Takeshis’

Réalisateur
Acteurs
Pays
Genre
Comedie et Drame
Durée
108
Titre Original
Notre score
5

Beat Takeshi mène la vie surchargée, et souvent irréelle, d’une célébrité du show biz. Son sosie, un caissier timide, est encore un acteur inconnu qui attend impatiemment son heure de gloire.
Après avoir croisé les chemins de Beat, et après plusieurs séries d’auditions frustrantes, le sosie semble tomber mystérieusement dans un état imaginaire, qui mêle des aspects de la vie réelle de Beat et sa violente personnalité à l’écran…




 

 

 

 


L’avis de Fabien

 


Takeshi Kitano, un des plus grands cinéastes japonais contemporains, avait  décidé avec ce Takeshis’, initialement nommé Fractal, d’aborder un nouveau cycle de projets cinématographiques, poursuivi avec Glory to the filmaker! et Achille et la tortue.

Après des films aussi différents que Sonatine (93), Hana-Bi (97), L’été de Kijukiro (99), Dolls (02) ou bien encore Zaitochi (03), récits linéaires poétiques, violents, burlesques inscrits dans des genres divers comme le film de yakuzas, la chronique enfantine, l’hommage au théâtre Nô et au film de sabre, Beat Takeshi opère avec ce film déroutant une entreprise de déstructuration du récit, du temps.




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A la manière des surréalistes et des cubistes le matériau d’étude est le temps, le rêve, soi-même. Déstructuration du temps, du corps, du personnage de Beat Takeshi : le personnage public star du petit écran et du cinéma donc, un deuxième Takeshi épicier rêvant de devenir acteur, en fait un personnage rêvé par Takeshi puis le réalisateur nous livrant cet objet singulier, déstabilisant par l’absence de liant entre les scènes. En effet le film avance par ruptures temporelles, de genre, au gré de saynètes burlesques, d’éclats de violence, de numéros dansés, juxtaposition étrange, irrationnelle de situations parfois très étirées en longueur.

On retrouve dans ce film-collage des acteurs fétiches du cinéaste interprétant plusieurs rôles, des figures de style et des thèmes propres à ce cinéma à la fois violent, burlesque et poétique qui vire ici vers l’expérience esthétique et la révélation d’un paysage mental travaillé par le rire, le désespoir, la peur.


Takeshi Kitano a donc délaissé la narration traditionnelle pour une forme éclatée, instable, qui ne raconte pas une histoire comme le fait Kurosawa dans Rashomon par exemple à travers la description d’un événement selon différents points de vue, mais dit la dualité de l’être, la schizophrénie accentuée par l’état de rêve.

Le cinéaste a puisé dans son univers de manière plus ou moins consciente pour livrer in fine une méditation sur soi-même, un exercice psychanalytique révélant noirceur, inquiétude et humour, politesse du désespoir, la mort courant souvent en filigrane dans son cinéma , dans cet objet singulier, un film « destructeur, pour casser un cinéma qui serait encore resté à l’ère impressionniste ».

 

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Takeshis’
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