Le couteau de glace : le test blu-ray

Réalisateur
Umberto Lenzi
Acteurs
Carroll Baker, George Rigaud, et Ida Galli
Pays
Italie
Genre
Giallo
Durée
91 minutes
Date de sortie
24/08/1962 (salle Italie) - 21/04/2020 (blu-ray)
Notre score
7

Adolescente, Martha Caldwell a réchappé d’une catastrophe ferroviaire dans laquelle elle a vu mourir ses parents, traumatisme qui l’a rendue muette. Quinze ans ont passé quand Martha, qui vit désormais avec son oncle Ralph, féru d’occultisme, dans une propriété située à Montseny, dans les Pyrénées espagnoles, reçoit la visite de sa cousine Jenny Ascot, célèbre chanteuse résidant en Angleterre. Cette dernière est mortellement poignardée durant la nuit. La police mène son enquête, tandis que d’autres meurtres surviennent. Les soupçons se portent vers une secte sataniste, à moins qu’il ne s’agisse d’un tueur en série isolé. Dans un cas comme dans l’autre, Martha pourrait bien être la prochaine victime…

L’avis de Margaux

Un nouveau giallo s’ajoute à la liste du catalogue du Chat qui fume : Le couteau de glace (Il Coltello di ghiaccio). Réalisateur phare des films de séries B italiennes, Umberto Lenzi contribue à l’évolution du genre transalpin avec des films comme Si douces, si perverses (1969), Le Tueur à l’orchidée (1972) ou encore Spasmo (1974).  Dans Le couteau de glace il reprend ainsi les codes du genre tout en l’amenant vers d’autres formes.

Le film peut s’apparenter au giallo de type machination. Martha, personnage central féminin, est pris dans un engrenage qu’elle va devoir dénouer pour faire éclater la vérité. Tous les codes sont là comme le traumatisme lié à l’enfance par exemple (digne héritage du cinéma Hitchcockien). En effet, on apprendra plus tard l’accident mortel des parents d’un personnage clé survenu dans sa jeunesse. Les crimes s’enchaînent autour de jeunes femmes, mais ces meurtres ici ne sont nullement érotisés. Et malgré la présence du célèbre gant de cuir tenant une lame de rasoir, les meurtres ne sont pas d’une violence stylisée comme souvent (toujours ?) dans les gialli. Effectivement, Umberto Lenzi axe son film autour de la psychologie et de la machination; le spectateur est constamment baladé de fausses pistes en faux coupables. Le montage est efficacement exécuté et amène le spectateur à douter de ce qu’il voit. Des personnages apparaissent à plusieurs reprises comme de parfaits suspects et il est même question d’une enquête parallèle sur une secte satanique. A la manière du whodunit, Le couteau de glace va avancer petit à petit jusqu’à la révélation finale (surprenante ou pas pour certains).

Lenzi explore ici la personnalité et la psychologie d’un personnage féminin désenchantée, à la manière un peu de Lucio Fulci dans son délicieux Venin de la peur. Le film tient d’ailleurs la route grâce à ce personnage incarnée par l’excellente Caroll Baker, actrice fétiche du genre à l’époque (L’Adorable corps de Deborah, Si douces si perverses, Spasmo…).

Malgré ses quelques défauts de rythme, Le couteau de glace reste un très bon giallo où Umberto Lenzi a su créer une réelle atmosphère sombre et troublante (soulignée par le très beau travail de Marcello Giombini à la musique) autour d’une mystérieuse intrigue. Le couteau de glace demeure, même aujourd’hui, un thriller très efficace.

Technique

Cette très belle copie souligne, encore une fois, le superbe travail éditorial du Chat qui fume. Restaurée en HD, l’image est d’une propreté flagrante, avec de nombreux détails à l’écran. Les couleurs ressortent parfaitement et les contrastes sont très beaux ce qui met en exergue le travail de Joseph F. Agayo Hijo, chef opérateur du film.

Pour le son, seules sont disponibles les versions anglaise et italienne en DTS-HD MA 2.0, avec les sous titres français (pas toujours raccord mais il n’y a pas d’entrave à la compréhension). Les deux pistes sont tout à fait satisfaisantes et claires.

Bonus

Parmi les bonus, on trouve une très juste analyse du film par Jean-François Rauger, directeur de la programmation de la Cinémathèque française. Un entretien assez passionnant est disponible avec Umberto Lenzi qui retrace son parcours et son histoire. Le petit plus (et non des moindres) : une compilation CD de musiques de gialli dont Ton vice est une chambre close dont moi seul ai la clé, La queue du scorpion, A la recherche du plaisir, L’Etrange vice de Madame Wardh, Toutes les couleurs du vice, bref que du bonheur !

Le couteau de glace : le test blu-ray
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