Never Grow Old : Test DVD

Réalisateur
Ivan Kavanagh
Acteurs
Emile Hirsch et John Cusack
Pays
USA
Genre
Western
Durée
100 minutes
Titre Original
Notre score
8

 

Synopsis : Un charpentier et entrepreneur de pompes funèbres irlandais, Patrick Tate, vit avec sa jeune famille à la périphérie d’une petite ville sur la route de la Californie pendant la ruée vers l’or de 1849. La vie y est dure mais paisible jusqu’à l’arrivée de Dutch Albert et sa bande de horsla-loi qui va tout faire basculer et l’obliger à protéger sa famille…

ESC pour clôturer l’année 2019, célèbre le western, non pas en dévoilant un nouveau titre dans sa collection Hollywood Westerns, mais plutôt en assurant la sortie du très surprenant Never Grow Old, un des grands moments pour le renouveau du genre. Bien que passé quasiment inaperçu lors de sa sortie en salles, l’éditeur français a su voir juste en donnant une nouvelle chance à cette oeuvre qui saura ravir les aficionados du grand Ouest et séduire les néophytes en la matière.

L’article s’articulera autour de deux axes :

I) La critique de Never Grow Old

II) Les caractéristiques de l’édition DVD

L’avis de Quentin : 

I)La critique de Never Grow Old

Never Grow Old est le sixième film réalisé par Ivan Kavanagh. Pour ce nouvel effort, le cinéaste irlandais, va convoquer deux acteurs incontournables avec John Cusack et Emile Hirsch, dans un western crépusculaire  contant l’histoire d’une petite ville, se trouvant être le reflet de la naissance d’une nation : les Etats-Unis. Nous suivons de la sorte une famille ayant élu domicile dans une petite ville sur leur route pour la Californie. La bourgade est dirigée par l’homme d’église de la ville. La loi de Dieu prend  le dessus sur la loi de l’Etat. On y découvre une cité délaissée par les commerces habituels qu’il s’agisse des maisons closes, des salons de jeu, des casinos ou tout simplement des saloons, l’alcool étant interdit dans la ville.

Cette main mise sur le pouvoir par le fanatisme religieux va alors connaître une toute autre couleur à l’arrivée de trois gangsters menés par John Cusack ayant la ferme intention de rouvrir un saloon ainsi que d’asservir la population sous un régime de terreur. Lorsque trop d’austérité  appelle à la liberté, la dépravation pointe le bout de son nez ou l’appel des extrêmes.

A travers le microcosme de ce village, se joue un combat bien plus important et imposant, celui de la construction des Etats-Unis avec une thématique encore présente de nos jours dans le pays, la confrontation bipartite entre le fanatisme chrétien et la criminalité héritée d’un peuple aux origines violentes. Les trois truands de la ville dès leur arrivée vont pousser les habitants à choisir entre le clergé ou bien une vie de crimes et de vices. Un choix entre deux extrêmes ne pouvant que mener au conflit armé. L’oeuvre de Kavanagh à l’inverse du Gangs Of New York de Martin Scorsese renvoie à une vision singulière dans le cinéma américain de ces dernières années avec l’analyse de l’émergence des Etats-Unis non plus au niveau urbain mais rural.   L’espace géographique présenté par Never Grow Old enserre l’histoire dans une atmosphère étouffante, angoissante. On y perçoit une histoire de l’homme occidental autodestructeur, qui une fois après avoir exterminé « l’étranger » (les indiens), s’extermine au sein de sa propre appartenance ethnique.

L’oeuvre nous fait suivre un père de famille, le croque-mort du village, tout juste intégré à la communauté religieuse, cheminement complexe pour une personne d’origine irlandaise, dont l’activité explose suite à l’arrivée des truands et de la traînée de cadavres de plus en plus imposante dans la ville. De par sa fonction, il se doit de négocier avec les deux entités extrêmes de la bourgade. On assiste alors au triste et rude spectacle d’un bon père de famille ne cessant de s’enfoncer dans les ténèbres, ne parvenant à fuir à cause de l’appât du gain. Emile Hirsch propose une noirceur et un complexité stupéfiante à son personnage. On voit se dessiner l’arrivée sous-jacente du capitalisme ainsi que de la mise en avant de l’avarice et de la luxure. L’appel du perfectionnement et de l’amélioration des conditions, quel qu’en soit les retombées au niveau local, national ou bien même mondial, est finement représenté avec cet homme sachant comment protéger sa famille mais n’y parvenant pas du fait de l’attractivité des richesses proposées.

Le cinéaste réussit à merveille à travailler les codes du western, tout en y apposant une approche moderne dans sa dimension crépusculaire. La violence y est brute, l’atmosphère poisseuse et l’obscurité abyssale. Les scènes de nuit plongent le regard au plus profond de la cruauté de l’être humain.

Le film parvient de manière habile à construire un récit complet avec des approches et liens complexes entre les divers protagonistes. Le cheminement narratif permet une tension crescendo tout au long de l’oeuvre dévoilant un final vertigineux, inoubliable de par sa radicalité.

Never Grow Old, marque la fin d’une décennie chargée en relecture de Western. Ainsi, après Hostiles, True Grit, Django Unchained, Bone Tomahawk, Les Frères Sisters ou encore Brimstone, le film d’Ivan Kavanagh réussit l’exploit de propulser l’univers poussiéreux de nos cowboys  d’exploitation, dans une réalisation moderne et audacieuse qu’il ne faut rater sous aucun prétexte. Une oeuvre transcendée par sa mise en scène crépusculaire, sans concession dans un face à face entre Emile Hirsch et John Cusack d’anthologie.

II) Les caractéristiques techniques de l’édition DVD

Image :

Bien que ne bénéficiant pas du support HD qui lui aurait sied à merveille, Never Grow Old dans son unique version DVD s’en sort avec les honneurs et parvient à reproduire l’atmosphère crépusculaire de l’oeuvre. Les noirs sont stables et ne saturent pas apportant de beaux contrastes et un travail sur le rendu colorimétrique très réussi. On aurait préféré avoir un niveau de détails plus ample, afin de permettre une vie plus confortable,  pour une oeuvre qui avec les années parviendra certainement à obtenir son statut d’incontournable.

Note Image : 4/5

 

Son :

L’édition DVD propose quatre pistes :

  • deux pistes françaises (2.0 et 5.1) : Une piste française honnête qui assure un bon équilibre voix et bande sonore. Cette dernière parvient à réaliser un travail réussi dans le rendu de l’atmosphère sonore qu’il s’agisse de sa version 2.0 ou bien 5.1. La version 5.1 offrant une immersion bien plus confortable.
  • deux pistes anglaises (2.0 et 5.1) : Les pistes anglaises sont très réussies laissant se délivrer les nuances dans les voix des acteurs avec une belle profondeur. L’harmonisation entre les pistes qu’elles soient vocales, musicales ou bien sonores est très bien gérée. Bien qu’avec une piste française réussie, la VO reste de nouveau la meilleure option.

De plus il sera important de noter la possibilité d’activer ou non les sous-titres offrant à la fois aux malentendants la possibilité de suivre le film avec sous-titrage mais également pour une immersion complète à destination des personnes bilingues et anglophones qui souhaiteraient découvrir le film en version originale sans sous-titres.

Note Son : 4/5

Suppléments :

L’édition DVD de Never Grow Old propose trois suppléments :

  •  Les Coulisses du tournage : D’une durée de seulement cinq minutes, il est difficile d’entrer pleinement dans l’atmosphère de création de l’oeuvre. Un bonus muet qu’on aurait préféré sous la forme d’un making-of.
  • Un entretien avec Emile Hirsch : Retour sur le rôle du père de famille par l’acteur. Un court entretien qui permet néanmoins de percevoir l’attachement de l’interprète à son personnage.
  • Un entretien avec Ivan Kavanagh : Certainement le supplément le plus qualitatif de cette édition avec l’interview du réalisateur. Un entretien allant de la genèse du film, en passant par le choix des acteurs, le lieu de tournage mais également la relation avec les différentes personnes de l’équipe du film.

Note Suppléments : 3/5

Never Grow Old : Test DVD
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