1917 : le test blu-ray

Réalisateur
Sam Mendes
Acteurs
Dean-Charles Chapman, George Mackay, et Mark Strong
Pays
Grande Bretagne et USA
Genre
Guerre
Durée
119 min
Date de sortie
15/01/2020 (salle) - 24/06/2020 (blu-ray)
Notre score
9

Pris dans la tourmente de la Première Guerre Mondiale, Schofield et Blake, deux jeunes soldats britanniques, se voient assigner une mission à proprement parler impossible. Porteurs d’un message qui pourrait empêcher une attaque dévastatrice et la mort de centaines de soldats, dont le frère de Blake, ils se lancent dans une véritable course contre la montre, derrière les lignes ennemies.

Sam Mendes s’était déjà essayé au (faux) plan-séquence pour l’ouverture de Spectre, pour 1917 il passe à un autre niveau : un (faux) plan-séquence unique pour nous faire vivre en temps réel le parcours semé d’embûches de deux soldats de la Grande Guerre qui doivent délivrer en quelques heures un message de la plus haute importance à l’arrière.

Ce procédé de mise en scène, utilisé entre autres à l’échelle du long-métrage dans Birdman, La Corde, L’arche russe ou Victoria (dans ces deux derniers cas un authentique plan-séquence) pour renforcer le réalisme, est raccord avec l’idée de raconter une descente en enfer, un trajet vers la mort.  Ce tour de force technique impressionnant multiplie les séquences mémorables où le héros, le caporal Will Schofield, tombe de Charybde en Scylla lors d’une mission à haut risque. Steadicam collée aux basques du personnage principal, travelling dans le décor désolé du no man’s land, les mouvements de caméra, d’une grande virtuosité et fluidité, sont au service d’une aventure immersive d’une grande puissance dramatique. La séquence d’Ecoust est à ce titre un grand moment de cinéma où la photographie du génial Roger Deakins avec ses ombres, ses lumières vives (flammes dantesques) pour figurer l’enfer sur terre est sublime.

L’émotion affleure par petite touches (la superbe scène de la Vierge à l’enfant dans les ruines d’Ecoust, l’accompagnement vers la mort d’un camarade) dans ce morceau de bravoure de deux heures.

Après s’être emparé avec brio de la mythologie James Bond dans Skyfall, Sam Mendes livre avec 1917 un classique du film de guerre récompensé par 3 Oscars.

Technique

Ce blu-ray Universal Pictures délivre des images superbes au piqué acéré et à la netteté incroyable dans de superbes plans/tableaux entre ombres et lumières conçus par le génial Roger Deakins oscarisé pour son travail avec Sam Mendes sur 1917. Pas de VF Atmos donc direction la VO où le mixage combine des ambiances très détaillées (bruissement des feuilles, rivière tempétueuse) à une fureur guerrière impressionnante (tirs, détonations, vrombissements d’avion).

Bonus

De nombreux modules très intéressants sur la fabrication du film sont proposés.

Le poids du monde : Sam Mendes (4′) : les origines du projet, il s’agit pour le réalisateur Sam Mendes d’un film personnel basé sur les histoire racontées par son grand-père qui a fait la Grande Guerre et à qui le film est dédié. Sur un scénario écrit avec Krysty Wilson-Cairns, Mendes voulait montrer la guerre du point de vue de jeunes soldats et leurs sacrifices.

Les forces alliées le tournage de 1917 (12′) : focus sur l’incroyable tour de force logistique, technique de ce plan-séquence unique pour être au plus près des personnages. Les scènes, d’une durée entre 6 et 9 minutes, étaient filmées au moyen de caméra mini Libra d’Arri, Steadycam, Technocrane, du dispostif Trinity, etc . Le directeur de la photo Roger Deakins y parle de la difficulté de tourner en décors et lumières naturels et du fait que tout devait rentrer dans le décor en raison du 360.

La musique (4′) : court module consacré à la superbe partition signée Thomas Newmann, en grande partie électronique et digitale

Dans les tranchées (7′) : zoom sur le casting

Recréer l’histoire (10′) : les multiples décors avec le production designer Dennis Gassner, fidèle collaborateur de Sam Mendes qui évoque notamment le creusement d’ 1 km de tranchées, la construction d’une ferme française dans un immense paysage et Ecoust, cité perdue cauchemardesque.

Enfin sont ajoutés deux commentaire audio, le commentaire du directeur de la photo Roger Deakins, très technique et passionnant ainsi que le commentaire du réalisateur/coscénariste Sam Mendes, plus généraliste que celui de son directeur de la photo mais somme tout agréable.

1917 : le test blu-ray
9
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