Way of the gun : le test 4kUHD
Way of the gun : le test 4kUHD

Way of the gun : le test 4kUHD

Date de sortie
03/02/2026 4KUHD
Réalisateur
Christopher McQuarrie
Acteurs
Benicio Del Toro, James Caan, Juliette Lewis, et Ryan Phillippe
Pays
USA
Genre
Policier
Notre score
8

Parker et Longbaugh enlèvent la mère porteuse du bébé des Chidduck, un couple richissime, et s’enfuient au Mexique. Leur plan est simple : dès que l’enfant naîtra, ils le rendront contre une rançon et garderont la femme comme assurance. Mais rien ne se passe comme prévu. Parker commence à éprouver des sentiments pour Robin, la future mère, ce qui n’est pas du goût de Longbaugh. De plus, ils ont à leurs trousses les gardes du corps de Robin et le tueur à gages Joe Sarno.

Après son Oscar du meilleur scénario en 1996 pour le successfull Usual Suspects, Christopher McQuarrie décide de prendre un virage à 180 avec Way of the gun (2000), petit film noir au récit linéaire, sans twists et à la violence sèche.

Le début du film présente son duo de personnages peu sympathiques (dixit McQuarrie dans le commentaire audio du film à retrouver sur le disque 4KUHD) à terre, préfiguration de leur sort, filmé avec brio dans le dernier tiers par le futur réalisateur des derniers Missions Impossible. Loin de la figure héroïque d’Ethan Hunt dans cette dernière franchise hollywoodienne le duo de petites frappes de Way of the gun ne génère guère d’empathie, comme la plupart des autres personnages. Néanmoins le réalisateur injecte un peu d’humanité dans la peinture de ce duo par petites touches, un regard ou une ligne de dialogue.

McQuarrie, excellent scénariste, découpe son récit en trois actes, bien écrits, avec plein de rupture de rythme, d’inattendus. Ce polar atypique est fait d’accélérations puis de ralentis (en témoigne l’incroyable scène de poursuite auto avec une idée géniale soufflée par Benicio Del Toro), de pauses dialoguées (la bafouille entre Del Toro et feu James Caan dans un décor de saloon) et de furie balistique (le dernier acte dans une hacienda). McQuarrie travaille les ruptures de ton avec des plages dialoguées à la Tarantino, les persos non héroïques et les décors en hommage à ses pairs (les persos ont les noms de ceux de Butch Cassidy et le Kid, le décor final ressemble à celui de The Wild Bunch) dans chaque scène qui se veut marquante.

La mise en scène de McQuarrie s’inspire selon ses termes de Sam Peckinpah et de Sergio Leone (grosse influence western dans Way of the gun) mais on pourrait citer également Don Siegel pour sa sécheresse dans la représentation de la violence, en témoigne le règlement de compte final, remarquable morceau de cinéma par la maîtrise du cadre et du montage. Si plus tôt il utilisait le hors champ pour une scène de fusillade (procédé repris dans Mission Impossible) ou un montage saccadé pour une poursuite auto (une constante chez le réal avec un véhicule qui cale ou à l’arrêt pour mieux repartir ensuite en mode fast and furious) McQuarrie livre dans le dernier acte un modèle de gunfight brut de décoffrage, sans concessions (agonie saisie plein cadre) où il nous donne à voir des hommes tomber.

Le duo Del Toro et Ryan Philippe fonctionne très bien face à un James Caan des grands jours entouré de seconds couteaux affûtés comme Juliette Lewis et son père Geoffrey Lewis.

Ne ratez pas ce singulier Way of the gun, exercice de style très intéressant de McQuarrie pour son premier long avant de passer quelques années après le cruise control pour un Jack Reacher (2012) très inspiré puis quatre spectaculaires Mission Impossible de 2015 à 2025.

Technique

L’éditeur L’Atelier d’images dégaine un master impeccable avec une définition acérée et un HDR10 très efficace qui magnifie la belle photo de Dick Pope dont le travail sur les teintes chaudes est notable. La VO Atmos est d’un dynamisme bien supérieur à son homologue française dans les deux très réussies séquences de fusillade qui encadrent le film.

Bonus

Présentation du film par Geoffrey Crété (23’). Le rédacteur en chef d’Ecran large parle de la mise en scène de McQuarrie qui voulait « retirer le fun de la violence » avec pour sources d’inspiration le travail de John Ford, Sydney Lumet ou bien encore John Huston pour un réalisme brut. Il évoque également la mauvaise réception presse et publique de ce projet anti hollywoodien d’où émane une certaine rage avec ce duo principal qui se bat contre le système, sa temporalité décalée à base de coup d’accélérateur/coup de frein, ses dialogues en dents de scie. Il conclue en précisant que McQuarrie, désormais artisan de la franchise Mission Impossible, joue désormais le jeu hollywoodien.

Sur le plateau de tournage (8’) est composé d’instantanés du tournage, d’extraits des coulisses de Way of the gun

Interviews de Christopher McQuarrie (2’) qui déclare sur le set que « rien ne se passe comme prévu » et du casting (8’) qui souligne l’influence western notamment celle Sam Peckinpah sur le travail de leur réalisateur selon Benicio Del Toro comme son regretté partenaire de jeu James Caan qui parle d’un « western moderne ».

L’interactivité de ce disque 4KUHD comprend également un commentaire audio du réalisateur et du compositeur Joe Kramer.

Way of the gun : le test 4kUHD
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