Metal Gear Solid – Ground Zeroes : le test.

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Notre score
7

Metal Gear Solid. Un nom qui résonne dans l’esprit des joueurs depuis 1999 et le premier volet sorti sur Playstation. Depuis, la saga initiée par Hideo Kojima n’a cessé de surprendre au fil de ses épisodes, autant sur le plan technique (les évolutions de gameplay et de graphismes) que scénaristique (aboutissant à l’un des meilleurs univers diégétiques du jeu vidéo, voire même du cinéma). Alors que Metal Gear Solid 5 : The Phantom Pain est attendu pour l’an prochain, Kojima nous offre aujourd’hui le prologue de ce cinquième volet, baptisé pour l’occasion Ground Zeroes. Si l’intention est louable vis-à-vis des joueurs (un peu moins vis-à-vis de leur portefeuille), cette « entrée avant le plat de résistance » vaut-elle vraiment le détour ?

Vendue sur la moyenne d’une trentaine d’euros (20 pour la version dématérialisée), Ground Zeroes a très tôt souffert de nombreuses rumeurs, notamment concernant sa durée de vie où certaines sources évoquaient une campagne principale de deux ou trois heures au début, avant de s’orienter plus récemment vers une campagne d’une heure, voire moins. Si la première version avait déjà de quoi faire grincer des dents, c’est malheureusement la seconde qui est dans le vrai. En effet, autant crever tout de suite l’abcès : MGS Ground Zeroes se boucle vite. Très vite. Trop vite. Constitué d ‘un scénario n’incluant que deux objectifs à boucler (extraire deux prisonniers), vous en verrez très vite le bout, au point de peut-être même regretter votre achat (surtout si vous l’avez payé au prix fort). Et c’est là qu’il convient de faire un point.

En effet, malgré cette durée de vie et un scénario en mode « introduction » (qui a toutefois le mérite d’inclure des cinématiques impressionnantes et de résumer l’intégralité des événements des précédents opus – chronologiquement parlant -, utile pour les non-initiés ou si vous avez manqué un épisode), Ground Zeroes remplit parfaitement son objectif : offrir un aperçu de ce que nous réserve The Phantom Pain (le véritable MGS 5). A commencer par cet aspect open-world. En effet, se déroulant intégralement au sein du camp militaire Oméga, Ground Zeroes est bel et bien un mini-open world où le joueur peut aller où bon lui semble, dans les limites du camp. Un aspect certes surprenant dans une saga habituée aux « couloirs », aux zones séparées et aux temps de chargement, mais où même les fans de MGS finiront par prendre leurs marques et à apprécier cette dimension multipliant les possibilités de gameplay.

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Un gameplay qui surprend, lui aussi. Si vous êtes un fan de la première heure, vos premiers instants sur Ground Zeroes seront déboussolants tant on a la sensation de perdre une part de ce qui faisait le sel de la saga. Plus de « pauses codec » (remplacées par une radio ingame), adieu la carte dans un coin de l’écran (remplacée par un iDroid au menu dédié). Et surtout, exit la rigidité légendaire des déplacements de Snake, qui peut désormais grimper, sprinter, attaquer à peu près n’importe où et quand.  Sans compter la possibilité d’utiliser des véhicules de tous genres (jeep, blindés…) pour se déplacer discrètement, ou au contraire causer un sacré bazar. D’ailleurs, le cœur même du jeu a été élargi au point de reléguer l’infiltration au rang d’option, laisser parler la poudre n’étant plus aussi contraignant. Certes, ces changements permettent de rendre MGS accessible à un plus grand nombre, mais cela inclue le risque de perdre son identité propre. Un risque d’autant plus grand si vous avez joué à Splinter Cell Blacklist, qui suivait la même démarche : autrefois très différents dans leur gameplay, les deux ténors de l’infiltration ne sont désormais plus loin de jouer dans la même cour. Dès lors, la seule chose qui fera la différence tiendra en votre volonté d’être, ou non, discret durant l’aventure.

Côté technique par contre, force est d’avouer que Ground Zeroes ne manque pas d’atouts. Si notre test de la version next-gen viendra plus tard, la version current-gen ne sera pas loin de vous décoller la rétine, notamment pendant les phases sous une pluie nocturne (les missions secondaires diurnes étant un peu plus sobres). Certes, on dénotera un clipping très présent (apparition tardive d’éléments de décors) ou encore certains ralentissements, mais rien qui mérite de bouder son plaisir ou d’attendre à tout prix de passer à la next-gen. Côté sonore, on reste dans la lignée de la saga : du pur bonheur ! Les bruitages restent dans la lignée des précédents MGS tandis que Harry Gregson-Williams fait encore des merveilles à la musique. Sans compter la présence de la chanson Here’s to you de Joan Baez, s’intégrant à merveille. Côté doublage, l’ensemble du casting fait du très bon boulot, mais on émettra un bémol très subjectif, malgré le talent indéniable de Kiefer Sutherland : Snake avec la voix de Jack Bauer, ça le fait pas ! On attendra The Phantom Pain pour confirmer (ou pas) cette impression, mais pour l’instant, on regrettera amèrement l’éviction de David Hayter, qui donnait vie à Snake depuis le tout premier épisode.

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En l’état, MGS Ground Zeroes risque de faire débat. D’un côté, son prix un peu abusé au regard de sa durée de vie rachitique (rallongée artificiellement par des missions secondaires, dont une différente selon que vous jouiez sur Xbox ou Playstation), sans compter ses choix de gameplay et d’approche qui risquent de désorienter les fans de la saga. De l’autre côté, Ground Zeroes remplit très bien son office de prologue en termes scénaristiques  (la longue cinématique finale vaut à elle-seule le détour), et il faut bien avouer que l’on retrouve avec plaisir l’univers de Snake, à fortiori si l’on se donne la peine de chercher la discrétion à tout prix. Néanmoins, si le facteur prix/durée de vie rend difficile de conseiller ou non ce qui reste un amuse-bouche à The Phantom Pain, il faut bien être honnête : aussi cher et court soit-il, Ground Zeroes ne laisse pas de marbre.

Metal Gear Solid – Ground Zeroes : le test.
7