Critique de Que ça vous serve de leçon !
Synopsis
Face à la montée de la violence scolaire et à l’effondrement de l’autorité des enseignants, le gouvernement sud-coréen crée le Bureau de protection des droits à l’éducation. Cette agence dispose du pouvoir légal d’utiliser la force pour discipliner les élèves et remettre de l’ordre dans les établissements. Na Hwa-jin, superviseur du bureau, est envoyé dans les écoles les plus problématiques pour démanteler les hiérarchies imposées par les élèves délinquants.
Avis de Zast
Que ça vous serve de leçon ! (Teach You a Lesson) est une série coréenne très étrange. Elle joue sur le harcèlement à l’école qui est un sujet triste puis elle mélange des scènes comiques et d’action quand le Bureau de protection des droits à l’éducation débarque. Ce ne sont pas toujours les élèves qui se font harceler. Bien souvent ce sont les profs eux-mêmes qui subissent les abus des élèves et des parents, ce qui change pas mal de ce qu’on a l’habitude de voir. Ce mélange de tons peut surprendre mais ça marche.

Le premier épisode par exemple commence par un suicide. Un lycéen harcelé voit son ami sauter du toit de l’école sous ses yeux, n’en pouvant plus des brimades. On est loin du comique au départ. C’est ensuite dans l’épisode que ça devient plus amusant, quand Na Hwa-jin et son équipe arrivent pour remettre de l’ordre avec des méthodes radicales. On passe du drame le plus dur au défouloir total et ce grand écart fonctionne bien.

Il y a toujours une morale et les harceleurs sont toujours punis. Chaque épisode suit à peu près le même schéma : le bureau débarque dans un établissement, il expose les abus, il punit les coupables et il rétablit l’ordre. On ne s’ennuie pas car les situations sont variées et de plus en plus folles.

Au fil des épisodes on comprend petit à petit pourquoi le bureau a été créé et pourquoi le ministre de l’éducation Choi Gang-seok (joué par Lee Sung-min, vu dans Reborn Rich) a tellement poussé pour sa création. Il y a d’ailleurs un indice glissé dès le premier épisode. C’est bien vu et ça donne envie de continuer pour comprendre le fin mot de l’histoire. L’épisode 3 va encore plus loin et explique vraiment les motivations derrière la création de ce bureau de protection des enseignants.
Cet épisode 3 traite des réseaux sociaux et du suicide d’un prof accusé d’agression sexuelle sans aucune preuve. Une élève influenceuse aux 600 000 abonnés monte de toutes pièces une fausse accusation contre son enseignant en truquant une vidéo. L’accusation devient virale, l’homme est jugé coupable sans la moindre enquête et il finit par mettre fin à ses jours. C’est glaçant et ça montre bien à quel point un mensonge peut détruire une vie en quelques clics.

L’épisode 4 s’attaque à un prof célèbre et corrompu. C’est un enseignant réputé dont les méthodes ont fait la gloire d’un grand lycée de langues. Sauf qu’un de ses élèves finit par l’agresser et on découvre peu à peu la face cachée de ce prof: L’épisode montre bien les conséquences de ses actes et il rappelle que le bureau est là pour protéger les victimes, qu’elles soient profs ou élèves.
L’épisode 5 est un peu particulier. C’est celui où l’on voit le moins nos acteurs principaux. Il se concentre surtout sur une institutrice harcelée par un parent d’élève envahissant, au point qu’elle craque complètement. Na Hwa-jin se fait passer pour son remplaçant pour démêler l’affaire. C’est un épisode plutôt long mais la fin est très touchante. On ne vous révèle pas la fin afin que vous puissiez le découvrir dans la série.

L’épisode 6 part sur des jeunes délinquants qui se croient au-dessus des lois. J’ai appris à cette occasion qu’en dessous de 14 ans ils ne risquaient quasiment rien sur le plan pénal et je dois dire que ça m’a étonné. Les gamins en jouent et n’ont aucun remords. Mais l’épisode devient ensuite très puissant dans la façon dont le bureau les punit pour leur faire comprendre la portée de leurs actes.
L’épisode 7 suit Bong Geun-dae qui s’infiltre pour aider un père à retrouver son fils accro aux jeux d’argent. En parallèle l’opposant politique Hwang Gi-tae rend visite à un jeune détenu pour essayer de faire tomber le bureau. L’épisode 8 démarre quand un étudiant en médecine s’effondre en plein cours. Na Hwa-jin enquête sur sa mère envahissante qui a accès à des médicaments illégaux, ce qui cache une affaire bien plus grande.

Les deux derniers épisodes sont excellents. Tout s’accélère, l’étau se resserre autour du bureau et l’affaire. Je n’en dis pas plus pour ne rien gâcher mais la tension monte d’un cran et c’est très prenant.
Comme souvent dans ce genre de série, les épisodes sont inégaux. Certains marquent plus que d’autres et dans d’autres on s’ennuie un peu. Mais l’ensemble reste très solide et la montée en puissance vers la fin est parfaitement gérée.
La série montre aussi tous les jeux de pouvoir, où parfois les parents ne sont pas innocents. Le fils d’un candidat à la présidentielle fait par exemple partie des harceleurs et ses parents couvrent ses agissements. On découvre que la corruption ne touche pas que les élèves mais aussi les directions, les politiques et même la mafia, comme dans le deuxième épisode. La série n’hésite pas à taper là où ça fait mal.
Je trouve que c’est une excellente série portée par un super acteur. Kim Moo-yul qui est parfait dans le rôle de Na Hwa-jin, ce superviseur impassible qui ne recule devant rien. Il dégage un charisme fou et il est crédible aussi bien dans les scènes d’action que dans les moments plus sombres.
Les trois personnages secondaires qui l’entourent sont très réussis. Jin Ki-joo joue Im Han-rim, une ancienne militaire des forces spéciales devenue inspectrice. L’actrice est excellente et vraiment amusante. On la reconnaît à peine quand elle se déguise pour ses infiltrations, c’est bluffant. P.O (Pyo Ji-hoon) incarne Bong Geun-dae, le geek de la bande, un crack diplômé de la prestigieuse université KAIST qui gère toute la partie technique et il s’infiltre dans les écoles grâce à son physique juvénile. Il est très bon lui aussi et carrément mémorable dans l’épisode final lors d’une bagarre.
Il y a le chef du bureau, le ministre de l’éducation Choi Gang-seok joué par Lee Sung-min (Reborn Rich). C’est lui qui a fondé le bureau après le meurtre de sa fille Ga-yun, une enseignante tuée par un de ses élèves. Et comme Ga-yun était aussi la fiancée de Na Hwa-jin, le ministre est en quelque sorte le beau-père de notre héros. Ça rend toute l’histoire beaucoup plus personnelle pour les deux hommes.
C’est dans l’épisode 10 qu’on comprend enfin tout sur les circonstances exactes de la mort de Ga-yun. Un flashback révèle ce qui s’est réellement passé ce jour-là. Je n’en dis pas plus mais tout se recoupe parfaitement.

J’ai adoré la série Que ça vous serve de leçon !. C ‘est une vraie réussite, à condition d’accepter son mélange de tons entre drame social et action décomplexée. Le sujet du harcèlement est traité sans détour et la dimension défouloir fait du bien.
