Test Jeu : Ducktales Remastered

« C’est le plus grand boss de toute la ville, Pic-sou, Pic-sou. C’est le plus puissant de tout CanardVille, Pic-sou, Pic-sou »… Si ce générique vous dit quelque chose, alors vous avez peut-être aussi eu le plaisir de jouer à DuckTales dans les années 90. Un jeu qui aura marqué la génération NES, et qui s’offre cet été les honneurs d’un remake HD, baptisé DuckTales Remastered.

L’avis de NicoH :

Pour ceux qui sortent de leur grotte ou encore les petits jeunots qui ne jurent que par Call of Duty, petit rappel : sorti sur Nintendo NES à la fin 1990 chez nous (89 aux USA), DuckTales est l’adaptation d’un dessin animé qui aura fait les grandes heures du Disney Club pendant 7 ans : la Bande à Picsou (et si vous ne connaissez pas la Bande à Picsou… alors achetez-vous une corde car il est clair que vous avez raté votre vie !). Développé et édité par Capcom, le jeu nous permettait d’incarner Picsou himself dans une aventure qui l’emmenait aux quatre coins du monde à la recherche de différents trésors. On pourrait s’attarder longtemps sur la qualité technique, le gameplay aussi simple qu’ultra-efficace ou encore le travail d’adaptation, mais faisons simple : DuckTales sur NES était et reste encore un pur bijou ! Petit saut dans le temps jusqu’en 2013, c’est-à-dire maintenant : alors que les temps sont à la remise en avant (souvent très réussie) des héros de jadis (Rayman Origins, Flashback, Another World, Castle of Illusion,…), voilà que DuckTales s’offre à son tour le même luxe toujours sous la houlette de Capcom, ici éditeur seulement, le développement étant assuré par le studio Wayforward.

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Entendons-nous bien : vous l’aurez deviné, votre serviteur est un grand fan du jeu DuckTales sur NES, et plus globalement de l’univers dessiné Picsou  (Carl Barks et Don Rosa sont des dieux !). En ces circonstances, il serait impossible, sinon hypocrite de prétendre être neutre et objectif dans la rédaction de ce test, l’intérêt de ces jeux-remakes étant totalement différent selon qu’on connaisse ou non l’original. Ceci étant dit, attaquons les hostilités.

La technique tout d’abord. Le jeu se jouant entièrement en 2D de profil comme l’original, les développeurs utilisent ici un mélange de modélisation 3D pour les décors et de 2D (dessinée à l’ancienne) pour les personnages. Un mélange qui ne mettra pas tout le monde d’accord tant le contraste est assez visible au long de l’aventure. On finira même parfois par se demander pourquoi les développeurs n’ont pas opté pour un rendu entièrement dessiné façon Rayman Origins, tant cela aurait vraiment renforcé l’hommage à la Bande à Picsou. Ceci dit, le dessin des personnages de la Bande (qui répondent tous présents !) est ici de grande qualité, dans la droite lignée du dessin animé. Et avec leurs animations réussies quoiqu’un peu limitées, on se surprend à retomber vingt ans en arrière dès les premières minutes de jeu.

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Des premières minutes qui ont le mérite de rassurer, mais également de montrer que l’équipe ne s’est pas reposée sur les lauriers de leur ancêtre. En effet, si l’on retrouve instantanément le gameplay original à la fois simple et ultra-efficace (saut simple, coup de canne façon « club de golf » et  le mythique « saut pogo ») ainsi que les thèmes musicaux originaux remaniés pour l’occasion, on découvre également très vite quelques sympathiques ajouts. A commencer par la création d’une véritable intrigue. En effet, si dans la version NES, le joueur entamait la chasse au trésor sans trop savoir pourquoi, cette nouvelle version intègre désormais un petit scénario et bon nombre (trop ?) de cinématiques qui expliquent le pourquoi du comment de chaque partie de l’histoire. On regrettera juste que le tout soit aussi simpliste et naïf qu’un épisode de la série, alors que les BD de Barks ou Rosa offraient suffisamment de matière pour enrichir l’ensemble sans trahir le jeu d’origine. Dans la même veine, on notera la présence des doubleurs originaux (anglais) de la série. Si l’initiative est excellente, on aurait évidemment rêvé d’avoir droit à leurs homologues français, mais le décès de Philippe Dumat (inoubliable VF de Picsou ) en 2006 en a sûrement décidé autrement.

De même, à 15€ le jeu, il valait mieux offrir quelque chose de neuf à se mettre sous la dent côté « durée de vie », le jeu NES se finissant aisément en 30 minutes chrono. Et de ce côté, on sent bien que les développeurs ont essayé de nous faire plaisir. Outre l’apparition d’un prologue et d’un épilogue jouables, ce sont les cinq niveaux principaux qui ont bénéficié d’une réelle attention. Ces derniers reprennent ainsi en partie le level-design de leur ancêtre, parfois au pixel près (les diamants cachés tout du long et les zones secrètes répondent toujours présents) tout en y ajoutant bon nombre de zones crées spécialement pour l’occasion et qui enrichissent réellement l’expérience. Sans compter l’ajout d’une carte des niveaux finalement assez utile dans les niveaux labyrinthiques, même si les hardcore gamers ne se priveront pas de pester.  De même, les Boss ont été remaniés et ont désormais un vrai panel d’attaques souvent inspirées, avec une mention pour le boss final. En résulte une durée de vie certes un peu courte, mais quand même bien au-dessus de ce qu’on pouvait craindre.

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A ce sujet, on émettra un bémol concernant de la gestion de la difficulté. En effet, divisée en trois modes (Facile, Moyen, Difficile, sans compter un mode Extrême à débloquer), on ne pourra s’empêcher de trouver celle-ci assez bancale. En effet, d’un côté, les modes offrent une réelle variété (vies illimitées et meilleure résistance en Facile contre trois vies en Moyen, et ainsi de suite). Mais de l’autre, certains passages nous renvoient réellement à l’époque NES et ses jeux aux niveaux si difficiles qu’il fallait souvent prévoir un cœur de vie à perdre en vue de certains ennemis ou pièges particuliers (et trois cœurs, ça part vite !). Sans compter certaines collisions un peu approximatives. De même, si des checkpoints font leur apparition durant les niveaux, le Game Over impliquera de recommencer l’intégralité du jeu, prologue compris ! Comme à l’ancienne ! Autant dire aux joueurs les moins chevronnés que même en jouant en Moyen, après quelques Game Over, le mode Facile risque rapidement de vous faire l’effet d’une bonne glace un jour de canicule. Surtout que de nombreux bonus sont à débloquer (trésors secrets, croquis, dessins de productions…) et demanderont inévitablement de rejouer les niveaux pour être tous acquis.

Au final, ce DuckTales Remastered risque bien de diviser les foules. D’un côté, on notera une difficulté pas très bien dosée et une durée de vie finalement assez courte pour qui ne souhaite pas finir le jeu à 100%. De l’autre côté, un vrai hommage réussi au jeu et au dessin animé d’origine qui nous ramène réellement en enfance. Maintenant, si l’on garde en tête ce qu’était déjà DuckTales sur NES, alors force est d’admettre que ce remake ne fait qu’appliquer la même recette rétro, avec les mêmes ingrédients d’époque. Seuls les ustensiles ont changé, permettant d’enrober le tout sous un beau voile HD sans vraiment en changer le goût. A bien y penser, on en attendait pas plus. La magie Disney/Capcom opère donc toujours aussi bien pour les adeptes de la première heure qui devraient frissonner de plaisir dès les premières notes du menu principal jusqu’au générique de fin du jeu. Pour les autres, difficile de se prononcer, mais en tout cas, ce DuckTales Remastered ne manque pas d’atouts pour séduire toute la bande.

PS : jeu testé sur PC via Steam. A noter plusieurs soucis de crash lors de certains écrans de chargement sur notre version de test, mais sans incidence sur les sauvegardes.

Notre note finale : 4/5

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