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Battlefield 2042 : le test !

Trois ans après le précédent volet, Battlefield est de retour avec un nouveau volet. Avec Battlefield 2042, exit les Première et Seconde Guerre Mondiale, et bon retour dans la guerre moderne, voire futuriste. Une forme de retour aux sources pour la saga qui, depuis Battlefield 2, a souvent privilégié les univers contemporains. Mais le résultat est-il à la hauteur des fleurons de la licence ?

Si la saga Battlefield a souvent été comparée à son concurrent Call of Duty, la réduire à cette rivalité relèverait de la mauvaise foi tant, depuis ses débuts, la licence d’EA et du studio DICE n’a eu de cesse de défricher de nouveaux terrains et se mettre en danger, là où celle d’Activision a longtemps campé sur ses acquis et sa renommée (même si les premiers Modern Warfare et Black Ops ont su renouveler l’expérience CoD en leur temps). Pour preuve, à une époque où les FPS s’articulaient énormément sur le solo et la Seconde Guerre Mondiale, Battlefield 2 persistait et signait avec sa formule magique constituée d’un jeu entièrement axé sur le multijoueurs à grande échelle (jusqu’à 64 joueurs) et dans un environnement désormais moderne, après le premier volet situé en 1942. Si l’expérience multijoueurs reste encore aujourd’hui la marque de fabrique des Battlefield, l’univers moderne a tant remporté les suffrages qu’il a très vite été repris par CoD Modern Warfare deux ans plus tard, puis par bien d’autres depuis, au point de vite rendre cet univers auparavant novateur rapidement désuet, malgré les indéniables qualités de Battlefield 3, 4 et Bad Company 2. Et si ces dernières années ont témoigné d’un retour aux sources pour bon nombre de licences dont Battlefield vers les ambiances des bonnes vieilles Guerres Mondiales, le véritable retour aux sources de Battlefield pourrait bien résider dans le retour à la guerre moderne de ce Battlefield 2042, pour le meilleur et pour le pire. Enfin, surtout pour le meilleur.

Première (bonne) surprise : exit la campagne solo arrivée à partir de BF3 ou même les « récits de guerre » de BF1 et BFV, Battlefield 2042 est entièrement axé sur le multijoueurs. Un choix qui risque de hérisser le poil de certains joueurs (souvent peu mémorables, les modes solos avaient leurs fans), mais qui là aussi s’inscrit dans la volonté de DICE de revenir aux fondamentaux en axant ses efforts entièrement sur l’expérience multi.

Et quelle expérience multi ! Totalement revue à travers désormais trois piliers (en résumé : Warfare, Hazard et Portal), l’expérience Battlefield 2042 risque indéniablement de désarçonner lors de votre première incursion, en partie aussi car les menus de choix des modes manquent franchement de clarté, sans compter l’étonnante impossibilité de choisir son serveur de jeu dans les modes Warfare et Hazard (en tout cas dans la version testée, mais nous ne sommes pas à l’abri de patchs de lancement). Mais une fois pris connaissance de la « répartition des tâches » entre les trois piliers, le potentiel de Battlefield 2042 risque d’en étonner plus d’un.

Commençons par le pilier Warfare, qui renferme simplement les modes Conquête et Percée. Pour ceux qui n’auraient jamais joué à un Battlefied, Conquête est le mode historique de la saga où, sur une immense map, deux équipes de joueurs (128 au total, désormais) se battent pour le contrôle de différents points stratégiques. Percée, lui, reprend certains aspects de ce mode, mais en intégrant un système de ligne de front : une équipe doit défendre les points stratégiques, l’autre doit les récupérer. A chaque point récupéré, la ligne de front recule, dévoilant de nouveaux points à capturer, et ainsi de suite. Si le mode Percée donnera parfois le sentiment d’être de la chair à canon (souvent trop de joueurs sur une map plus réduite), le mode Conquête est assurément le grand gagnant, parmi les anciens modes, de ce Battlefield 2042. Plus grand, plus varié, plus vertical, il profite pleinement du passage à 128 joueurs. Et si la taille des maps pourra effrayer, la répartition des points à capturer empêchera généralement de trop perdre son temps dans la cambrousse avant de se mettre joyeusement sur la tronche avec l’équipe adverse. D’autant qu’il est désormais possible de commander la livraison d’un véhicule où bon nous semble et, surtout, de modifier en direct son équipement sur le champ de bataille. Vous avez bien lu : en une touche, vous pourrez modifier les caractéristiques de votre arme en pleine manche, en choisissant par exemple d’ajouter une lunette de visée ou une crosse, avec ce que cela implique sur le feeling de votre arme. Sans compter la possibilité de ramasser une nouvelle arme sur le champ de bataille. Quant aux quatre/cinq spécialités d’antan (Assaut, Ingénieur, etc…), elles sont ici remplacées par une dizaine de « spécialistes » (dont Irish, campé par le regretté Michael K. Williams, dont on appréciera que DICE ait conservé la participation posthume) possédant chacun des caractéristiques et surtout des gadgets propres, allant du pistolet de soin (pour soigner à distance) au bouclier de protection, en passant par la wingsuit ou le grappin. En somme, comme un bon vieux Battlefield, mais définitivement entré dans une nouvelle ère.

Une nouvelle ère qui se retrouve dans le pilier Hazard, abritant l’expérience en escouades, elle aussi totalement revue. Exit les anciens modes en escouade, Hazard s’articule autour d’un unique mode où chaque escouade devra récupérer des données sur le champ de bataille et rejoindre un point d’extraction, sans tomber sous les tirs d’une escouade adverse. Si il reste possible de ranimer vos compères, une escouade entièrement éliminée marquera le game over. Un mode qui devrait trouver ses adeptes tant il ne manquera pas d’évoquer un mélange entre un Battle Royale en équipe et le mode Pillage de CoD Warzone.

Enfin, la plus grande surprise réside dans le pilier Portal, derrière lequel se cache rien de moins qu’une immense expérience communautaire dans l’univers de Battlefield. En effet, Portal permet à chaque joueur de créer son propre mode de jeu (Conquête, Ruée, match à mort, personnalisé…) sur une map de son choix (provenant de BF2042, mais également certaines de BF1942, BF3 et Bad Company 2 refaites avec le moteur de BF2042) et en reprenant le gameplay de son choix parmi les 4 volets précités (précisons au passage que derrière son statut de volet préféré de bon nombre de fans, le gameplay de Bad Company 2 ne permettra toujours pas de s’allonger !). Si l’on considère la multitude de réglages possibles (incluant les armes disponibles, les respawns, les bots…), le pilier Portal est comme un immense laboratoire à mods qui a largement le potentiel, si les propositions de la communauté suivent, pour offrir à Battlefield 2042 l’un des contenus communautaires officiels les plus gargantuesques vu dans un FPS de mémoire de joueur.

En parlant de mémoire de joueur, abordons enfin l’aspect technique. Comme à l’accoutumée et bien aidé par la maitrise de son moteur Frostbite dont la réputation n’est plus à faire, DICE nous gratifie d’un rendu visuel somptueux, malgré bon nombre de bugs encore présents sur notre version de test (éléments invisibles, bugs de collision, freezes et plantages divers…). Les décors autant naturels que modernes n’ont jamais à rougir des standards actuels, même si il nous a semblé par moments que BF2042 ne marquait pas un si grand écart avec BFV qu’on l’aurait espéré en termes de détails visuels et de gestion des lumières. Mais cela est compensé par la taille des maps, le fait que BFV est encore très solide visuellement aujourd’hui et surtout par l’importance accordée à la météo qui nous gratifiera aléatoirement de conditions différentes et dynamiques sur une même partie, allant du soleil à la pluie, sans oublier des joyeusetés telles que les tornades ou tempêtes de sable qui seront aptes à vous décrocher la rétine tout en redéfinissant les enjeux d’une partie. De même, on restera un peu dubitatif sur l’optimisation actuelle, notamment en termes de nombre de fps sur les configurations PC les plus robustes, mais nul doute que cela sera amélioré par la suite.

Concernant l’aspect sonore, si les bruitages restent d’excellente facture, notamment dans les moments intenses, tout en intégrant de sympathiques ajouts (on pense aux exclamations de l’avatar lorsque vous prenez un tremplin en voiture), on regrettera que l’aspect musical soit finalement assez discret, même dans les menus ou les derniers instants avant la fin d’une manche comme dans Battlefield V. Les mélomanes fans de la licence et de ses envolées musicales épiques seront sans doute un peu déçus, mais cela n’enlève heureusement rien au plaisir de jeu.

Car oui, en bousculant ses acquis tout en revenant à ses fondamentaux jusque dans l’importance accordée à sa communauté, Battlefield 2042 frappe un grand coup. En laissant le mode solo au vestiaire et en misant moins sur la quantité de modes que sur la qualité pour son contenu multi « officiel » (les piliers Warfare et Hazard), ce nouveau volet risque de faire grincer les dents des adeptes des autres modes de jeux des précédents volets, en tout cas en attendant d’éventuels ajouts de la part de DICE. Heureusement, le mode Portal a largement le potentiel pour satisfaire ces derniers autant que les nostalgiques des précédents volets, pour peu que la communauté saisisse et apprivoise ce potentiel. Grâce à cet équilibre entre ses trois piliers, Battlefield 2042 réussit le tour de force de resserrer son expérience tout en l’ouvrant à une multitude de nouveaux horizons. Si il est trop tôt pour parler du « meilleur Battlefield », nul doute que nous tenons ici l’un des plus marquants.

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Battlefield 2042 : le test !
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