The Vigil : Test DVD

Réalisateur
Keith Thomas
Acteurs
Dave Randolph-Mayhem Davis, Lynn Cohen, et Malky Goldman
Genre
Epouvante et Horreur
Pays
USA
Durée
85 minutes
Date de sortie DVD/ Blu-Ray
02/12/2020
Notre score
7

Après The Devil’s Hour et Warning : Do Not Play, l’éditeur français revient dans le paysage cinématographique à tendance horrifique avec une production Blumhouse réalisée par Keith Thomas : The Vigil.
Après une sortie en salles durant l’été 2020, le film nous est désormais proposé sous les formats Blu-Ray mais également DVD.

L’article s’organisera de la manière suivante :

I) La critique de The Vigil

II) Les caractéristiques techniques de l’édition DVD

I) La critique de The Vigil

Premier film de Keith Thomas, et produit par les prolifiques -mais pas nécessairement qualitatifs- Blumhouse, The Vigil prend place au coeur d’une branche fermée de la communauté hébraïque. Le film suit un jeune homme ayant vécu dans une branche de la communauté juive orthodoxe, interprété par Dave Randolph-Mayhem Davis, veilleur mortuaire ayant pour rôle de protéger les défunts des esprits maléfiques rôdant lors de la nuit suivant le décès.

La proposition aussi bien dans son fond que dans sa forme est marquée par les grandes figures du cinéma d’horreur qu’elles soient classiques, L’Exorciste de William Friedkin, ou bien modernes, Insidious de James Wan.
Cependant le film se démarque de ses aînés et se détache d’une approche récurrente au cinéma d’horreur, celle de la démarche bis repetita, souvent employée par Blumhouse, réussissant de la sorte à offrir une oeuvre somme toute singulière de par son propos mais aussi et surtout de par sa mythologie, ses concepts.
En dépassant le modèle du mal à dimension catholique, et faisant la tentative d’une lecture par l’angle des croyances hébraïques, le cinéaste nous plonge dans l’inconnu, là où nos connaissances culturelles, en matière d’horreur, que nous pensions bien rodées, se trouvent mouvementées.
The Vigil nous ouvre les portes d’une terreur nouvelle, fonctionnant à travers des concepts, en grande partie, inconnus du public. Une démarche qui s’actionne, se développe de manière perspicace et judicieuse. Keith Thomas nous dévoile tout en clair-obscur, dans son approche de l’équilibre mystères/révélations, ces univers et croyances.
Un univers  qui rappelle le réussi « Possédée » qui prenait également racine au coeur de la religion juive avec tout un travail autour du Dibuk.

Le voyage auquel nous invite The Vigil est celui de la transition entre les mondes, entre les dimensions tant autant au sein des architectures humaines et de sa société aux multiples embranchements, qu’entre le réel -monde dans lequel nous vivons- et l’au-delà.
L’oeuvre nous fait suivre Yakov, membre d’une communauté hermétique de la pratique hébraïque, décidant de quitter cette dernière, pour rejoindre la société telle que nous la connaissons.
Un départ aux allures d’abandon d’une vie passée lui faisant perdre son emploi mais également une grande partie de ses proches. Il se trouve alors projeté au sein d’une conception nouvelle dans un monde aux revêtements brumeux et énigmatiques au coeur duquel il ne détient ni les codes, ni les symboles, pour comprendre et interagir avec les mécaniques sociales en jeu.

C’est dans ce contexte transitoire que sa dernière veillée va se transformer en rituel en direction d’une vie nouvelle. La caméra nous embarque au coeur d’une bâtisse aux allures de purgatoire, anti-chambre de l’au-delà, où questionnements personnels et occultisme s’entremêlent dans une cavalcade à la fois obsédante et étouffante.
Un rituel à l’entre-monde, odyssée horrifique qui ne fait qu’effleurer l’innommable pour laisser notre imaginaire jouer un rôle décisif et subjectif dans le caractère terrifiant de l’oeuvre.
Keith Thomas fait de la demeure le décor central et mouvant de sa création, rebondissant sur des climats proches des heures surnaturelles de James Wan, dans sa période pré-Conjuring. Bloqué, enfermé dans cette maison, le chemin qui s’ouvre sous les pas de l’interprète principal s’oriente droit vers les yeux du mal, espace sur lequel le fléau qui s’abat sur le film flamboie d’effroi.

Dave Randolph-Mayhem Davis est convaincant, touchant dans son rôle d’exilé en quête de rives nouvelles. Le procédé mêlant sa détresse, ses angoisses aux différentes mutations des pièces dans lesquelles il évolue donne un caractère labyrinthique à l’oeuvre, une dynamique ivre qui emporte, trouble.
Une mécanique fascinante qui se trouve à plusieurs reprises entre coupée par des flashs, révélateurs du passé de Yakov, se trouvant parfois maladroits, relâcher la pression que l’oeuvre pouvait exercer sur les spectateurs, nous empêchant de s’immerger dans la terreur proposée. Une étude du passé qui aurait pu être amplement abordée en restant ancré dans la temporalité présente.

The Vigil, première réalisation de Keith Thomas, est une proposition astucieuse qui dépasse le paysage traditionnel horrifique de par sa thématique. Un essai concluant, qui parvient à dépasser ses quelques maladresses, par une connaissance et analyse de la peur, de la part de son réalisateur, qui éveille et intrigue le regard sur un genre qui semblait pourtant au bord de la saturation.
Une perspective intéressante entre références passionnées et mythologie renouvelée.

 

II) Les caractéristiques techniques de l’édition DVD

Image :

L’édition DVD de The Vigil se défend d’une très belle manière réussissant à offrir un contraste et un jeu autour des lumières particulièrement stable pour le support.
Les noirs sont bien définis, la colorimétrie proprement ajustée et le niveau de piqué est convenablement travaillé permettant de disposer d’une édition DVD réussie, qui ne fait certes pas de prouesses, mais qui permet de découvrir The Vigil dans d’agréables conditions.

Note Image : 3,5/5

Son : 

Deux pistes sons sont disponibles sur l’édition DVD :

  • La piste VF 5.1 : Une vraie réussite, permettant une très belle immersion dans l’oeuvre horrifique de Keith Thomas. La spatialisation entre les enceintes frontales et surrounds permet la création d’une atmosphère qui encercle, oppresse et va jusqu’à fortement effrayer le spectateur. Les voix sont correctement balancées par rapport à l’ambiance sonore générale du film. Les doublages, quant à eux, sans réaliser de prouesses, permettent d’entrer dans l’ambiance nauséeuse du film sans décrocher faute à un raccord voix-situation non approprié.
  • La piste VO 5.1 : La voie idéale pour découvrir le film qui prend une belle ampleur réussissant à nous enserrer pleinement dans l’atmosphère de l’oeuvre avec un équilibre parfait entre les canaux et une gestion idéale ne faisant jamais saturer les enceintes et livrant de beaux moments de frayeurs.
  • La piste VO 2.0 : Très juste dans sa proposition bien que plus pâle que sa grande soeur 5.1 au niveau de l’immersion.

L’édition propose également une version en Audiodescription.

Note Son : 4,5/5

Suppléments : 

Les suppléments proposés sur l’édition DVD de The Vigil sont assez limitées avec un entretien en compagnie du réalisateur et une bande-annonce.
Néanmoins, cet entretien d’une petite trentaine de minutes est une proposition documentée, construite et fourmillant d’informations. Un immense plaisir que d’entendre Keith Thomas revenir sur la genèse du film du travail préparatoire jusqu’à sa sortie. Il y aborde ses références, les mécaniques techniques qu’il utilise pour aborder la peur, nous assistons à une véritable mise à nue du squelette de The Vigil qui est très pertinente. Aucun temps mort ni redondance, le cinéaste est précis et direct. Un très bon document pour prolonger l’expérience The Vigil.

Note Suppléments : 3,5/5

The Vigil : Test DVD
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