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Lux Aeterna

 
 
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Durée: 47 minutes
 
Date de sortie: 2019
 
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Posted 19 mai 2019 by

 
Full Article
 
 
Deux actrices se racontent des histoires de sorcières.
Film présenté en séance de minuit au Festival de Cannes 2019

L’avis de Quentin :

Un an après l’acclamé Climax, Gaspar Noé est de retour sur la Croisette dans la sélection officielle. Il présente un moyen-métrage du nom de Lux Aeterna. Il s’épaule de nouveau de Vincent Maraval à la production et s’arme d’un producteur insoupçonné : Yves Saint Laurent. Le moyen métrage du cinéaste français convoque les plus grandes stars de la scène française et renoue avec certains de ses anciens acteurs. On retrouvera ainsi au casting Béatrice Dalle (A L’Intérieur), Charlotte Gainsbourg (Nymphomaniac) ou encore Karl Glusman (Love).

Lux Aeterna est un film difficile à mesurer, à cerner. Le spectateur ne cessera de se demander si il assiste à un film ou bien  à un clip. La caractéristique espace-temps choisie par Noé est déroutante, les actrices et acteurs ayant pour rôle leur véritable vie. On ne parvient pas à prendre de distance sur l’oeuvre mêlant la vie privée des personnages et leur rôle.

Le moyen-métrage développe durant ses quarante premières minutes une montée en pression irrésistible menée par Béatrice Dalle. On redoute son courroux, on craint son explosion. Les trois actrices du film se retrouvent seules face à un monde d’hommes ne les consultant pas et prenant toutes les décisions à leurs places. On leur attribue un rôle d’actrice, de pantin et on ne leur laisse pas de possibilité pour s’exprimer. On assistera à une révolte des actrices en plein tournage.

Leur rôle est mis en parallèle dès les premières minutes de l’oeuvre avec les sorcières. Le cinéaste propose de revenir en introduction sur le concept de sorcellerie et la manière de punir cette science. Il parvient avec cette accroche à nous faire redouter le pire durant tout le film, on craint les sévices qui pourraient s’abattre sur nos héroïnes. Hors le cinéaste prend la décision d’infliger la punition au public à travers un stroboscope multicolore allant d’une dizaine de minutes. Un effet sur lequel Gaspar Noé prend plaisir à jouer depuis Irréversible. On assiste à une véritable expérience physique, sensorielle, visuelle. Une réussite totale sur le point de vue technique !




Cependant Noé se laisse dépasser par un scénario vide qui a pour fatalité de transformer le film en oeuvre creuse, pompeuse et prétentieuse. Il ne cesse de vouloir relancer son projet en nous envoyant des citations de grands réalisateurs en partant de Dreyer jusqu’à Bunuel, tout en passant par Fassbinder. Néanmoins, Lux Aeterna n’a pas la carrure et la force d’une oeuvre des cinéastes précédemment cités.  Après le crainte, s’installe le doute, après le doute se campe l’ennui.

L’essai du cinéaste français, pour la première fois, ne prend pas, on ne se sent près d’aucun des personnages et nous n’attendons qu’une chose, le coup de poing habituel que le cinéaste a l’habitude de nous servir. Ce dernier tardant à venir.

Lux Aeterna est un projet ambitieux qui n’a pas su trouver ses repères, ses marques, se présentant sous la forme d’une compilation des meilleurs effets techniques du cinéaste français. Une oeuvre instable, maladroite qui aurait pu être transcendante de par son propos et ses idées. Néanmoins, nous retiendrons ce final  d’anthologie qui imprime encore nos rétines et pour ce bouquet final, nous ne pouvons que saluer et remercier l’enfant terrible du cinéma hexagonal pour sa proposition singulière.


Quentin Tarantino

 


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