, qui joue tout en subtilité pour appartenir à son personnage. Par un minimum d’effets, il convainc le spectateur du réalisme naturel qu’il transpose à son personnage. Ici, le rôle d’agent infiltré lui va à merveille quant à l’ambivalence du rôle. Brillant, on le savait déjà, mais il signe ici une prestation tout en retenue et porte le film sur ses épaules d’une aura naturelle et y apporte toute la crédibilité nécessaire. Bien évidemment si l’originalité de l’histoire n’est pas l’âme principale du film, ce récit d’agent infiltré, basé sur des faits réels, bien que romancé, s’habille des éléments essentiels à sa réussite; crédibilité, véracité sont au rendez-vous. Ce qu’on ne retrouve pas dans l’originalité des événements est parfaitement comblé par le versant apparemment très documenté du film.

Si Infiltrator n’est pas un immense long-métrage, c’est un thriller réussi qui prend forme devant nos yeux. Brad Furman n’est certes pas transcendant dans sa mise en scène mais une certaine honnêteté et simplicité suffisent à porter le film jusqu’au bout, traverser par la grandeur d’interprétation de Bryan Cranston, enfin reconnu à son juste talent et qui confirme après plusieurs films la teneur de son talent dans les loges du grand écran. Un vrai plaisir pour les yeux quant à la notion de jeu.

Infiltrator
7
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