Cyberpunk 2077 : nos impressions !

Après avoir hissé The Witcher au rang de culte en l’espace de trois jeux, le studio CD Projekt est de retour. Exit l’ambiance d’heroic fantasy, c’est désormais dans un futur pas si lointain que nous embarque le studio avec Cyberpunk 2077. Alors, changement d’univers, même réussite ?

Sorti un peu de nulle part il y a seulement 13 ans (si l’on excepte la filiale d’édition de logiciels et jeux vidéo), le studio CD Projekt s’est rapidement taillé une réputation très positive auprès des joueurs, rapidement conquis non seulement par les qualités du premier jeu The Witcher, mais également par la volonté du studio de créer une vraie relation de confiance avec eux, allant de l’écoute de leurs feedbacks et suggestions, jusqu’à l’absence de DRM dans leurs jeux (ces contraintes anti-piratage imposant par exemple une connexion internet constante ou des logiciels intrusifs). Cette image ayant su perdurer pendant toute la trilogie The Witcher, inutile de préciser que les attentes concernant leur nouveau bébé, Cyberpunk 2077, étaient doublement grandes.

Adapté du jeu de rôle Cyberpunk créé en 1988, Cyberpunk 2077 se situe une cinquantaine d’année après les événements de ce dernier, dans un univers où la technologie permet entre autres aux humains de se greffer des technologies cybernétiques et informatiques, avec les possibilités que cela implique en termes de piratage, ou simplement de contrôle par les multinationales. Un résumé certes très bref, mais avant tout destiné à vous préserver la surprise.

Car oui, l’univers de Cyberpunk 2077 est assurément sa plus grande réussite. Si, passé la création de votre avatar (aux innombrables personnalisations, jusqu’à la taille du sexe !), vos premiers instants dans le jeu se feront dans le désert, c’est pour mieux vous permettre de vous familiariser avec les commandes de base, certains acolytes hauts en couleur et surtout pour mieux préparer votre arrivée à la tentaculaire Night City. Personnage à part entière, Night City ne sera pas sans évoquer d’innombrables influences à chaque coin de rue, de la plus sérieuse à la plus décalée, de la plus noire à la plus lumineuse, dégageant la sensation d’un mélange fou, mais fichtrement cohérent de Blade Runner, Le Cinquième Element, Alita Battle Angel ou encore Demolition Man. Au-delà de son aspect esthétique, c’est surtout la vie qui y grouille qui retiendra assurément votre attention. A contrario de bon nombre de jeux lorgnant sur The Truman Show avec leurs PNJ bien ordonnés et réagissant uniquement à vos actions, Cyberpunk 2077 vous rappelle constamment que le monde ne tourne pas autour de vous, si bien que vous pourrez régulièrement vous déplacer et devenir le simple spectateur d’une scène entre PNJ lambdas, depuis une discussion enflammée jusqu’à une arrestation musclée.

Et il ne s’agit là que de la partie « passive » puisque sitôt l’intrigue principale lancée, le prologue terminé et le personnage de Johnny Silverhand arrivé au détour d’un twist mémorable, le soin apporté au moindre détail saute encore plus aux yeux, avec une mise en scène et un rapport aux autres personnages (tant dans les dialogues que les interactions) qui forcent le respect, renvoyant aux meilleures expérimentations des Far Cry. Et on ne parle pas de l’intégration de Johnny Silverhand (campé par l’impeccable Keanu Reeves), modèle d’efficacité tant visuelle que narrative, dont chaque apparition, chaque punchline se révèle tant pertinente que percutante. Du grand art ! A cette réussite s’ajoutent une réelle maturité du traitement global ainsi que les inévitables dialogues à choix multiples façon The Witcher, dont les conséquences pourront varier selon les cas. On appréciera d’ailleurs le souci du détail, avec par exemple des dialogues facultatifs permettant d’étoffer avec soin les personnages, ou encore des contacts qui ne manqueront pas de vous faire profiter de représailles si il vous arrive de les contacter pour faire affaire, puis de leur poser un lapin.

Bref, vous l’aurez compris, côté narration et mise en scène, Cyberpunk 2077 en jette ! Fort heureusement, le talent de CD Projekt ne se limite pas à ces domaines, si bien que comme on pouvait s’y attendre, leur nouveau titre envoie du lourd visuellement. Des personnages à la modélisation exemplaire (mention à Johnny Silverhand et Jackie Welles) et dotés d’expressions et animations bluffantes de réalisme, jusqu’aux décors bourrés de détails et à l’architecture loin de se céder à la facilité, sans compter des effets de lumière et de particules dans la même veine qui viendront sublimer vos pérégrinations tant réelles que virtuelles… Absolument rien n’a été laissé au hasard, et Cyberpunk 2077 devait faire date en termes techniques, pour peu que vous évoluiez sur un PC avec une configuration décente. Ainsi, si il faudra une carte graphique dernière génération et haut de gamme pour profiter du fameux Ray-Tracing à fond, Cyberpunk 2077 reste toutefois une pépite pour les yeux sans ce paramètre, les réglages Ultra pouvant largement lui tenir la dragée haute si votre bécane le permet. Par contre, difficile de conseiller les versions consoles PS4 et Xbox à l’heure où nous rédigeons ces lignes tant ces portages font figure de cas d’école qui feraient presque passer le portage PS3/360 de l’Ombre du Mordor pour un modèle de vertu (si vous êtes passés à côté de l’actualité pourtant foisonnante sur le sujet, disons qu’en leur état actuel, ces versions consoles sont quasiment injouables sur PS4/Xbox FAT, et tout juste passables sur les modèles plus récents).

Côté jouabilité, Cyberpunk 2077 paye peut-être un peu sa richesse de gameplay, si bien qu’il sera fréquent de se perdre dans les différents menus. Mais cela ne sera qu’une question d’habitude, une large part du gameplay passant de toutes façons par la dimension RPG, que ce soit par le biais de l’inventaire et la multitude d’objets/armes à ramasser dans le jeu, sans oublier l’inévitable arbre de compétences qui se voit enrichi des évolutions cybernétiques que vous pourrez greffer à votre avatar. En somme, vous l’aurez deviné, la richesse de l’univers de Cyberpunk 2077 est si foisonnante qu’elle s’étend jusque dans son gameplay.

Un petit mot sur l’aspect sonore, lui aussi de haute volée avec des musiques éclectiques où l’appréciera que malgré une dominante électronique d’excellente facture, les autres sonorités n’aient pas été oubliées, notamment par le biais des choix de radios dans les véhicules. Si les bruitages ne sont pas en reste, venant parfaire avec brio l’univers visuel, c’est surtout le doublage français qui impressionne. Si l’ensemble des personnages, y compris votre avatar, bénéficie d’une voix française de premier choix où les habitués reconnaîtront quelques timbres familiers (dont les VF de Sam Drake d’Uncharted 4 et de Benedict Cumberbatch), c’est sans conteste Jean-Pierre Michael qui se taille la part du lion, sublimant la performance de Keanu Reeves (dont il est la VF officielle ) avec une roublardise de tous les instants qui ne sera pas sans rappeler le travail déjà accompli par le comédien sur le doublage de Billy Butcher, autre personnage totalement barré dans la série The Boys.

Si on laisse de côté la polémique des versions consoles pour se concentrer sur la version PC, Cyberpunk 2077 est assurément une sacrée réussite. Visuellement impressionnant et techniquement très solide malgré quelques bugs de jeunesse, c’est surtout son univers narratif qui impressionne. Entre maturité frontale, violence omniprésente et humour débridé, l’univers de Cyberpunk 2077 se révèle dans la droite lignée des fleurons du genre, l’ensemble étant sublimé par un traitement des personnages tellement soigné qu’au-delà de la révélation Johnny Silverhand qui bouffe littéralement l’écran, le moindre troisième rôle, à l’image de l’ensemble du jeu, laissera son empreinte dans votre esprit.

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