Cabal (version cinéma) : le test Blu-ray

Réalisateur
Clive Barker
Acteurs
Anne Bobby, Craig Sheffer, et David Cronenberg
Pays
USA
Genre
Fantastique et Horreur
Durée
102 minutes
Titre Original
Nightbreed
Notre score
8

Cabal (Nightbreed en anglais) …. derrière ce titre énigmatique se cache l’un des plus grand trésor du cinéma d’horreur des trente dernières années, un film maudit qui encore aujourd’hui peine à proposer sa version intégrale. Un premier montage, diffusé en salles avait été remonté par la Fox, serait une des causes pour son réalisateur Clive Barker de l’échec commercial de ce dernier à sa sortie en 1990. Un montage director’s cut sortit en 2014 aux Etats-Unis en DVD et Blu-ray ainsi qu’une simple sortie DVD assez discrète en France en 2015. Le film se trouve ainsi rallongé de 20 minutes. Néanmoins, il reste un ultime montage qui n’a à ce jour connu aucune sortie : La Cabal Cut.  Une version à ce jour fantasmée de trois heures.

En ce dernier trimestre 2019, ESC nous propose la sortie d’un coffret revenant sur les sorties cinéma et direcor’s cut de Cabal. Suite à une demande très importante du montage director’s cut, l’équipe de Cinealliance n’a pu obtenir que le Blu-ray version cinéma, cette chronique reviendra donc sur cette mouture et disque seulement.

L’article se divisera en deux temps :

I) La critique de Cabal

II) Les caractéristiques techniques de l’édition Blu-ray

L’avis de Quentin :

I) La critique de Cabal

Cabal est le projet monstre de Clive Barker, suite au succès international de Hellraiser, une oeuvre prenant appui sur ses écrits tout comme sa première réalisation. Le film marque une collaboration historique entre le cinéaste et une figure incontournable du cinéma d’horreur des années 80 avec pour acteur pilier David Cronenberg dans le rôle du psychiatre meurtrier. Il en advient une alchimie saisissante dans ce partenariat qui touche pleinement le public du réalisateur canadien connu pour la création de bons nombres de scientifiques fous qu’il s’agisse de La Mouche, Faux-Semblants ou encore Chromosome 3. Il ne créé plus de savants fous mais l’interprète désormais devenant le bras armé et machiavélique du film de Barker.

Le réalisateur-écrivain, revient dans une esthétique  proche de celle d’Hellraiser mais tend à une imagerie bien plus baroque que le gothique et sado-masochiste premier film. La vision du réalisateur fait que ses deux premiers films s’articulent de manière complémentaire, sous forme de miroirs. Les deux sont traversés de mondes parallèles où se situent des créatures venues d’un âge dont on ne se souvient plus. Il travaille sur la rencontre de la civilisation humaine et une espèce humanoïde paranormale horrifique. Il articule l’oeuvre de manière à faire passer les protagonistes de chaque côté de la frontière de cet entre-deux mondes. Dans Hellraiser, le monde des bêtes était froid avec de nombreuses tonalités bleues renforçant le caractère pétrifiant de cette antre de la souffrance. Tandis que dans Cabal, le monde des créatures se trouve être une cachette chaude aux nombreuses teintes rouges et ocres, un dernier bastion de résistance d’une espèce meurtrie, qui compte ses jours, à la manière de réfugiés n’ayant plus d’échappatoire que les souterrains.   Cabal s’inscrit en plein dans le virage du body-horror à mi-chemin entre l’horreur brute d’un Scanners de Cronenberg et le grotesque d’oeuvres telles que Society de Yuzna ou encore Bad Taste de Peter Jackson.

Cabal, a toutefois son identité propre et a su en seulement un seul film constituer une nouvelle référence culturelle incontournable. On y découvre une civilisation reculée qui ne sort qu’à la nuit tombée. Barker en maître des lieux nous fait visiter Midian, l’espace inférieur d’un cimetière en dehors de la ville. Il prend plaisir à nous faire découvrir une population composée de différentes espèces, de croyances, de légendes ancestrales. En seulement 100 minutes, il réussit à poser le cadre d’un nouvel univers, une intrigue et l’ouverture vers un monde paressant encore aujourd’hui quasi illimité. On retrouve un travail très original et généreux dans la conception des costumes, avec un esprit mêlant souffrance et désir. Une approche visuellement sado-masochiste bien plus accueillante que la terrifiante vision de la saga Hellraiser.

Bien que d’entrée, le film tente de nous faire craindre, redouter les enfants de la nuit, la mise en scène nous pousse à nous mêler à ce monde, cette communauté, pour se rendre compte que derrière le frisson, la peur se trouve un monde ravagé par les hommes en passe de disparaître. Cela amène à une relecture des histoires traditionnelles telles que La Belle Et La Bête ou encore une mise à jour fantastique de Roméo Et Juliette. C’est de cette approche classique mêlée aux fantômes de l’histoire que Cabal trouve sa puissance dramatique surprenante et fascinante. Le massacre de populations sur des critères physiques ou spirituels renvoie directement à la seconde guerre mondiale, et la chasse aux peuples dits non conformes.

Cabal, film culte pour initié, mérite bien plus que d’être un film de niche, et se doit d’être (re)découvert au plus vite, tant il s’affirme aujourd’hui en tant qu’incontournable du cinéma fantastique de ces trente dernières années. Une oeuvre qui dépasse de loin ses confrères de par la profondeur de son univers ainsi que de la mythologie qu’il a su créer, un rendez-vous manqué, qui grâce à cette formidable édition qu’ESC nous propose, catapultera son nom au plus haut de la sphère horrifique.

II) Les caractéristiques techniques du Blu-ray

Image :

Le master proposé par ESC pour la version cinéma de Cabal est une vraie réussite, il réussit à trouver un subtil équilibre dans son habillage HD. De la sorte, le piqué a finement été travaillé pour offrir un niveau de détail décuplant la fascination pour l’univers plastique de Clive Barker tout en s’assurant de ne pas tourner les effets spéciaux, ou maquillages d’époque en grand guignolesque. Quant au travail du contraste, il s’avère merveilleusement bien géré réussissant à créer de belles atmosphères. Enfin le travail colorimétrique s’avère être justement dosé et ne force pas trop sur les couleurs vives permettant à l’oeuvre de gagner en authenticité.

Note image : 4/5

Son :

La version cinéma de Cabal, contrairement  à la version longue, ne comporte qu’une piste stéréo, ce qui déçoit quelque peu pour une sortie quasi définitive. Cependant la piste a bien été retravaillée offrant un passage respectable à la HD. La piste ne sature pas que cela soit dans les aigus, les graves ou lors d’explosions. Les voix sont suffisamment mises en avant et permettent une vraie stabilité entre ces dernières et les effets sonores du film.  Cependant, il s’agira de fuir la version française de très mauvaise facture.

Note son : 3/5

Suppléments :

Comme souvent, l’éditeur ESC propose une mine de suppléments au cœur de ses éditions Blu-ray et tout particulièrement lorsqu’il s’agit d’une sortie de la collection Cult’Edition.

Voici les suppléments proposés sur le blu-ray version cinéma :

  •  Entretien avec Julien Sévéon : Un vrai plaisir de retrouver à nouveau Julien Sévéon pour un partenariat avec ESC, ce dernier revient sur le parcours chaotique  de l’oeuvre ainsi que sur son attachement à cette dernière. Un véritable instant cinéphile tant la passion du partage transparaît à travers les mots de l’auteur.
  •  Analyse de séquences par Christophe Foltzer.
  •  Tribes Of The Moon(Making-of) : Un très bon document permettant de revenir au cœur du plateau et l’ambiance créative infinie entre les différents protagonistes du projet. Une vision de cinéma et de tournage intéressante qui laisse redouter le poids et la main destructrice de la production.
  • Scènes Coupées Et Alternatives.
  • Les bandes annonces originales et françaises.

Note Suppléments :

Cabal (version cinéma) : le test Blu-ray
8
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