Journal d’une femme de chambre

Réalisateur
Benoît Jacquot
Acteurs
Léa Seydoux et Vincent Lindon
Pays
Belgique et France
Genre
Drame
Durée
95 min
Titre Original
Notre score
7

Début du XXème siècle, en province. Très courtisée pour sa beauté, Célestine est une jeune femme de chambre nouvellement arrivée de Paris au service de la famille Lanlaire. Repoussant les avances de Monsieur, Célestine doit également faire face à la très stricte Madame Lanlaire qui régit la maison d’une main de fer. Elle y fait la rencontre de Joseph, l’énigmatique jardinier de la propriété, pour lequel elle éprouve une véritable fascination.

Avis de Fabien

Troisième adaptation du classique d’Octave Mirbeau après celles des illustres cinéastes Jean Renoir et Luis Buñuel, ce Journal d’une femme de chambre signé Benoît Jacquot marque les retrouvailles du réalisateur du formidable Les adieux à la reine et de l’actrice Léa Seydoux, déjà remarquable en dame de compagnie de Marie-Antoinette dans ce film sorti en 2011.

Benoît Jacquot examine comme dans Les adieux à la reine les rapports maître(sse)/servante sauf que dans ce nouveau film point de fascination, d’envoûtement au contact du pouvoir mais du mépris larvé pour ces maîtres perfides, ignobles et profiteurs que côtoient cette jeune femme de chambre débarquée en province. Son passé parisien, entre autres expériences salariées, est dévoilé adroitement, par petites touches, dans de courts flash-back.

Ce récit paru début 20ème siècle a des résonances avec notre époque moderne, des thématiques comme l’esclavage salarié, la discrimination sexuelle, le racisme latent, illustrées de manière percutante par la mise en scène enlevée et précise de Benoît Jacquot qui utilise avec pertinence des mouvements de caméra vifs pour suivre un personnage toujours en action, des cadres bien composés avec un beau travail sur les lignes de fuite bouchées et les obliques pour traduire un quotidien anxiogène.

journalfemmechambrephoto1jpg

Dans le rôle de cette femme de chambre coquette et effrontée qui fatiguée de se faire exploiter décide de prendre son destin en main et tente de s’élever dans la société quitte à s’associer avec un marlou, Léa Seydoux brille une nouvelle fois devant la caméra de Benoît Jacquot. L’excellent Vincent Lindon, dans un rôle rugueux et antipathique, complète une belle distribution où les seconds rôles (Clotilde Mollet, Hervé Pierre, Patrick d’Assumçao, Dominique Reymond) concourent à la réussite de cette nouvelle version remarquablement mise en images par Benoît Jacquot.

Journal d’une femme de chambre
7
Plus d'articles
L’Abominable Dr Phibes : Test Blu-Ray