Test Jeu: Battlefield 4

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8

Alors que chaque année amène son lot de Call of Duty, renforçant leur plan de domination du monde, les Battlefield résistent encore et toujours à l’envahisseur. Pouvant compter sur un grand nombre d’adeptes, la licence d’EA continue ainsi son chemin, nous gratifiant désormais d’un nouvel opus. Alors, Battlefield 4, simulation guerrière multijoueurs ultime ?

Si il y a bien une chose qu’il faut reconnaitre à la saga Battlefield, c’est de prendre un minimum son temps, et de laisser à chacun de ses opus l’occasion de trouver son public sur la durée. En effet, contrairement aux sorties annuelles de Call of Duty, Battlefield a toujours laissé plusieurs années s’écouler entre les opus de sa saga principale (BF 1942, BF2, BF3, BF4). Une attente qui permettait au développeur DICE de s’essayer à divers spin-offs (notamment les déjantés et très réussis Bad Company). Etonnamment, alors qu’il aura fallu attendre 6 ans entre BF2 et BF3, il aura suffi de 2 ans entre BF3 et BF4. Ce dernier ne serait-il alors qu’une simple mise à jour de son ainé ? C’est ce que nous allons voir…

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Commençons par la campagne solo, désormais aussi obligatoire dans un jeu multi que le multi dans un jeu solo. Allez comprendre… Bref, alors que cette campagne solo de BF4 s’annonçait sous les meilleurs auspices (remember les 15 premières minutes présentées sur la toile), force est d’avouer que la recette reste inchangée par rapport à BF3. Entre scénario-prétexte et personnages peu attachants (rendez-nous Sweetwater et la Bad Company, svp !), on progresse de décors en décors et de scripts en scripts, le tout sous les tirs d’ennemis à l’IA un peu à la ramasse (avec une tendance à se focaliser sur vous alors qu’un de vos équipiers est sous son nez). Mais Battlefield a toujours eu un faible pour le spectaculaire et de ce côté, il faut bien avouer qu’on est plutôt joliment servi, d’autant que le moteur Frosbite 3 permet désormais des destructions assez impressionnantes. Ca ne fera pas de ce solo un incontournable, mais ça aide à faire passer la demi-douzaine d’heures de jeu qu’il faudra pour achever ce qui reste une entrée, le plat de résistance étant évidemment le multi.

De ce côté, il faut avouer que les gars de DICE restent fidèle à eux-mêmes. Une dizaine de maps (hors DLC), véhicules à foison (terrestres, maritimes, aériens), armes et customisations par dizaines, choix entre 4 classes aux compétences diverses, variété des modes jusqu’à 64 joueurs (Conquête, Ruée, Deathmatch…). On ne change pas une équipe qui gagne, en somme. Enfin, un petit peu quand même…

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En effet, outre les possibilités de destruction du moteur Frostbite 3 dont on a déjà parlé (qui mettront à mal la plupart de vos couvertures dans le jeu), on se doit de mentionner le principe de Levolution. Kézako ? Simplement un système permettant de modifier la map en temps réel, que ce soit par des paramètres déjà programmés (arrivée d’un typhon sur un archipel) ou par les actions des joueurs (destruction d’un barrage pour inonder la zone, destruction d’un immeuble…). Chaque map possède son lot de Levolution, même si certains effets seront plus spectaculaires que d’autres. On regrettera le côté gadget de la chose, mais il est indéniable que l’immersion et la mise en scène s’en trouvent rehaussés, évoquant par moments les plus gros films hollywoodiens (on pensera à Transformers 3 pour l’effondrement de l’immeuble).

En outre, on saluera le retour du mode Commandant qui permet à un joueur de suivre les opérations depuis une mini-map et d’apporter un soutien à distance en cas de besoin. Bref, du tout bon, qu’on soit fan de longue date ou non. On regrettera juste une légère lourdeur dans le gameplay, mais c’est la marque de fabrique assez « simulation » de la licence (même si certains continueront de préférer le côté arcade de Bad Company 2). Et cela n’entache en rien le plaisir qu’on aura à élaborer des stratégies entre potes sur le champ de bataille ou à piloter son avion façon Top Gun avant de se jeter en parachute au milieu des hostilités. Primaire, mais toujours aussi bon !

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Alors, Battlefield 4, nouvelle référence multijoueurs ? Il faut bien avouer que cet opus ne manque pas d’atouts pour séduire, le plaisir des Battlefield étant toujours intact et renforcé par des ajouts appréciables, même si certains feront un peu gadgets (le Levolution notamment). On regrettera néanmoins un côté un peu « mise à jour » (l’ombre de Battlefield 3 étant assez proche) et surtout un solo assez générique, mais celui-ci n’étant clairement pas le cœur du soft, c’est bien peu de choses. En somme, si vous préférez le jeu tactique en équipe et les FPS à grande échelle plutôt que l’ambiance plus cloisonnée et arcade des Call of Duty, Battlefield est toujours le maître en ce royaume.

 

Disponible sur PC, PS3, 360, PS4, Xbox One

Test réalisé sur PC. A noter qu’à ce jour, pour des raisons techniques liées à notre machine de test, nous n’avons pas pu apprécier l’ensemble des qualités graphiques du soft à leur juste valeur (qu’il s’agisse des réglages Low ou High). Cet aspect du test sera mis à jour ultérieurement dans la mesure du possible. Mais au vu de la plupart des retours ici et là, si votre configuration est optimale, ça en jette !

MAJ: suite à une récente (et imposante – près d’1 go) mise à jour du jeu, nous avons enfin pu apprécier les graphismes du jeu. On appréciera donc que même sur une machine de milieu de gamme, le jeu soit visuellement à la hauteur de ses prédécesseurs et devrait régulièrement vous décrocher la rétine, que ce soit par ses décors, ses effets de lumières ou ses effets tout court (ah, le plaisir d’un hélico qui s’écrase à vos pieds dans une explosion façon Michael Bay. Juste grisant !). Certes, quels bugs et ralentissements subsistent, mais devant le plaisir procuré, c’est bien peu de choses.

CHINA RISING: 1er DLC de ce 4e opus, China Rising nous conduit, comme son nom l’indique, dans des environnements de la Chine continentale. Toutefois, force est d’avouer que sur les quatre maps, la qualité de jeu est assez mitigée. Parmi les bons élèves, Pics de Guilin est sans doute le plus équilibré entre les différentes classes du jeu (Sniper, Assaut,…). Entre rizières, grottes et hauteurs vertigineuses, cet environnement devrait plaire au plus grand nombre. Dans un autre registre, Col du Dragon se révèle un terrain moins accidenté et beaucoup plus plat, mais plutôt plaisant à arpenter sur fond de soleil couchant. Entre maisonnettes et cultures, il ne sera d’ailleurs pas sans évoquer certains recoins de l’extension Vietnam de Bad Company 2. Quant à Chaine de l’Altai, il se révèle un vrai paradis pour sniper, mais on appréciera le dénivelé de son environnement et ses multiples bases. Passé ces maps plutôt sympathiques, il convient de s’attarder sur Route de la Soie et la déception qu’elle représente. Sur fond d’étendue désertique, cette map se révèle assez déstabilisante, n’offrant que peu de dénivelé et pouvant facilement devenir un vrai champ de snipers. Certes, quelques bases et de nombreux véhicules (dont la motocross) permettent de s’en cacher, mais tout de même, on ressort de cette carte avec une curieuse sensation de paresse des développeurs. Un sentiment qui pourrait d’ailleurs s’appliquer à l’ensemble du DLC qui, malgré les qualités de certaines maps, peine à atteindre le niveau d’un « indispensable ». Les joueurs premium apprécieront évidemment d’avoir un peu plus de diversité dans le choix du terrain de leurs affrontements, les autres préfèreront, à juste titre, attendre un DLC plus consistant avant de passer à la caisse. Le prochain étant censé contenir des maps de Battlefield 3 (dont certaines étant des remakes de maps de Battlefield 2), on croise les doigts pour que le tir soit rectifié.

SECOND ASSAULT : Pack de maps issues de Battlefield 3, ce DLC ne mettra pas tout le monde d’accord, c’est certain. Entre les joueurs ravis de retrouver certaines maps mises à jour, et les autres criant à l’opportunisme et à la paresse, on ne risque pas de s’ennuyer dans les chaumières. Mais passons aux maps en elles-mêmes. On retrouve tout d’abord Opération Métro, toujours aussi dispensable tant elle se résume à un long couloir dénué de véritable aspect tactique. Ca bourrine et point barre, on aime ou on aime pas. Plus sympathique, Firestorm nous permet de retrouver les étendues pétrolifères et désertiques du Moyen-Orient. Si les choix colorimétriques laisseront dubitatifs (d’un environnement ensoleillé, on passe à un gris parisien: mouais…), l’ensemble se révèle toujours aussi varié et sympathique à jouer. Un peu comme Golfe d’Oman (map de BF2 remise au goût du jour dans un DLC de BF3 – une vraie survivante, quoi). Votre serviteur ayant fait l’impasse sur sa version BF3, c’est le souvenir de BF2 qui revient en tête en arpentant cette map. Un souvenir plaisant, mais certains changements se révèlent d’un goût douteux dans cette version, que ce soit en termes esthétiques (ce chantier fait de cubes gris, mouais…) ou de level design pur (quelques étendues plates et désertes qui ne sont pas sans rappeler les défauts de Route de la Soie, dans China Rising). Heureusement, cette map bénéficie du Levolution le plus intéressant, à savoir une tempête de sable façon Mission Impossible 4 qui brouillera fortement votre champ de vision. Déstabilisant d’abord, ce changement permet de vraiment modifier l’approche pour capturer les points adverses. Ce DLC se conclut sur Caspian Border et son environnement forestier joliment rendu et apte à accueillir des tactiques variées. En bref, et malgré le plaisir de retrouver des maps bien connues, Second Assaut sent fortement la paresse et la volonté d’encaisser rapidement des sous. Décevant vis-à-vis des joueurs, en particulier pour ceux qui ont cédé à l’achat du Premium.

NAVAL STRIKE : Pack dédié aux assauts maritimes, ce DLC comprend 4 maps s’articulant autour de la conquête de plusieurs iles. Un choix dangereux car susceptible de créer un sentiment de redite d’une map à l’autre, mais on saluera au moins la volonté de s’articuler autour non pas d’un lieu (façon China Rising), mais d’une tactique. En effet, les assauts maritimes ne se gérant pas comme les assauts terrestres, il faudra prendre garde. Aux snipers tout d’abord (aptes à vous shooter d’un ilot à l’autre), et aux mitrailleuses des bateaux ensuite (nombreux étant les joueurs à arpenter la carte sans quitter leur esquif, pour le plaisir de déloger l’envahisseur). Ceci étant, voyons les maps, à commencer par Wave Breaker. S’articulant autour de plusieurs iles, dont une renfermant une base souterraine, elle se révèle plutôt sympathique, notamment dans le design de cette fameuse base qui permet des assauts variés et ne se résume pas à un bête enchainement de couloirs. De son côté, le décor paradisiaque de Lost Islands ne sera pas sans évoquer le cadre idyllique de Far Cry 3, sans oublier un clin d’oeil à la série Lost (l’avion écrasé au centre). Ici, point de souterrains (ou presque), mais une multitudes de petites iles offrant bon nombre de végétation et de récifs pour se dissimuler des bateaux et des snipers. Puis vient Nansha Strike, qui ne sera pas sans évoquer la map Paracel Storm par le recyclage de certains assets de level design, notamment les tranchées. Ceci dit, son mélange entre étendues sauvages et zones d’habitations fonctionne plutôt bien. Enfin, Operation Mortar se distingue par la présence d’un vieux fort dont il sera possible d’utiliser les canons d’époque. Au final, et malgré la sensation de répétition d’une map à l’autre (ça reste un pack dédié à la mer), Naval Strike se révèle plutôt original et sympathique, notamment par la présence des hovercrafts très funs et maniables. Pas de quoi justifier un investissement de 15e pour 4 cartes, mais au moins de quoi justifier l’achat d’un Premium à ceux y ayant déjà cédé et qui, jusqu’ici, avaient raison de se sentir floué.

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