Uncharted 4 : A Thief’s End (PS4) – le test !

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Notre score
10

He’s back ! Après maints reports qui auront mis les fans à rude épreuve, Uncharted 4 : A Thief’s End sort enfin dans nos contrées. Attendu autant que redouté par les joueurs, le nouveau bébé du studio Naughty Dog est-il à la hauteur des trois précédents opus de la saga devenue culte ?

Synopsis: Trois ans après les événements d’Uncharted 3, Nathan Drake a quitté le monde de la chasse au trésor. Cependant, le destin en décide autrement en la personne du frère de Drake, Sam, qui ressurgit pour lui demander de l’aide et propose à Drake une aventure qu’il ne peut refuser : la recherche du trésor perdu du Capitaine Henry Avery. Une quête qui va mener Sam et Drake sur la piste de l’utopie pirate de Libertalia, au plus profond des forêts de Madagascar.

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A bien des égards, cet Uncharted 4 arrive de loin. A tous les niveaux. Pour mémoire, la trilogie Uncharted imaginée par Amy Hennig se concluait sur PS3 avec un Uncharted 3 qui s’attardait plus que jamais sur les motivations et les faiblesses de ses personnages phares, se terminant même sur une scène finale en forme de conclusion. Naughty Dog ayant enchainé aussitôt après sur The Last of Us, il semblait peu probable de voir un jour revenir Nathan Drake, surtout après le départ de sa principale scénariste Amy Hennig, partie chez Electronic Arts. Et pourtant, comme pour répondre aux (énormes) demandes des fans – et offrir en passant à la PS4 une nouvelle killer app – Uncharted 4 fut bel et bien lancé avec les créateurs de The Last of Us à sa barre. Un changement de têtes pensantes qui laissait augurer du meilleur après la réussite de leur précédent jeu, mais qui pouvait également laisser craindre le pire, l’ambiance d’Uncharted n’ayant rien à voir avec The Last of Us. Alors, Uncharted 4 est-il le digne chant du cygne de la saga ?

Disons-le haut et fort : oui. Cent fois oui, même ! Uncharted 4 est un p****n de bijou ! Témoignant une nouvelle fois du talent fou des équipes de Naughty Dog, le quatrième volet des aventures de Nathan Drake est un véritable grand huit vidéoludique, cinématographique et émotionnel duquel on ressort le souffle coupé, ceci grâce à de (très) nombreuses qualités.

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Des qualités avant tout narratives. En effet, la saga a toujours sur briller par sa dimension cinématographique, autant dans son scénario que ses cinématiques ou le jeu de ses acteurs. Alors qu’on pensait avoir déjà tout vu dans la trilogie Uncharted, ce quatrième opus réussit à ouvrir de nouveaux sentiers, en grande partie dus à la grande révélation de ce volet : Drake a un frère ! Si on regrettera la grosseur des ficelles utilisées pour donner une vraie famille à notre aventurier orphelin sans parasiter le travail des précédents volets, il faut bien avouer que l’arrivée de Sam Drake permet de découvrir de nouvelles facettes de Nathan. Dans la droite lignée de Uncharted 3, où le héros nous dévoilait déjà quelques failles, Uncharted 4 poursuit l’évolution de Nathan, le montrant comme plus humain que jamais, autant d’un point de vue physique que psychologique. Cette évolution se ressent également sur ses acolytes, dévoilant eux aussi de nouvelles facettes, notamment Elena Fisher qui réussit à apparaitre à la fois plus forte et plus fragile que jamais. On regrettera toutefois que Sully soit finalement assez peu présent, remplacé par Sam dans le rôle de l’acolyte principal. Fort heureusement, ce dernier bénéficie d’une écriture et d’une interprétation de haute volée, incarnant un véritable miroir déformant de Nathan. On pourrait même dire que le thème du miroir déformant est au cœur de cet opus tant gentils et méchants partagent de points communs tout en étant bien différents, apparaissant chacun comme le genre de chasseur de trésor que pourrait ou aurait pu devenir Nathan, en bon comme en mal. Toutefois, ne vous y trompez pas : si les personnages ont gagné en dimension dramatique, leur humour répond toujours autant présent, nous offrant quelques franches rigolades. On regrettera toutefois que les grands méchants de l’histoire soient aussi peu mémorables dans leur traitement, bien loin de Catherine Marlowe, Harry Flynn, Lazarevic, ou même David de The Last of Us.

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Si nous éviterons de détailler l’intrigue pour éviter les spoilers, disons que la patte Uncharted est toujours intacte, les créateurs poursuivant le travail d’Amy Hennig en plongeant nos héros dans des péripéties toujours plus spectaculaires et/ou mystérieuses qui les rapprocheront chaque fois un peu plus de leur but, ici un immense trésor pirate. Evidemment, le parcours sera également ponctué de plusieurs rencontres et destinations, même si on remarquera que celles-ci sont moins nombreuses que ce à quoi Uncharted 2 et 3 nous avaient habitué. Une nouvelle caractéristique héritée de The Last of Us qui permet de focaliser au maximum l’attention sur les personnages principaux. Car oui, c’est sans doute là la plus grande intelligence des créateurs d’Uncharted 4 : avoir compris combien leurs personnages sont le véritable trésor de la saga Uncharted.  Et pour leur rendre l’hommage que ces héros méritaient, les équipes de Naughty Dog n’ont pas lésiné sur les moyens. D’abord en termes d’écriture, mais également en termes de mise en scène. Qu’on se le dise, qu’il s’agisse de scènes de gameplay scriptées ou de cinématiques (interactives ou non), la mise en scène d’Uncharted 4 est parmi les plus belles jamais vues dans un jeu vidéo, nous offrant bon nombre de moments particulièrement mémorables, dont certains qui renvoient directement aux précédents opus ou aux œuvres des studios « copains » de Naughty Dog (on sent l’influence de The Order 1886 sur une séquence de duel assez bluffante). Et que dire du jeu des acteurs, simplement excellent que ce soit en anglais ou en français. Bref, faisons simple : Uncharted 4 est un nouveau sommet en termes de cinématographie dans un jeu vidéo.

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A dire vrai, Uncharted 4 pourrait bien être un nouveau sommet dans bien des domaines. Prenez l’aspect graphique : si The Order 1886 nous avait mis une baffe l’an dernier, Uncharted 4 réussit non seulement à se hisser au même niveau de détails et de réalisme, mais se permet en prime d’intégrer tout cela dans des environnements bien plus grands et ouverts que The Order ou les précédents Uncharted. Modélisation, textures, animations, expressions faciales, effets de lumière et de particules, salissures sur les vêtements… Que ce soit pour les personnages ou les décors, et surtout la manière de jongler entre leurs différents niveaux de détails, Naughty Dog s’illustre une nouvelle fois comme l’un des meilleurs studios du monde, poussant la Playstation 4 à nous montrer clairement ce qu’elle a dans le ventre. On serait même tenté de décerner à Uncharted 4 le prix du plus beau jeu du monde.

Il faut dire que l’aspect visuel est bien mis en valeur par un gameplay aux petits oignons. Reprenant les bases établies depuis Uncharted 1 (le mélange shooter/plates-formes/énigmes), ce quatrième opus corrige les rares éléments qui pouvaient encore l’être, mais il profite surtout des capacités de la PS4 pour nous offrir quelques ajouts assez inattendus. Le principal, et sans doute le plus grisant, c’est assurément le grappin. Pour peu qu’un point d’accroche soit dans les environs, vous pourrez désormais utiliser votre grappin afin de permettre à Nate de se hisser ou se balancer comme Tarzan, que ce soit pour atteindre une corniche ou pour retomber poing en avant sur la figure d’un adversaire. En couplant le grappin aux niveaux désormais plus ouverts, les possibilités d’approche et d’attaque en ressortent grandies. De même, à l’instar de certains Assassin’s Creed, les hautes herbes permettent désormais à Nate de se cacher aux yeux des adversaires afin de privilégier une approche furtive. Marquage des adversaires, jauge d’attention, élimination silencieuse… Tous les classiques du genre répondent présents, même si on regrettera que l’IA ennemie soit parfois un peu aux fraises, peinant à nous trouver alors que nous sommes cachés sous son nez. Heureusement, l’IA compense ce défaut par une difficulté et une mobilité accrues, si bien qu’il vous faudra rester régulièrement en mouvement sous peine de finir truffé de plomb. Parmi les autres ajouts, on citera la possibilité d’utiliser un piolet de fortune et la présence de parois poreuses pour grimper dans certaines zones (un élément hérité des derniers Tomb Raider, qui s’inspiraient eux-mêmes d’Uncharted, qui s’inspirait lui-même des premiers Tomb Raider… La boucle s’agrandit !), ou encore une capacité de plonger plus souple que dans Uncharted 3, ainsi que la possibilité de pouvoir – enfin ! – conduire des véhicules librement, dans les limites du niveau du moins. Si ce dernier ajout sera l’occasion de déplacements beaucoup plus rapides dans certaines zones et de phases de gameplay joliment mises en scène, il fait néanmoins davantage figure de bonus. Mais un bonus de luxe, s’il vous plait, avec ce que cela implique de détails en tous genres, depuis l’adhérence des roues selon le type de sol jusqu’à un treuil peu présent, mais tout de même soigné jusque dans l’animation du personnage avec le câble. C’est aussi ça la patte Naughty Dog : rien n’est laissé au hasard, jusque dans les moindres détails.

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Et des détails, il y en a énormément dans Uncharted 4. Beaucoup trop pour tous les citer ici sans vous offrir un test en forme de roman. Si le mode multijoueurs n’était pas actif à l’heure de notre test (au vu de notre test de la bêta, nul doute que celui-ci devrait vous couper de votre vie sociale quelques temps), concluons tout de même sur l’aspect sonore, incroyablement immersif depuis les voix des comédiens jusqu’aux bruitages. Tout juste regrettera-t-on un thème principal toujours aussi reconnaissable, mais dont le changement d’instruments tiquera sans doute à l’oreille des fans de la première heure, ainsi que quelques soucis de volume et de spatialisation des dialogues dans certaines phases (n’hésitez pas à activer les sous-titres). De même, les bonus à débloquer sembleront peut-être un peu chiches, se limitant à des dessins de production ainsi que des skins pour recommencer l’aventure avec un autre personnage ou avec un effet visuel particulier. Saluons toutefois les possibilités du mode photo, très vite addictif même si un peu gadget. Dommage que Naughty Dog n’ait apparemment pas intégré les making-of dévoilés récemment, comme les précédents opus le proposaient. Mais c’est vraiment pour pinailler et tenter de trouver des défauts à un chef-d’œuvre qui n’en a franchement que très peu.uncharted4_previewscreens_0009[1]

 

Car oui, que ce soit dit : au même titre qu’Uncharted 2 et 3, Uncharted 4 est un véritable chef-d’œuvre ! Plus à la croisée du cinéma et du jeu vidéo que jamais, la saga de Naughty Dog s’offre un chant du cygne mémorable en tous points, se concluant sur un épilogue touchant qui devrait même tirer une petite larme aux fans de la première heure. Digne évolution de la saga, nouveau départ, sublime conclusion, hommage réussi au reste de la saga (et à Naughty Dog itself, via un hommage inattendu et hilarant pour les joueurs de la première Playstation)… Uncharted 4 est un peu tout ça à la fois. Le digne aboutissement du travail entamé par Amy Hennig, Nolan North et tout le studio Naughty Dog il y a désormais plus de dix ans, et auquel les créateurs de The Last of Us ont su apporter leur patte tout en respectant l’essence de la saga. « La grandeur vient des petits débuts », aurait dit Sir Francis Drake ? Au vu de son parcours depuis un premier volet au développement difficile, cette devise semble aujourd’hui plus que jamais taillée pour la saga Uncharted, à laquelle il est désormais temps de dire adieu. Oh, crap…

Uncharted 4 : A Thief’s End (PS4) – le test !
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