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Les fils de l homme

 

 
Overview
 

Genre:
 
Titre Original: Children of Men
 
Durée: 104
 
Realisateur: Alfonso Cuarón
 
Acteur: Clive Owen,Julianne Moore,Micheal Caine
 
Pays: Etats-Unis, Japon, Royaume-Unis
 
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Posted 18 février 2009 by

 
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Plus d’enfants, plus d’espoir, plus de futur!

Année 2027 : depuis 18 ans, aucune naissance n’a eu lieu. Theo (Clive Owen) s’est résigné à vivre dans cette société sans avenir, jusqu’au jour où son ex-compagne Julian (Julianne Moore) lui demande de protéger l’ultime espoir du genre humain : une jeune femme enceinte. Dans une course effrénée conte la montre , Theo aidé par son ami Jasper (Michael Caine), va tout tenter pour sauver le miracle que la Terre entière attendait.

 

 

 

Avis LeStein

 

 

Avec cette accroche à en faire pâlir les plus grands publicitaires, Les fils de l’homme vous plonge dans un monde improbable mais pourtant d’un réalisme à couper le souffle. Film d’anticipation déconcertant, vous ne pouvez rester de marbre face à l’histoire qui nous est conté. Ça fout les jetons et en même temps vous fait réfléchir. J’imagine les réactions à la sortie de la salle : je vois des  »wahou », des  »pfiouu », des  »j’ai bien aimé quand il courait » (ce qui est complètement con). Je pense que beaucoup d’entre nous ont dû avoir cette petite pensée : et si ça arrivait vraiment? Qu’est-ce que je ferais?

 

Les fils de l’homme est une bombe du style Fight Club mais nous allons au-delà de notre simple existence, nous suivons l’évolution  »hypothétique? » de l’humanité. Et ça force le respect. Adapté du roman  »Les fils de l’homme », écrit par P.D. James. Cette romancière bien connue dans les sentiers du criminel, nous a écrit, en 1992, un chef d’œuvre d’anticipation et de science-fiction. Près d’une décennie plus tard, Alfonso Cuarón, découvert pour beaucoup avec Y tu mamá también puis avec Harry Potter et le prisonnier D’Azkaban, malgré quelques changements inévitables pour le passage au cinéma, remet au premier plan ce genre de film au combien effrayant et spectaculaire.

 

Les fils de l’homme est un mélange dans un premier temps de Brazil, avec cet anti-héros qui ne comprend rien, embarqué dans une histoire qui le dépasse totalement. Puis 1984 et Farhenheit 475 arrivent facilement en tête lorsque l’on voit que le gouvernement baigne dans la manipulation en tout genre pour contrôler la masse afin de maintenir son pouvoir. Nous sommes dans l’opposition de Bienvenue à Gattaca où tout doit être parfait dans un monde parfait, ici, nous allons tout droit à la destruction, à la désolation et pourtant, dans les deux extrêmes, nous retrouvons la même chose : l’exclusion humaine. Tu es parfait et intelligent, tu peux faire parti de notre société. Pour Les fils de l’homme nous entrons dans une jungle urbaine où s’applique la célèbre loi du plus fort. Et finalement, pour couronner le tout, L’armée des 12 singes est en arrière plan avec ce côté médical nécessaire à la civilisation humaine, si vaste, si indomptable.

 

Si la base de l’histoire est identique, nous avons deux directions. D’un côté le livre qui nous donne une vision plus politique si une telle chose devait arriver. Theo en est une clé essentielle dans le déroulement. En effet, il est le cousin du gouverneur-dictateur du livre…c’est pour ça que l’on fait appel à lui d’ailleurs. Homme de connaissance, il délivre les événements tel un historien. Nous découvrons avec lui les multiples facettes que peut prendre l’homme surtout quand il possède le pouvoir. Le film, quant à lui, est plutôt axé sur les conditions humaines. Comment pourrait tourner l’homme s’il apprenait que sa race va mourir. Il le prendrait plutôt mal et serait prit d’un retour à l’animalité primaire où l’on doit se faire violence pour survivre? Ou tenterait-il de se laver de tous péchés commis afin d’être accueilli pour le mieux dans un autre monde?. Alfonso Cuarón dépeint une société sur le déclin que l’on tente désespérément de faire vivre. En effet, nous voyons les actes souvent pathétique de gangs au caractère humaniste tenter de sauver le monde mais qui ne désire qu’une chose, avoir le pouvoir. Des érudits veulent protéger l’art afin que le monde futur s’il y a, se souvienne de leur ancêtre. Le gouvernement, pour combattre les opposants, n’hésite pas à les envoyer dans des camps de détention, référence à John Carpenter et son New-York 1997.

 

Au final, tout se rejoint pour dire que l’humanité est pathétique et bien impuissante face à la mort.

 

Les fils de l’homme est d’une noirceur totale, vous l’aurez compris, car il paraît vrai. Le monde dépeint dans ce film est d’un réalisme surprenant. Les voitures sont certes modifiées mais sont reconnaissables, certains lieux du film ont un air de déjà vu. N’êtes-vous jamais passé dans des villes, des rues, des places, des immeubles couvert de graffitis, de déchets, des lieux abandonnés? C’est la même chose. Il me revient à l’esprit ce plan séquence exceptionnel où dans un chaos total, Theo part à la recherche de sa protégée qu’il retrouve dans un immeuble où se déroule l’affrontement entre le bien et le mal (les rebelles et la police) sans vraiment savoir qui est le bien, qui est le mal. Bref, superbe séquence qui se clôture par le départ de nos héros dans un moment de pur silence car tous sont devant la plus belle réponse face à la mort : la vie. L’humanité est ici racontée dans sa splendeur la plus totale : nous sommes capable de faire de grandes choses comme nous sommes capable de destruction. Nous avons la capacité d’aimer comme de tuer. Mais face à la mort ainsi qu’à la vie, nous ne sommes rien. L’humanité est une succession de civilisations qui se sont entretuées afin d’avoir le pouvoir selon des idéaux mais nous sommes tous restés niais devant un enfant.

 

Les personnages nous ressemblent. Les militants pour la sauvegarde de la race humaine, Les Poissons, sont le portrait craché de Greenpeace. Le gouvernement qui apparaît par bride sous les traits de la police, des lois ou de la télévision fait étrangement écho au nôtre. Theo en homme perdu, ne lutte pas pour une cause mais pour sa propre vie et ne réussit pas héroïquement de grandes choses, tout comme nous généralement. Jasper, Michael Caine, en vieux hippie, nous montre que le futur, se joue au présent mais vient surtout du passé.

 

 

 

 

 

 

 

 

L’avis de Fabien

 

 

Après le road-movie romantique (Y tu mama tambien) et le fantastique gothique (Harry Potter et le prisonnier d’Azkban, le plus réussi de la saga) le mexicain Alfonso Cuaron livre une adaptation libre très réussie du roman d’anticipation de P.D James.

 

En 2027 l’humanité est en perdition. Les femmes sont devenues stériles. Aucune naissance n’a été enregistrée depuis 18 ans. Dans une Angleterre qui, pour se préserver du chaos mondial, a adopté un régime totalitaire, Théo (Clive Owen ), ancien activiste devenu bureaucrate, est kidnappé par une organisation révolutionnaire dirigée par son ex (Julianne Moore). Sa mission : aider une jeune femme enceinte à traverser la frontière.

 

De ce tableau apocalyptique du monde en 2027 se dégage d’emblée une grande crédibilité des décors, de l’environnement sombre, des costumes, du contexte politique, économique et social.




A l’image pas de gadgets high-tech, de sophistication architecturale ou automobile mais un réalisme poisseux glaçant. L’Angleterre est un microcosme où s’agitent tous les problèmes actuels du monde : terrorisme religieux, immigration clandestine, épuisement des ressources. Le film dégage de fortes résonances avec notre actualité. Cuaron y critique subtilement les politiques du tout sécuritaire, de lutte contre l’immigration. Dans cet univers violent et désespéré où la tyrannie a pris le visage de la démocratie, une lueur d’espoir apparaît sous l’apparence d’une jeune réfugiée noire enceinte.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Film politique ambitieux, militant (beaucoup de questions liées aux conditions de délabrement mondial restent en suspens) Les fils de l’homme est surtout un grand film de poursuite encadré par deux formidables plans-séquences où la caméra, alerte, à la manière d’un reportage de guerre, suit le héros dans son chemin de croix pour sécuriser celle qui incarne l’avenir du genre humain. D’un guet-apens sauvage en forêt vécu de l’intérieur d’un véhicule au chaos d’une guerre civile dans les ruines d’un camp de réfugiés où Théo (charismatique Clive Owen en héros fatigué) et la jeune femme tentent de se frayer un chemin entre les balles et les explosions, en passant par le refuge d’un hippie joué avec jubilation par Michael Caine, Cuaron orchestre de main de maître une course poursuite effrénée et palpitante.

 

Décidemment à l’aise dans tous les genres cinématographiques, Alfonso Cuaron livre avec ces Fils de l’homme un grand film d’anticipation mêlant grand spectacle, parabole politique, archétype spirituel avec une exigence formelle et discursive ainsi qu’une force dramatique peu fréquentes dans le genre.

Bonus DVD

Documentaire, « La possibilité d’espérer » explorant les différents thèmes du film

Making-of des scènes les plus dangereuses et techniques.

Commentaire et analyse de Slavoj Zizek (visiblement un homme important).

Scènes inédites.

Documentaire « Theo & Julian » les dessous de l’histoire par Clive Owen et Julianne Moore.

Documentaire « Style futuriste », du concept à la réalisation : la vision du futur d’Alfonso Cuarón.

Alfonso Cuarón a su s’entourer d’une équipe technique exceptionnelle qui a tout mis en oeuvre pour réaliser ses visions.

 

 

Malheureusement, l’édition Collector 2 DVD est bien moins alléchante que le film en lui-même. Les menus sont de très bonne facture avec une réelle ambiance qui émane du film. Ça manque de corps dans le DVD spécial bonus, ceux-ci sont intéressants mais trop peu nombreux et pas assez complet afin de rassasier le dvdvore qui sommeille en nous. Une déception nous envahie quand nous arrivons à la fin des bonus tant nous voulons en savoir plus sans vraiment pouvoir étancher notre soif de connaissance.

A noter au passage le travail monstrueux en pré-production et post-production qui fait d’Alfonso Cuarón un grand réalisateur qui a su s’entourer d’une équipe technique exceptionnelle afin de donner vie à un chef-d’œuvre qui fait froid dans le dos.

 

 


zast

 


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