Réalisateur
Pascal Laugier
Acteurs
Anastasia Phillips, Crystal Reed, et Emilia Jones
Pays
Canada et France
Genre
Drame et Epouvante
Durée
91 min
Titre Original
Notre score
7

Suite au décès de sa tante, Pauline et ses deux filles héritent d’une maison. Mais dès la première nuit, des meurtriers pénètrent dans la demeure et Pauline doit se battre pour sauver ses filles. Un drame qui va traumatiser toute la famille mais surtout affecter différemment chacune des jeunes filles dont les personnalités vont diverger davantage à la suite de cette nuit cauchemardesque.
Tandis que Beth devient une auteur renommée spécialisée dans la littérature horrifique, Vera s’enlise dans une paranoïa destructrice. Seize ans plus tard, la famille est à nouveau réunie dans la maison que Vera et Pauline n’ont jamais quittée. Des évènements étranges vont alors commencer à se produire…

L’avis de Manu

Pascal Laugier est un cas assez rare en France. Metteur en scène totalement voué à son art (rares sont les concessions financières au dépend de l’artistique), cinéphile majeur et passionné tout simplement par le 7ème art. En résulte des films peut-être bancals : The Tall Man échouait de peu à être un très bon film, mais toujours impliqué et appliqué, Martyrs malgré sa dureté formelle, détournait les codes du genre en les menant à leurs extrêmes pour offrir un film qui finalement ouvrait plus à la réflexion qu’aux jump scares. Très bel essai à l’époque.

Ghostland, avec le même intérêt, s’offre toujours et encore un parti pris extrême, toujours sous l’introduction de la violence pour nous parler finalement avec subtilité et intelligence. Encore plus joueur cette fois, jeu formel et narratif au rendez-vous, Pascal Laugier explore les tourments humains et joue avec le spectateur d’une façon indéniablement intelligente. Ici la violence graphique n’est pas là par obligation mais s’avère toujours justifiée dans ses errances comme dans ses provocations, nécessaires au récit.

C’est brillant, flippant et terriblement bien mené. Avec son scénario habile où le torture porn n’est jamais lâché bêtement devant nos yeux mais tout de même présent pour condamner l’ensemble à être terrifiant, Ghostland est un joli pied de nez made in France à tout un cinéma qui ne se renouvelle plus du tout au pays de l’Oncle Sam sur ce versant. Avec modestie, passion et savoir-faire Pascal Laugier réalise une œuvre puissante et efficace qui surprend constamment par la narration qu’il emploie et les séquences violentes qu’il tutoie. En résulte un des meilleurs films d’horreur vu récemment en salle, confirmé dans son intention par un dernier dialogue d’une simplicité tranchante et d’une efficacité terrifiante. Plus que tout autre twist tiré par les cheveux comme à l’accoutumé.

Ghostland
7
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