Battlefield Hardline: premières impressions

Alors que huit mois après sa sortie, Battlefield 4 peine encore à convaincre la populace (tant au niveau de ses bugs que de son côté « Battlefield 3.5 »), voilà que Electronic Arts persiste et signe en nous annonçant un nouvel opus. Se déroulant cette fois en milieu urbain et opposant flics et braqueurs, Battlefield Hardline semble, sur le papier, témoigner d’une volonté de rompre avec les sempiternels conflits militaires. Et alors que le jeu est toujours prévu pour cette fin d’année, nous avons pu nous faire une première idée du soft grâce à la récente bêta portant sur le mode multijoueurs. L’occasion de partager nos impressions dans un petit aperçu.

La première chose qui frappe dans Battlefield Hardline, c’est justement qu’on ne dirait pas vraiment un Battlefield, mais plutôt un mix de la licence et de Payday 2. Dans la peau des flics ou des voyous (32 joueurs maximum au total), le but du multijoueurs est ainsi de récupérer un butin (pour l’empocher ou le mettre à l’abri, selon le camp) tout en résistant aux assauts adverses. Un objectif simple, mais avec ses variantes en fonction du mode de jeu, parmi les deux que comptait cette bêta.

Dans le premier mode, baptisé Heist (traduisible par « braquage »), les équipes doivent mettre la main sur des sacs d’argent gardés dans des camions blindés et les emmener en lieu sûr. Outre les camions blindés qu’il faudra d’abord ouvrir ou sécuriser, le nombre de sacs est très limité, donnant à ce mode des allures de « Capture du Drapeau » assez sympathiques. On regrettera juste l’aspect bordélique inhérent à ce genre de mode, les sacs d’argent pouvant vite devenir de vrais aimants à balles.

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Dans le deuxième mode, Blood money, le principe est de ramener un total de cinq millions en billets verts dans son camp. Pour cela, deux possibilités : le stock d’argent infini, situé à mi-chemin des deux camps, et le camp adverse. Car oui, la joyeuseté de ce mode tient dans la possibilité de braquer le camp adverse. Cette deuxième option est généralement la plus risquée (d’autant qu’un indicateur signale aux adversaires que leur camp est en cours de braquage), mais également la plus stratégique. En effet, chaque joueur pouvant porter un maximum de 500 000$, autant dire que les cinq millions peuvent être vite atteints si le plan se déroule sans accroc. Dès lors, il convient de surveiller le score des deux équipes (visible en permanence) afin de gérer au mieux sa stratégie à l’instant T, et décider quel stock d’argent est le plus indiqué. Ironiquement, c’est peut-être ce mode qui nous a semblé faire la meilleure part à la stratégie si chère aux fans de Battlefield. En effet, compte tenu des multiples approches possibles, il conviendra de savoir alterner entre vol d’argent et défense de son camp, sous peine de se voir souffler son butin en quelques secondes alors que votre équipe a le dos tourné. A noter d’ailleurs que tout vol d’argent demandera de remplir une jauge lorsque vous faites face au stock d’argent, la nuance résidant dans le nombre d’équipiers braquant simultanément le même stock : plus vous êtes nombreux, plus la jauge se remplit vite. Autant dire qu’une simple escouade de cinq joueurs devient facilement capable d’empocher 2,5 millions en quelques secondes, et donc de changer le cours de la partie en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire.

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Hormis les joyeusetés liées à chaque mode, l’univers de Battlefield Hardline semble vouloir tirer le meilleur profit du décor urbain. En tout cas, c’est le cas dans l’unique map de cette bêta, High Tension, un centre-ville faisant la part belle aux buildings. Ainsi, malgré la petitesse de la map (comptez deux minutes pour en parcourir la longueur en sprintant), l’accent a été mis sur les possibilités des différents bâtiments, notamment les buildings. Bon nombre d’entre eux sont ainsi accessibles, multipliant les tactiques d’approche (escalier ou ascenseur, étage ou toit…). On obtient  ainsi une excellente verticalité, permettant de laisser libre cours à l’imagination et à certaines joyeusetés qui ne seront pas sans évoquer le brin de folie d’un GTA (ah, le plaisir de faire un braquage sous un déluge de balles avant de s’enfuir par un ascenseur, puis se jeter par la fenêtre d’un étage et rejoindre son camp en parachute… Juste grisant !). En prime, Battlefield oblige, de nombreux véhicules sont disponibles : hélicoptères, voitures blindées, véhicules civils, motos…. On regrettera juste une conduite un peu trop approximative qui nous renvoie quelques années en arrière en termes de sensations, et surtout l’impossibilité de piloter la plupart des véhicules du décor, alors que certains autres sont disponibles… Etrange et régulièrement agaçant, en particulier lorsque vous avez récupéré de l’argent dans le camp adverse et que vous devez vous taper toute la map à pied.

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Au rayon des armes et des classes de personnages, on reste en terrain connu avec quatre classes spécifiques qu’on pourrait résumer comme tel : soigneur, sniper, artilleur et mitrailleur. Bien sûr, chacun a ses propres avantages, à vous d’en tirer parti en fonction des situations. On appréciera notamment la possibilité de se soigner soi-même lorsqu’on est mis à terre, donnant alors tout son sens à une des règles d’or du film Zombieland : la double dose ! Côté armes par contre, il faut avouer que c’est un peu léger avec seulement 3 armes principales par classe, contrebalancées par un large éventail de gadgets (mention à la tyrolienne et à la possibilité de cumuler bazooka et missile anti-aérien, nous transformant en arme de destruction massive). On espère néanmoins que leur nombre sera augmenté dans la version finale.

Niveau graphique, on reste là aussi en terrain connu avec les mêmes qualités et défauts que Battlefield 4, même moteur oblige. On appréciera néanmoins les petites finesses esthétiques telles que la possibilité de faire voler en éclats un pare-brise pour tirer à travers, ou encore de briser bon nombre de barrières et de pans de murs (très pratique pour s’enfuir en véhicule sous le feu ennemi). Fer de lance de Battlefield 4, le Levolution se fait assez discret sur cette map de test, la seule joyeuseté résidant dans l’effondrement spectaculaire d’une grue contre un immeuble voisin, offrant ainsi une nouvelle issue pour rejoindre le camp des braqueurs.

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Si on était un brin dubitatif à l’annonce de ce Battlefield Hardline, on y plaçait également quelques espoirs, la licence n’étant jamais aussi jouissive que lorsqu’elle sort de ses propres clous (cf. Bad Company 2). Après cette bêta, il faut bien avouer que ces espoirs nous semblent bien placés, Battlefield Hardline ayant le potentiel pour être une vraie bouffée d’air frais dans la licence, tout en nous offrant des joyeusetés qu’on aurait bien voulu voir plus tôt chez l’excellent Payday. En l’état, si il est difficile de juger le titre final sur une seule map et deux modes de jeu, il est indéniable que cette bêta laisse augurer de sympathiques séances de jeu à venir. Néanmoins, les défauts et soucis de Battlefield 4 étant encore dans les mémoires, on espère juste que la version finale de Hardline sera peaufinée et enrichie à tous les niveaux, en multi (armes, maps, modes de jeux…) comme en solo (campagne digne de ce nom) et sans recours abusifs aux DLC payants, sans quoi la pilule risque vraiment d’avoir du mal à passer auprès des joueurs.

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