Blue velvet

Réalisateur
David Lynch
Acteurs
Denis Hopper, Kyle MacLachlan, et Laura Dern
Pays
USA
Genre
Drame et Policier
Durée
120 min
Titre Original
Notre score
8
Il se passe quelque chose d’étrange derrière les palissades blanches de Lumberton, Caroline du Nord. Après avoir fait la découverte d’une oreille humaine coupée dans un champ, Jeffrey Beaumont, un étudiant attiré par le mystère, est bien déterminé à enquêter. Avec l’aide de sa petite amie, Jeffrey pénètre dans l’univers sombre et dangereux de Dorothy Vallens, une chanteuse de boîte de nuit mystérieusement unie à Frank, un gangster sadique, autour d’une histoire de kidnapping.

Après l’expérience déroutante de Dune liée aux contraintes d’un film à gros budget, marquée par l’interventionnisme du producteur De Laurentiis, le réalisateur de Elephant man David Lynch a vu en 1986 dans le projet de Blue Velvet l’occasion de se ressourcer.

Avec Blue Velvet Lynch voulait « un thriller en surface et qu’il y ait à l’arrière-plan une plus grande densité psychologique ».

Une fois l’exposition déroulée, cadre ripoliné de l’Amérique moyenne et  personnages principaux allant d’un couple de jeunes gens bien sous tous rapports à une chanteuse mystérieuse victime d’un maître chanteur, Lynch plonge son petit monde dans les ténèbres et l’horreur. Le héros du film interprété par Kyle MacLahan, jeune homme innocent curieux de découvrir un autre monde que le sien, est entrainé dans un maelström de violences et de perversions après avoir fait la connaissance du personnage mystérieux de Dorothy (Isabela Rossellini).

L’idée de passage dans un autre univers, plus sombre et torturé que leur environnement immédiat est clairement annoncé à maintes reprises par le duo d’apprentis enquêteurs qui parle  de la découverte d' »un monde étrange ». Ce basculement narratif s’accompagne d’un changement esthétique : les scènes chez Dorothy ou faisant intervenir son personnage mêlent sensualité et danger dans une esthétique plus stylisée que celles dialoguées entre Jeffrey et Sandy (la muse du réalisateur,  Laura Dern). Le personnage de Dennis Hopper, bandit obsédé par Dorothy, est à cet égard outré, à la limité du grand-guignol. Le caractère sulfureux du film est lié à Dorothy,  incarnation de la femme fatale selon Lynch : une brune énigmatique associée à la nuit par opposition à la blonde liée à une normalité apaisante (Dorothy).

On notera de menus défauts, eu égard à la qualité de la proposition d’un cinéma non conventionnel et étrange : quelques baisses de rythme dans une intrigue linéaire où l’intensité des scènes avec Dorothy contraste avec la banalité des scènes entre Jeffrey et Sandy même si l’on a conscience qu’ un tel agencement est mûrement réfléchi et un personnage de méchant too much.

Blue velvet demeure très intéressant en ce qu’il pose les bases d’un envoûtant univers développé dans les chefs d’oeuvre Lost highway et Mulholland drive : un cadre idéal en surface révélant au fil de l’intrigue des abîmes de noirceur, figures féminines complexes autour d’un duo brune/blonde qui sont en fait les 2 faces d’un même monde, scénario sinueux plein de bizarreries.

Blue velvet
8
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