Need for Speed (2015) : nos impressions !

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6

Après son absence l’an dernier, la licence Need For Speed revient dans un opus souhaitant jouer la carte du retour aux sources. Alors, NFS cuvée 2015, digne successeur de NFS Underground ou opus en demi-teinte ?

Si la série des Need for Speed nous a abreuvé d’un nouveau volet par an depuis plus de 10 ans, elle n’a jamais eu vraiment de cesse de chercher à évoluer autant dans son gameplay que son ambiance. Depuis les rodéos de rues façon Fast & Furious (NFS Underground/Carbon) aux courses sauvages et endiablées flics/voyous agrémentées de gadgets dignes de 007 (NFS Hot Pursuit), il y a toujours eu à boire et à manger dans la licence, si bien que chaque opus a ses adeptes et ses détracteurs. En opérant un retour aux sources avec ce « reboot », le premier volet démuni de chiffre ou de sous-titre (« Need for Speed » tout court) depuis longtemps, la licence prenait certes un risque, mais un risque mesuré puisqu’elle a très vite affiché clairement son ambition de renouer avec l’esprit – et le succès – des NFS Underground et Carbon. Point de gadgets (excepté le boost) ou d’environnements sauvages, NFS 2015 mise donc à nouveau sur un univers urbain plongé dans une nuit perpétuelle où vous devrez vous immerger dans le milieu des pilotes de rodéo.

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Commençons par une des grandes qualités de ce NFS 2015, testé ici dans sa version PS4 : son ambiance et sa mise en scène. Non content d’afficher des graphismes assez impressionnants (notamment ses jeux de lumière et ses reflets), le jeu prend un parti original : réaliser l’intégralité de ses cinématiques avec de véritables acteurs (dont des personnalités du milieu) et de vrais décors. Un choix surprenant, mais finalement logique (pendant que l’équipe vidéo filmait ces scènes, les développeurs pouvaient ainsi se concentrer sur le cœur du jeu : les voitures et la conduite) et qui offre à ce NFS 2015 une atmosphère assez sympathique. D’autant que l’ensemble des cinématiques ne cède pas à la simplicité, faisant la part belle aux plans séquences filmés en vue à la première personne. Dommage qu’avec autant de soin sur le plan technique, le plan artistique ait du mal à suivre, autant du point de vue des acteurs que du scénario et des dialogues. Au final, on aura moins l’impression de suivre une plongée dans cet univers « underground » que de regarder une série américaine pour ados telle que les chaines américaines nous en servent depuis longtemps. Dommage car le potentiel était là.

Vous l’aurez compris, NFS 2015 ne brillera pas par son scénario ou ses personnages. Heureusement, le cœur du jeu n’est pas là et si l’histoire ne vous emballe guère, vous pourrez compenser avec la cinquantaine de voitures présentes dans le jeu et allant de la Ford Focus à la Ferrari. Un choix assez vaste, d’autant que chaque voiture peut compter sur des possibilités de customisation assez étendues, sans compter les réglages personnels. De quoi satisfaire le plus tatillon des puristes, d’autant que la modélisation des véhicules force le respect.

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Toutefois, là où NFS 2015 risque vraiment de diviser, c’est pour sa conduite. Alors que l’on pouvait espérer une conduite nerveuse digne de ce que la licence nous a offert par le passé, cette nouvelle cuvée semble ici un peu poussive. La sensation de vitesse a ainsi du mal à se faire sentir, y compris lorsqu’on utilise le boost, sans compter une maniabilité un peu lourde. Frustrant ! Et ce n’est pas le drift assez difficile à maitriser qui compensera. Heureusement que l’IA, nerveuse lorsque vous êtes devant elle, a une sérieuse tendance à ralentir si vous êtes à la traine, vous permettant ainsi de rattraper les autres voitures. Gentlemen, ces pilotes de rues !

L’univers scénaristique ou la conduite ont donc leurs défauts, mais ils ont toutefois le potentiel pour séduire certains joueurs. Tout dépendra des attentes et des goûts. D’autant que graphiquement, le jeu est franchement joli, dans la lignée des bandes-annonces impressionnantes qui ont fleuri sur le net durant la promotion du jeu. La ville de Ventura Bay a beau manquer un peu de vie, elle est de toute beauté – au point que la transition avec les cinématiques live sera quasi-invisible. En outre, elle affiche plusieurs éléments destructibles (un peu gadget certes) ainsi qu’une taille assez impressionnante qui ferait presque rougir Los Santos. Heureusement qu’il sera possible de se téléporter d’une mission à l’autre sans traverser la ville.

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Toutefois, il y a un point sur lequel il est difficile de faire l’impasse : la connexion internet obligatoire ! Oui, vous avez bien lu, NFS 2015 requiert une connexion internet permanente, sans quoi il ne fonctionnera pas sur votre console ! Un choix déjà malvenu en soi (désolé EA, mais tous les joueurs n’ont pas forcément une connexion internet chez eux), mais qui s’assortit d’une sensibilité assez horripilante. Pour résumer, si votre connexion subit des microcoupures l’espace d’un instant, le jeu vous ramènera illico et sans ménagement au menu principal. De quoi donner sévèrement envie de jeter le disque par la fenêtre ! Dommage, le but était louable : faire passer l’Autolog (le serveur online de NFS) a un autre niveau afin de créer une vraie communauté, et faire cohabiter différents joueurs sur la même map pendant qu’ils vaguent à leurs occupations, un peu à la manière de GTA Online.

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En soi, NFS 2015 ne manque pas de qualités, depuis sa beauté graphique en passant par sa mise en scène très cinématographique faisant la part belle aux scènes live. Mais il a également d’importants défauts sur lesquels il est difficile de faire l’impasse. Conduite un peu lourde, sensation de vitesse mollassonne, cinématiques peu intéressantes bien que techniquement réussies et surtout, SURTOUT, cette connexion internet obligatoire qui sera assurément source de déceptions et autres arrachages de cheveux chez de nombreux joueurs. Si il est difficile de recommander ou non ce Need For Speed tant cela dépendra de vos goût sur certains points, reconnaissons au moins une chose : les bases posées par ce nouvel opus en forme de reboot, si les principaux défauts sont corrigés, laissent augurer du meilleur pour les prochains opus.

Need for Speed (2015) : nos impressions !
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