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Les Brasiers de la Colère

 
 
Overview
 

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Titre Original: Out the Furnace
 
Durée: 116 min
 
Date de sortie: 15/01/2014 (salles) - 15/05/2014 (vidéo)
 
Note
 
 
 
 
 


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Posted 26 mai 2014 by

 
Full Article
 
 

À Braddock, une banlieue ouvrière américaine, la seule chose dont on hérite de ses parents, c’est la misère. Comme son père, Russell Baze travaille à l’usine, mais son jeune frère Rodney a préféré s’engager dans l’armée, en espérant s’en sortir mieux. Pourtant, après quatre missions difficiles en Irak, Rodney revient brisé émotionnellement et physiquement. Lorsqu’un sale coup envoie Russell en prison, son frère cadet tente de survivre en pariant aux courses et en se vendant dans des combats de boxe. Endetté jusqu’au cou, Rodney se retrouve mêlé aux activités douteuses d’Harlan DeGroat, un caïd local sociopathe et vicieux. Peu après la libération de Russell, Rodney disparaît. Pour tenter de le sauver, Russell va devoir affronter DeGroat et sa bande. Il n’a pas peur. Il sait quoi faire. Et il va le faire, par amour pour son frère, pour sa famille, parce que c’est juste. Et tant pis si cela peut lui coûter la vie.

 

L’avis de Manu Yvernault : 

Scott Cooper, en dehors de sa carrière de comédien, s’était fait remarquer dès son premier film, Crazy Heart, où sa direction d’acteurs conjuguée au talent de Jeff Bridges avaient permis à ce dernier de remporter l’Oscar du meilleur rôle en 2010. Une première réalisation ancrée dans un cinéma qu’on pourrait catégoriser social, ne permettait cependant au jeune réalisateur qu’une incursion en demi-teinte dans le 7ème art. En effet, le film tenait sa principale qualité dans la prestation XL du comédien oscarisé de la statuette dorée.

Peu surprenant donc de le voir encore à la mise en scène d’un drame, inscrit dans une Amérique rurale, essayant de vivre avec cette ombre éternelle du 11 septembre et des dommages collatéraux subits par les soldats revenus du feu ainsi qu’une une économie chancelante.

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Et pour dépeindre au plus juste ce monde, Scott Cooper s’entoure d’un casting de premier ordre. Rares sont ceux qui volent la vedette aux autres, même si on sent clairement que la part belle est donnée aux acteurs majeurs de l’histoire, Christian Bale, Casey Affleck et Woody Harrelson en tête.

Out of the furnace ne tente pas de se cacher sous un angle dramatique timoré mais assume clairement sa notion de noirceur profonde et jusqu’au-boutiste. Cette austérité de traitement est constamment inscrite dans un univers machiste pour les détracteurs du film. Difficile de leur donner tort quand les figures picturales du métrage se contentent régulièrement de représenter les hommes en train de boire, se battre, chasser, pour les clichés de surface. Versant opposé, cela impose une force et un poids majeur au film, une empreinte marquée. Sous un ciel gris, cette austérité ne peut forcément pas séduire la majorité des spectateurs. C’est avec cette substance que le réalisateur décide de forger son film. Probablement conscient des limites de son scénario dont il est également co-auteur, il mise, cette fois encore, tout sur sa direction d’acteurs, qui en plus du talent propre de ses comédiens, s’avère imparable.

Difficile de ne pas louer les prestations de l’ensemble du casting, Christian Bale, Casey Affleck, Sam Shepard, Woody Harrelson et Willem Dafoe. Casey Affleck brillant et constant depuis ses débuts, partage le haut du panier avec Christian Bale, encore et toujours magnétique. Ce dernier apporte d’ailleurs lors d’une scène, un intéressant contre-pied au machisme ambiant du film, livrant toute la sensibilité de son personnage. Il le porte de manière subtile, axe principal du scénario, et contient toute une violence et une brutalité muettes jusqu’à un point de non retour.

Malgré le manque d’ambition du script, somme toute classique, principalement basé sur un discours assez plat, sinon déjà-vu,  de la vengeance et de la rédemption, Out of the furnace ne verse pas constamment dans une apathie dramatique. Il convient plus de voir le film comme une plongée profonde dans cette Amérique, rurale, en pleine crise économique, à la recherche d’une conscience sociale, de repères humains.

A travers cet ensemble nuancé, surgit de nombreux élans amplis d’un naturalisme fort de réalisme, dont une sublime dernière séquence, commune, mais brillante dans son impact. Moment crucial où les enjeux découverts et ressentis dés la première heure ne font qu’éclater aux yeux du spectateur.

Le réalisateur met de côté à ce moment précis, tout regard critique sur la loi du Talion, choix assumé, et se focalise sur son personnage principal, qui dans une dernière ellipse (effets de style récurrents dans le film, et montés de façon dangereuse mais intéressante) toute la « décharge » émotionnelle dont le long-métrage a besoin.

Dans un film qui n’offre aucune surprise, Scott Cooper centre tout l’intérêt sur ses personnages. Cela sera insuffisant pour attirer l’attention de la plupart des spectateurs. Mais, pour ceux qui voudraient s’approcher au plus près de la fournaise, le travail fournit par l’ensemble des comédiens, Casey Affleck et Christian Bale en tête, mérite toute notre attention. Surtout lors d’une conclusion qui dans un sublime plan, résume la radicalité de la mise en scène du réalisateur et convoque l’intelligence du spectateur. Faible de son enveloppe, fort de sa substance.

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L’avis de Fabien

Auréolé du succès critique de Crazy Heart (2009), sa première réalisation qui a valu à Jeff Bridges un Oscar du meilleur acteur, Scott Cooper n’a eu aucune difficultés à attirer des acteurs de prestige pour son nouveau film : Christian Bale, Woody Harrelson, Casey Affleck, Forest Whitacker, Willem Dafoe sans oublier Sam Shepard ont répondu présents pour des rôles de taille variables.

Les brasiers de la colère est une tragédie familiale âpre située dans une petite ville rurale frappée par la crise économique.




Cooper exploite justement à des fins dramatiques ses décors naturels, filmés à Braddock en Pennyslvanie, drive-in désolé avec ses série B miteuses, aciérie en voie d’abandon, montagnes denses des Appalaches. Le cadre industriel de l’aciérie, la partie de chasse au cerf, Cooper a dû penser à Voyage au bout de l’enfer, le lyrisme en moins. Les décors semblent étouffer les personnages de la famille Baze qui se débattent pour essayer d’avoir une vie meilleure.

Cooper dépeint en effet un cadre social très dur où la crise économique fait des ravages, où le passé douloureux est d’autant plus dur à oublier, une Amérique rurale des oubliés, des laissés pour compte qui doivent se battre tous les jours pour s’en sortir et survivre avec leurs propres moyens, leurs propres armes. Sont évoqués la mondialisation implacable (l’aciérie où travaille le personnage de Christian Bale doit fermer car l’acier est moins cher à produire en Chine), le traumatisme des soldats qui ont du mal à se réadapter à la vie civile et se sentent abandonnés (le frère survolté de Bale joué par Casey Affleck). Les personnages principaux ont en commun la violence comme exutoire : Casey Affleck joue un soldat brisé accro aux combats de boxe clandestins, Harrelson est un criminel qui s’épanouit dans le chaos, Bale se fera justicier pour palier le manque d’efficacité de la police dans la résolution de la disparition de son frère.

Le scénario sans éclats multiplie de manière un peu artificielle les coups du sort pour le personnage de Bale pris dans un maelstrom de violence et se conclut par une morale ambiguë.

Malgré une écriture perfectible, l’intensité de l’interprétation du trio masculin, Bale, Affleck et Harrelson emporte l’adhésion pour cette sombre chronique d’une fratrie malheureuse, une Americana désespérée filmée avec un beau souci de réalisme par un réalisateur à suivre.

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Test blu-ray

Technique

Tourné en argentique, Les brasiers de la colère bénéficie d’un transfert solide : un piqué précis, des contrastes ciselés avec des noirs profonds. Un léger grain cinéma a été préservé, raccord avec le souci de réalisme (décors naturels, prestations brutes du cast) recherché par son réalisateur.

La bande-son se révèle également de qualité avec des ambiances riches, une musique réussie et des dialogues clairs (privilégier la vo pour mieux apprécier le travail remarquable des acteurs).

Bonus

4 featurettes promo composent l’interactivité de cette édition hd Metropolitan.

A l’origine (3′) : dans ce module hors sujet les acteurs et actrices du film évoquent leurs sources d’inspiration pour exercer leur métier

Interview du réalisateur (7′) : le réalisateur Scott Cooper définit son film, tourné en décors naturels par souci de réalisme à Broddock en Pennyslvanie,  comme « une étude de la nature de la violence dans une société où on résout soi même ses problèmes »

Les techniques des scènes de combat (5′) : Scott Cooper voulait des scènes de combat brutes et réalistes pour les combats à mains nus mettant en scène Casey Affleck

Conversation avec le compositeur (9′) : ce module, de loin le plus intéressant, réunit le réalisateur Scott Cooper, le compositeur Dickon Hinchliffe et le superviseur de la musique Bob Bowen pour une petite conversation autour de l’écriture de la musique dont le point de départ a été le morceau Release d’Eddie Vedder. Pour Hinchliffe « la musique devait se fondre de manière subtile et profonde avec ce personnage (celui interprété par Christian Bale), l’accompagner intimement ».

 


Yanick Ruf

 


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