Mad Max : le test !

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8

Alors que Mad Max Fury Road est encore tout frais dans les mémoires, Warner et le studio Avalanche surfent sur la vague en nous offrant le jeu vidéo Mad Max. Alors, nouvelle adaptation foireuse ou vraie réussite ?

Tout d’abord, une précision s’impose : le jeu vidéo Mad Max n’est pas l’adaptation de Mad Max Fury Road ou d’un autre des précédents films. Certes, le héros est toujours Max, certes le jeu se déroule dans le même univers du Wasteland, certes on décèle ici et là quelques références plus ou moins évidentes aux films, mais c’est à peu près tout. Si vous espériez arpenter les plaines désertiques au volant du War Rig en compagnie de Furiosa et des femmes d’Immortan Joe, la déception sera de mise. Enfin, « déception », tout est question de point de vue puisqu’en l’état, Mad Max est franchement une bonne surprise, même si il faudra passer outre quelques défauts. 

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Une fois n’est pas coutume, abordons tout de suite les défauts. En premier lieu, Mad Max est assez répétitif, autant dans ses phases en véhicule que dans ses phases à pied. Si sur le papier, les missions et situations sont assez variées, elles se résument souvent en pratique à rapporter un item à un chef de guerre, à prendre d’assaut une base plus ou moins grande, à botter le popotin d’un chef de guerre et de ses Warboys ou encore à arpenter le Wasteland au volant de votre bolide. Sans compter votre quête perpétuelle de pièces de ferraille, seule et unique monnaie de ce monde dévasté.

Si cet aspect répétitif est le plus récurrent, on citera également le gameplay un peu approximatif dans les phases à pied, les interactions parfois hasardeuses (ramasser un simple objet devient vite horripilant dans certaines situations), et surtout les contrôles à la manette rapidement usants. Difficile de savoir s’il s’agit là d’une faute de design ou du fruit des contraintes qu’ont essuyé les développeurs, mais le résultat est là : la disposition des touches risque d’en désarçonner plus d’un.

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Fort heureusement, si ces défauts sont loin d’être mineurs, ils ne parviennent pas à gommer le plaisir que l’on ressent en jouant à Mad Max. Car c’est bien simple : rares sont les jeux ayant à ce point réussi à retranscrire l’essence et l’ambiance de l’univers dont il s’inspire. Prenez le level design : le Wasteland a beau être un véritable désert, il regorge néanmoins de surprises, depuis un simple panorama post-apocalyptique jusqu’à de véritables forteresses bâties sur des ruines et peuplées de personnages bien allumés. Et le pire, c’est que cet ensemble est incroyablement vivant et imprévisible, si bien qu’une simple sortie en voiture se transformera souvent en course-poursuite avec les Warboys ou en lutte contre les tempêtes de sable, vraiment bien rendues bien qu’elles transformeront parfois notre Max en poupée de chiffon volant au gré du vent. Certes, le scénario est très simpliste, mais cela reste dans la droite lignée des films de George Miller qui mettaient davantage l’accent sur la forme que sur le fond. Bref, un excellent travail de level/narrative design dont beaucoup devraient s’inspirer.

Ce compliment s’applique également à la dimension « conduite » du jeu. Les véhicules étant souvent au centre des films Mad Max, Avalanche Studios avait intérêt à ne pas se planter, et le résultat parle de lui-même puisque rarement conduire une voiture dans le désert a été aussi grisant. Bien qu’un peu handicapée par des contrôles pas toujours ergonomiques (n’oubliez pas les contrôles alternatifs pour obtenir le frein à main), la conduite est un vrai bonheur si bien qu’à la manière d’un GTA, on se surprendra parfois à rouler juste pour le plaisir. Ceci dit, votre véhicule est pensé comme un personnage à part entière dont il faudra prendre soin (attention aux dégâts), même si votre sidekick vous accompagnera en permanence pour jouer les mécanos. En outre, votre voiture devra être customisée. Armes, blindage, gadgets divers… Le choix ne manque pas et saura parfaitement s’adapter à vos préférences, vous permettant de transformer votre véhicule en vrai bolide d’assaut. Cela s’applique également à ce cher Max, dont vous pourrez personnaliser l’allure au fil de l’aventure. On regrettera juste un léger manque d’équilibrage dans le déblocage des améliorations, mais il s’agit sans doute là d’un choix pour amener le joueur à remplir les nombreuses quêtes secondaires allant des courses jusqu’au déminage, ceci afin d’aider vos alliés à assoir leur influence dans la zone face au grand méchant de l’histoire, un rejeton d’Immortan Joe.

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Si la conduite est une part majeure du jeu, Mad Max contient également de nombreuses phases à pied qui vous demanderont d’explorer certains environnements (carton jaune à la fonction « saut » quasi-inutile et mal animée) et surtout de laisser parler vos poings face aux Warboys. Si le système de combat emprunte ses très bonnes idées à Batman Arkham en misant sur le timing, les contres et les esquives, le résultat souffre d’une telle approximation qu’on sera régulièrement tenté de laisser parler la poudre malgré la rareté des balles. Et un conseil, ne négligez jamais l’utilité d’un bidon d’essence enflammé dans la face !

Bref, vous l’aurez compris, vos pérégrinations dans le Wasteland ne vous laisseront pas insensibles. Cela s’applique également à l’aspect technique du jeu. Si graphiquement, il est difficile de parler de claque, force est d’avouer qu’Avalanche a fait du très bon boulot. C’est bien simple : rarement un désert a été si bien rendu. Depuis les ruines jusqu’aux trainées de poussière en passant par les dunes ou les impressionnantes tempêtes, Mad Max flatte régulièrement la rétine. Mention aux effets d’explosion et de flammes ainsi qu’à l’étalonnage des couleurs renvoyant directement à Fury Road. Le côté sonore n’est pas en reste avec des doublages (VOST) de très bonne facture, malgré un Max plus locace que dans les films. A noter surtout des bruitages qui forcent l’admiration. Si les explosions méritent une mention, difficile de ne pas aborder le soin apporté au sound-design des moteurs, proprement ensorcelant et qui jouera pour beaucoup dans votre envie de rouler pour le plaisir.

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Difficile de conseiller ou non Mad Max. Objectivement, le jeu ne manque pas de qualités, mais souffre de certains défauts assez rebutants, notamment sa répétitivité et ses approximations de gameplay. Mais subjectivement, il faut bien avouer que l’on imaginait pas un jour pouvoir un jour affronter les Warboys dans un Wasteland aussi bien reconstitué en laissant hurler notre moteur au cœur d’une tempête. Dès lors, faisons la part des choses : si vous n’êtes pas fan de l’univers de Mad Max, le jeu pourra vous plaire sans pour autant vous laisser un souvenir impérissable. En revanche, si vous faites partie de ceux qui ont adoré Fury Road, il y a de fortes chances que malgré ses défauts, Mad Max vous offre une expérience mémorable. Faisant partie de cette dernière catégorie, c’est pourquoi votre serviteur gratifie le jeu d’une demi-étoile supplémentaire. Comme dirait l’autre, « What a lovely day ».

Mad Max : le test !
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