Critique de Golem, le tueur de Londres

Critique de Golem, le tueur de Londres

10/12/2025 Par Yanick Ruf

Fiche technique

Titre original : The Limehouse Golem

Réalisateur : Juan Carlos Medina

Acteurs : Bill Nighy, Olivia Cooke, Douglas Booth, Daniel Mays, Sam Reid, MarĂ­a Valverde, Eddie Marsan, Henry Goodman, Morgan Watkins, Adam Brown

Date de sortie : 18 octobre 2016

Durée : 1h48

Genre : Horreur, MystĂšre, Thriller

Pays : Royaume-Uni

Synopsis

Londres, 1880. Une sĂ©rie de meurtres secoue le quartier malfamĂ© de Limehouse. Selon la rumeur, ces crimes ne peuvent avoir Ă©tĂ© perpĂ©trĂ©s que par le Golem, une crĂ©ature des lĂ©gendes hĂ©braĂŻques d’Europe centrale. Scotland Yard envoie Kildare, l’un de ses meilleurs dĂ©tectives, pour tenter de rĂ©soudre l’affaire.

Avis de Yanick RUF

Golem, le tueur de Londres s’inscrit clairement dans la lignĂ©e des rĂ©cits victoriens Ă  la Jack l’Éventreur, mais dĂ©joue rapidement l’attente d’un simple Jeckyll & Hyde bis oĂč un bourgeois se transformerait en monstre sanguinaire. Le film choisit de mettre l’horreur graphique au second plan pour se concentrer sur une vĂ©ritable enquĂȘte policiĂšre, structurĂ©e, rigoureuse et Ă©tonnamment lisible. Ce changement de focale fait toute sa singularitĂ© : plus que la peur, c’est le doute qui devient le moteur du rĂ©cit.

Critique de Golem, le tueur de Londres

La grande rĂ©ussite du film tient dans sa mĂ©canique de suspicion. Chaque suspect est tour Ă  tour mis en scĂšne comme l’auteur des crimes, montrĂ© en train de commettre un des meurtres du Golem. Ces reconstitutions successives ne sont pas de simples variations visuelles : elles invitent le spectateur Ă  mener sa propre enquĂȘte, Ă  confronter les versions, Ă  observer les dĂ©tails. LĂ  oĂč, aprĂšs le premier meurtre, on pourrait croire que tout suspense est dĂ©jĂ  Ă©ventĂ©, le scĂ©nario s’amuse au contraire Ă  resserrer l’étau, Ă  faire apparaĂźtre peu Ă  peu les liens, jusqu’à relier toutes les piĂšces du puzzle.

Critique de Golem, le tueur de Londres

Cette progression maĂźtrisĂ©e conduit Ă  un final vĂ©ritablement renversant. La rĂ©vĂ©lation n’est pas qu’un simple twist de derniĂšre minute, mais l’aboutissement logique de tout ce qui a Ă©tĂ© semĂ© auparavant. L’intrigue ne se dĂ©noue que dans les toutes derniĂšres minutes, ce qui maintient la tension jusqu’au bout et donne envie de revoir le film Ă  l’aune de ce que l’on sait finalement des personnages. Le spectateur se rend compte qu’il a Ă©tĂ© guidĂ©, mais jamais pris de haut.

Critique de Golem, le tueur de Londres

Autre atout majeur : la reconstitution du monde du spectacle Ă  l’époque victorienne. L’univers des music-halls, des coulisses enfumĂ©es, des numĂ©ros de scĂšne et des premiers transformistes est superbement mis en valeur. Ce cadre scĂ©nique n’est pas qu’un dĂ©cor : il nourrit le thĂšme du masque, du rĂŽle, de l’identitĂ© multiple, au cƓur mĂȘme de l’enquĂȘte. Les crimes sanglants, trĂšs graphiques, s’inscrivent dans un environnement théùtral oĂč tout est affaire de reprĂ©sentation, de mise en scĂšne et de faux-semblants.

Critique de Golem, le tueur de Londres

Techniquement, le film impressionne par la qualitĂ© de sa mise en scĂšne. Le jeu des acteurs est excellent : chaque interprĂšte parvient Ă  rendre son personnage suffisamment ambigu pour rester crĂ©dible comme suspect, tout en conservant une profondeur humaine. La photographie, les cadrages et les mouvements de camĂ©ra servent l’atmosphĂšre gothique sans tomber dans le clip esthĂ©tisant. Quant au scĂ©nario, il se rĂ©vĂšle « en bĂ©ton » : solide, cohĂ©rent, sans temps mort inutile, capable de concilier enquĂȘte policiĂšre, chronique victorienne et frissons horrifiques. Au final, Golem offre un moment de cinĂ©ma dense et captivant, oĂč l’on reste accrochĂ© autant par l’ambiance que par l’envie de connaĂźtre la vĂ©ritĂ©.

Bande annonce du film Golem, le tueur de Londres

Critique de Golem, le tueur de Londres
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