La Trilogie De Koker d’Abbas Kiarostami : Test Blu-ray

Réalisateur
Abbas Kiarostami
Acteurs
Ahmad Ahmad Pur, Babek Ahmad Pur, Farhad Kheradmand, Hossein Rezai, et Mohamad Ali Keshavarz
Pays
Iran
Genre
Ciné-réalité et Drame poétique
Date De Sortie Blu-ray
06/10/2020
Date de sortie en salles
1987/ 1991/1994
Notre score
10

Après avoir sorti il y a quelques semaines Le Goût De La Cerise et Le Vent Nous Emportera d’Abbas Kiarostami avec deux belles et délicates restauration 4K, l’éditeur français Potemkine revient sur le cinéma du cinéaste iranien avec la Trilogie de Koker. Les trois films, formant un arc narratif se situant dans le village reculé de Koker, est une réflexion sur la société iranienne mais également une mise en lumière autour de l’impact du temps sur les êtres, les terres et la vie.
Le coffret contient Où Est La Maison De Mon Ami ?, Et La Vie Continue et Au Travers Des Oliviers, dans de nouvelles restaurations 2K.

L’article sur le coffret Blu-Ray de La Trilogie De Koker s’articulera de la manière suivante :

I) Les critiques des films de La Trilogie de Koker d’Abbas Kiarostami

     A) La critique de Où est La Maison De Mon Ami ? 

     B) La critique de Et La Vie Continue

     C) La critique de Au Travers Des Oliviers

II) Les caractéristiques techniques des éditions Blu-rays

     A) Les caractéristiques techniques de l’édition Blu-Ray de Où Est La Maison De Mon Ami ?

     B) Les caractéristiques techniques de l’édition Blu-Ray de Et La Vie Continue 

     C) Les caractéristiques techniques de l’édition Blu-Ray de Au Travers Des Oliviers

I) Les critiques des films de La Trilogie de Koker d’Abbas Kiarostami

     A) La critique de Où est La Maison De Mon Ami ? 

Synopsis : À l’école du village de Koker, Nematzadeh néglige de faire ses devoirs sur le cahier prévu à cet effet , au prochain oubli, il sera renvoyé. Or, ce soir-là, son camarade emporte par mégarde le cahier de Nematzadeh et se lance à la recherche de la maison de son ami, dans les hameaux voisins pour lui rendre son bien…

Premier film de Kiarostami prenant pour lieu de tournage le village de Koker, Où Est La Maison De Mon Ami ? suit les pérégrinations de Ahmad, jeune garçon, traversant Koker, ses quartiers ainsi que son village limitrophe de Posteh à la recherche de son camarade, souhaitant lui rendre son cahier de travail, afin de lui éviter l’exclusion de l’école locale.
A travers ces échappées courant de la fin d’après-midi jusqu’à la nuit profonde et obscure, Kiarostami donne une lecture de l’Iran de la fin des années 80 à travers le regard d’un enfant d’une dizaine d’années. Il construit une civilisation bicéphale divisée entre l’innocence et la candeur rebelle de l’enfance face à un monde adulte  prisonnier de ses concepts et codes, esclaves d’une société créant des incultes célébrant la toute puissance du système établi.

Il installe cette impossible compréhension entre les âges dès la scène d’ouverture, au coeur de la salle de classe. Avec une configuration frontale, opposant l’enseignant aux élèves, et une manière de passer les apprentissages de façon magistrale, brouillant la possibilité d’évaluer l’époque tant la passation des savoirs semble archaïque, le film révèle une rupture terrible dans les relations entre générations qui n’est que reflet de la société toute entière.
Le professeur doit enseigner aux élèves selon les demandes académiques bien trop souvent déconnectées de la réalité du métier mais surtout de toute pédagogique, dans le seul but de créer, façonner des élèves soumis, craintifs et asservis à l’autorité émanant de l’Etat. Les élèves, quant à eux, innocents et bienveillants, se font sanctionner de manière abrupte pour des questions de formes strictes. Dans le cas présent, l’élève a réalisé ses devoirs mais n’avait pas son cahier en tant que support. Une erreur jugée impardonnable et poussant les élèves à risquer le renvoi définitif.
Loin du caractère notionnel et éducatif de milieu scolaire, l’éducation ne semble être destinée qu’à rendre docile les nouvelles générations dans un climat de peur. Abbas Kiarostami en une séquence installe le caractère dichotomique de son film, entre insouciance infantile et politique de la peur par l’institution.

Ce rapport tiraillé, entre les générations, ne cesse de ricocher tout au long du film. Les enfants du village sont tous débordés d’ordres que cela soit ceux de leur enseignant, de leurs parents, ou bien de leur famille plus éloignée. Tous semble penser que leurs demandes d’aide est plus importante que celle des autres, ouvrant une vision sociétale pour la moins égoïste, inondant le psychisme de l’enfant, plein de requêtes impossibles, qui se solderont par une sanction.
De plus, la voix de l’enfant semble inaudible à l’oreille des plus de dix-huit ans. Ils sont réduits au rang d’outils multitâches. Le jeu est relayé au rang d’anecdotes, façonnant des adultes formatés et muselés par le travail, loin de la magie imaginaire inhérente aux bambins du monde entier.

Le cinéaste transpose cette observation à travers ses plans qu’il construit pour toujours rappeler ce rapport de force. Il organise des plans aérés, équilibrés lorsqu’il s’agit du regard de l’enfant sur son monde là où il fait prendre aux constructions et architectures, fruits du monde adulte, un caractère complexe, chargé et labyrinthique, dédale informe et saturé à la logique parfois fumeuse.
Kiarostami symbolise à merveille ces différents aspects en jouant avec une empreinte qui lui est propre et deviendra récurrente dans ses oeuvres suivantes à travers la lecture bipartite de la société. Là où il travaille sur le rapport entre les enfants et les adultes, dans Où Est La Maison De Mon Ami ?, il transposera cette adversité dans l’analyse de la société à travers milieu urbain et milieu rural dès Et La Vie Continue, et ira encore bien plus loin dans Le Vent Nous Emportera.

Seule rédemption pour la plus jeune génération, sa rencontre avec les habitants les plus âgés, non formatés au régime actuel, ayant connu les différents visages d’un Iran qu’ils ne reconnaissent plus désormais, loin de la magie  de la terre, de la nature et des cieux.
L’art est relégué au rang de souvenir dispensable où tout est remplacé par un besoin de praticité, niant l’histoire d’un pays et d’un savoir-faire. Le travail sur la perte d’identité de la population est en cela perçante dans la proposition du cinéaste iranien. Lorsque les arts et l’histoire sont renvoyés au rang d’images brumeuses dans l’imaginaire collectif, la porte des dictatures est alors ouverte, avec une  civilisation décérébrée, oubliant de raisonner, penser, acceptant l’ordre, dressant l’oreille face à la voix de son maître.

Reste alors l’espoir, celui que le film insuffle chez les plus jeunes, l’espoir en la désobéissance, l’espoir en la libération des vies par l’affront, l’espoir en la liberté.
Où Est La Maison De Mon Ami ? est ce périple initiatique poétique qui regarde un monde effrayé et effrayant, où la clé, celle de la liberté, réside dans le regard de la jeunesse rebelle. Une société d’enfants résistant dans l’ombre, de manière souterraine, faisant de l’entraide, la confiance et la bienveillance, les lignes directrices de la nation de demain.

 

     B) La critique de Et La Vie Continue

Synopsis : Après le terrible tremblement de terre qui secoua le nord de l’Iran en 1990, un père et son fils partent a la recherche des deux jeunes héros du film « Ou est la maison de mon ami? ».

Quatre ans après la sortie d’Où est La Maison De Mon Ami, Kiarostami vient installer son tournage de manière bien plus sauvage que lors de sa première échappée fictionnelle sur les routes sinueuses menant au village de Koker. Le retour du cinéaste dans le village de Koker s’effectue suite à un terrible tremblement de terre qui a anéanti la région.
Comme nous l’apprendrons dans les suppléments de l’édition, avec l’analyse d’Alain Bergala, suite à ce séisme meurtrier survenu en 1990, de nombreux journalistes partirent à la recherche des jeunes héros du film de Kiarostami, Où Est La Maison De Mon Ami ?.

Face à l’ampleur de la situation, quête de citoyens/acteurs, le réalisateur iranien, quelques mois après les tragiques événements, porte sa caméra de la ville jusqu’aux collines reculées du Nord de l’Iran, entre nature et décombres, à la recherche d’un trésor, le village hors du temps de Koker. Dans son parti pris de filmer au coeur des villages dévastés, les modalités de tournage rappellent le néo-réalisme de Roberto Rosselini avec Rome, Ville Ouverte.

De manière assez douce, dans ce second film de la trilogie de Koker, nous commençons à voir le geste cinématographique de Kiarostami s’affiner, sa vision de cinéma, qui éblouira nos rétines et bercera nos âmes avec Le Vent Nous Emportera, ne cesse de prendre forme avec majesté.
Il créé une dimension qui lui est propre entre fiction et documentaire. Sa démarche de ciné-réalité réussit à travers un récit construit à nous plonger au coeur du quotidien du peuple iranien.
Dans le cas de Et La Vie Continue, le réalisateur va porter son regard sur la force d’une population qui ne porte à aucun moment un regard pessimiste sur la perte des êtres chers, sur l’anéantissement matériel d’une vie. La foi dans la notion de destin et de vie qui s’anime dans l’existence des personnes épargnées, dépasse la peine, protège les coeurs, le temps de retrouver la paix et un quotidien le plus ordinaire possible.

La réflexion autour de la foi, de façon relative à la solidité d’esprit des habitants, est fascinante.  Le film porte une double réflexion sur les rapports avec la religion et plus largement avec Dieu avec d’une part la relation du divin avec les hommes et d’autre part face à la relation entre l’entité céleste et la nature environnante, berceau de l’humanité.
Lorsque le personnage principal du film, interprété de façon très juste par Farhad Kheradmand, ira à la rencontre de la population ayant perdu des proches, ces derniers au-delà de la tristesse sont redevables pour la sauvegarde de leur vie. Ils remettent très régulièrement leur sort et celui de leur entourage entre les mains de Dieu, entité bienveillante qui dirige les vies, et de qui chaque décision se trouve légitime, même lorsqu’elle revêt les apparats de la mort.
Avec un procédé poétique et une pleine maîtrise du cinématographe, le film opère de nombreux plans mettant en parallèle la nature éternelle et imperturbable face aux constructions humaines, et éphémères, non naturelles balayées par le séisme. L’analyse sur nos modes de vie autodestructeurs face au caractère protàecteur de la nature, est porté à l’écran avec un regard humble et honnête qui est celui d’un réalisateur aux vertus indéniables.

La caméra va réussir à saisir la capacité de l’être humain à survivre, à dépasser le drame. Sans jamais verser dans des séquences misérabilistes, Abbas Kiarostami, de façon métaphorique, en s’approchant de la tragédie qui a frappé ces terres, et les zones les plus sinistrées,  ne va cesser de s’élever dans les collines iraniennes, s’approchant toujours plus de l’épicentre du séisme, d’où émane un espoir de plus en plus puissant au fur et à mesure que la voiture les mène au plus proche de Koker.

On trouve par le biais de la réflexion autour des habitants de la ville et ceux de la campagne, importante dans le cinéma de Kiarostami, le retour aux valeurs fondamentales, d’une société broyée par son régime politique dans les villes, dans sa ruralité. Une vision forte qui va délivrer dans sa conclusion une lecture hétérogène de la population iranienne, qui face à la difficulté se retrouve unie et plus que jamais armée à affronter les défis de l’avenir. Une fois de plus, Kiarostami montre le caractère rebelle d’un peuple qui, quelque soit le régime au pouvoir, gardera et conservera de manière dissimulée bien que passionnée le feu de la liberté.

Et La Vie Continue, deuxième film de la trilogie de Koker, est un acte de ciné-réalité rare où la puissance des mots et des gestes se mêle à la réalité transcendée par la focale d’un cinéaste amoureux de son pays, de son peuple qu’il célébrera envers et contre toutes les mutations politiques qu’elle soit plus ou moins autoritaire, créant une oeuvre totalement libre, où le regard aux mille merveilles de l’être humain semble être la seule limite.

C) La critique d’Au Travers Des Oliviers

Synopsis : Une équipe de cinéma arrive dans un village du nord de l’Iran dévasté par un tremblement de terre pour réaliser un film « Et la vie continue ». Hossein, jeune maçon, est engage pour un petit rôle dans le film. Sa partenaire est Farkhonde, la jeune fille du voisinage dont il est amoureux.

Au Travers Des Oliviers, clôture de la trilogie de Koker, se positionne comme oeuvre qui lie et structure avec un regard tendre, réaliste et poétique cette série de films charnière dans la filmographie d’Abbas Kiarostami.
Le film positionne et façonne toutes les bases du cinéaste iranien, désormais bien connues, qui ont été célébrées à travers le monde avec des films tels que Le Vent Nous Emportera et  Le Goût De La Cerise, lauréat de la Palme D’Or. Les motifs qui commençaient à se former dans les deux premiers volets de cette trilogie prennent en ampleur, que cela soit dans la conception de paysages acteurs, les déplacements en véhicule à dialogues socio-philosophiques entre monde rural  et monde urbain ou encore le chevauchement de la fiction avec le documentaire,  mettant en place une architecture sur laquelle va se reposer Au Travers Des Oliviers pour développer et dévoiler un travail d’orfèvre autour de l’appréciation bienveillante, honnête et sincère du cinéaste face à la société iranienne et sa population.

Il pose le cadre du film autour des coulisses de réalisation de Et La Vie Continue. A la façon d’un jeu de miroir entre fiction et réalité, le cinéaste décortique, analyse la société iranienne dans ses rapports entre les individus. Entre cinéma-réalité et oeuvre de cinéma scénarisée, l’oeuvre réussit à manier avec brio les relations entre les habitants par la mise en scène de ses protagonistes tout en  oeuvrant pour rapprocher les âmes blessées d’un village en pleine reconstruction. A travers la création, la célébration du cinéma, Kiarostami essaie de lier, rassembler une localité fissurée, ébréchée qui semble néanmoins toujours croire en l’avenir, en son prochain, en l’espoir encore et toujours.
Ainsi les amours impossibles, d’un point de vue social, se forgent par la force de la fiction, de la mise en scène, les amitiés se font, se défont, les rencontres font naître un nouveau vivier relationnel.
Au-delà du séisme ayant décimé la quasi totalité de la région, la mise en chantier du tournage, dont nous verrons les coulisses, coulisses restant pour autant toujours fiction, va lier des foyers qui ne se connaissaient pas, refondre des liens dissous par les gravas, ou encore nous rassurer sur le sort de protagonistes découvert lors du premier voyage au coeur de Koker, à savoir Ahmad Ahmadpour et son jeune ami, désormais jeunes adultes, qui avaient été laissés en suspens à la clôture du second film,  Kiarostami met en avant un théâtre poétique du temps qui passe, une estrade à l’onirisme qui fascine et révèle le caractère infini de la beauté résidant dans chaque parcelle de vie.

Dans cette confrontation entre fiction et cinéma-réalité, le réalisateur iranien réussit de manière progressive à emporter le spectateur dans une ode à la vie déconcertante, qui saisit et impressionne dans le moindre de ses plans jusqu’à une conclusion d’une poésie remarquable. La finesse avec laquelle, Kiarostami, met en place cette dimension parallèle entre réalité portée par l’espoir de la poésie, et le rêve bercé par le caractère magique du cinéma.
C’est au coeur de cette bulle, hors du temps, de la souffrance, de la douleur et des pleurs, que le film apporte à cette terre ravagée les bandages et décoctions qui lui permettront de guérir, et de s’élever à nouveau, dans un réveil doux, réconfortant et fécond.

Au Travers Des Oliviers s’affiche à la manière du septième art. Le point d’orgue d’une trilogie sans faute qui a su toucher, et saura émouvoir de nombreuses générations de cinéphiles. Le poème visuel que propose Abbas Kiarostami entre contemplation et observation d’une société en pleine renaissance économique, sociale et intellectuelle au coeur d’une nature bienveillante, loin des décombres mortifères qui pourtant l’accablent, réussit à s’élever, illuminer les coeurs, panser les maux et guérir les coeurs. Une prouesse de cinéma tout simplement unique.

 

II) Les caractéristiques techniques des éditions Blu-rays

L’édition de Potemkine se présente sous forme de fourreau cartonné très soigné, comme toujours chez l’éditeur français, renfermant trois éditions digipacks individuels des oeuvres de la trilogie de Koker : Où Est La Maison De Mon Ami ?, Et La Vie Continue et Au Travers Des Oliviers.

     A) Les caractéristiques techniques de l’édition Blu-Ray de Où Est La Maison De Mon Ami ?

Image :

Le Blu-Ray d’Où Est La Maison De Mon Ami ? est une vraie réussite permettant de redécouvrir ce premier chapitre de la trilogie de Koker sous ses plus beaux apparats. Le niveau de détails permet aux visages, aux lieux, aux paysages et dédales de la région de dévoiler toute leurs beautés. Le travail autour de la couleur est également bien organisé faisant ressortir et rayonner  le scan 2K du film.

Note Image : 4/5

Son :

Le film est proposé avec un piste DTS HD Master Audio Dual Mono en version originale (Farsi), sous-titrée français. Sans faire de prouesses, le travail autour du son est très bien travaillé, offrant un délicat support sonore qui accompagne la poésie de l’oeuvre de Kiarostami. Les voix se marient avec réussite à l’ambiance sonore créée, l’un ne prenant jamais le dessus sur l’autre dans un équilibre convenable.

Note Son : 4/5

Suppléments :

Où Est La Maison De Mon Ami ? regroupe un total de trois suppléments, et comme Potemkine en a désormais l’habitude, il s’agit de propositions essentielles pour poursuivre et prolonger l’expérience des films :

  • Le film vu par Alain Bergala (23 min) : Alain Bergala reviendra à trois reprises au sein de ce coffret, un supplément par film, pour approcher, contextualiser et décrypter les films de manière toujours très adroite, poussant à se replonger dans l’oeuvre et suivre les pistes de lectures que nous propose le critique de cinéma.
  • Séquences de Où Est La Maison De Mon Ami ? commentées par Abbas Kiarostami (72 min) : Un incontournable de cette édition Blu-ray qui permet de retrouver le cinéaste iranien, aujourd’hui disparu, donner sa lumière, son analyse sur ses propres images, ses souvenirs et anecdotes sur les séquences qui lui paraissent essentielles.
  • Répétition et variation dans la trilogie de Koker, montage réalisé par Nicolàs Longinotti : Un supplément d’un intérêt certain mais qu’il vaut mieux conserver une fois les trois films visionnés. Nicolàs Longinotti revient sur les motifs visuels récurrents à la trilogie de Koker, un contenu de courte durée qui néanmoins permet de traverser ces oeuvres de manière transversale et visuelle.

Note Suppléments : 5/5

     B) Les caractéristiques techniques de l’édition Blu-Ray de Et La Vie Continue 

Image :

Le master 2K proposé par Potemkine donne au film de Kiarostami un véritable coup de jeune, faisant redécouvrir le film. Qu’il s’agisse du piqué ou de la colorimétrie tout a été finement travaillé sur le master proposé. La finesse des visages est telle, qu’elle devient aussi essentielle que les sillons, et sentiers qui traversent les paysages que le cinéaste iranien irradie de poésie à travers sa caméra.
Néanmoins, lors des séquences filmées par la fenêtre de la voiture, les plans perdent en contrôle dans leur finesse millimétrée bien que toujours très réussis.
Une réussite indéniable qu’il est nécessaire de découvrir mais également de faire découvrir, tant le travail de l’éditeur, comme toujours, s’avère pointu et pertinent.

Note image : 4,5/5

Son : 

Le film est proposé avec un piste DTS HD Master Audio Dual Mono en version originale (Farsi), sous-titrée français. Sans surprendre et révéler un spectre volumineux dans sa proposition sonore, ce qui n’est pas l’objectif de l’oeuvre, cette piste fait honneur au travail mis en place par l’équipe du film, laissant les bruits de la nature se révéler et devenir un personnage propre à l’oeuvre, tout en offrant une mise en avant particulièrement bien introduite des voix. Un dépaysement d’une finesse digne  du cinéaste iranien.

Note Son : 4/5

Suppléments : 

Potemkine propose trois suppléments sur l’édition de Et La Vie Continue :

  • Le film vu par Alain Bergala : Une fois de plus Alain Bergala réussit à saisir la moelle de l’oeuvre du cinéaste iranien et donne une analyse pertinente du film, tout en replaçant le long-métrage dans son contexte.
    Le supplément vient répondre aux interrogations du spectateur quant aux conditions de tournage dans le cadre de la vie post-séisme qui a touché la région du village de Koker.
  • Entretien avec Ahmad Kiarostami.
  • Avec Le Vent, documentaire de Mehdi Shadizadeh : Le documentaire de Shadizadeh mérite à lui seul l’achat de l’édition tant ce documentaire de 83 minutes est essentiel pour travailler autour de la figure artistique d’Abbas Kiarostami. Le document datant tout juse de 2019 replace Kiarostami au centre des arts en Iran et va plus loin connectant l’oeuvre du cinéaste avec les arts au sens pluriel et non seulement cinématographique. Un supplément, qui dépasse de loin le caractère bonus de la section conventionnelle du marché des DVD et Blu-ray, une oeuvre indépendante qui saisit pleinement la poésie d’un réalisateur que l’on ne cessera de découvrir au fur et à mesure des visionnages.

Note Suppléments : 5/5

     C) Les caractéristiques techniques de l’édition Blu-Ray de Au Travers Des Oliviers

Image : 

Tout simplement la plus belle restauration de ce coffret. Tout est finement pensé sans négliger aucun point qu’il en aille du travail sur le piqué, la netteté des visages est stupéfiante, le caractère rêveur des paysages n’en est que décuplé, ou encore de la réflexion autour de la colorimétrie qui est d’une finesse très bien ajusté et collant à merveille avec l’oeuvre. Une grande réussite.

Note Image : 5/5

Son : 

Le film est proposé avec un piste DTS HD Master Audio Dual Mono en version originale (Farsi), sous-titrée français. Tout comme les deux premiers films, la piste sonore de Au Travers Des Oliviers est d’une finesse en accord avec le film de Kiarostami. Tout y est amené avec justesse et rigueur pour apporter et développer le caractère poétique de l’oeuvre.

Note Son : 4/5

Suppléments :

Pour clôturer cette édition Blu-ray exemplaire, Potemkine apporte pas moins de quatre suppléments sur son édition d’Au Travers Des Oliviers, venant agrémenter, avec pertinence,  les nombreux documents déjà proposés au travers des éditions des deux premiers films :

  • Le film vu par Alain Bergala (26 min) : Le critique revient sur la genèse du troisième et dernier film de cette trilogie. Il aborde les thématiques du film en partant d’une situation vécue lors du tournage de Et La Vie Continue par Abbas Kiarostami et explique le cheminement parcouru pour concevoir toute l’histoire du film entre ficition et réalité. Un supplément très documenté qui donne une mine d’informations pour posséder pleinement les enjeux du film. Un entretien clé comme lors des deux précédentes interventions de Bergala pour les deux premiers volets de la trilogie de Koker.
  • Les coulisses du tournage d’Au Travers Des Oliviers (32 min) : Un supplément pour les spectateurs qui voudront tout savoir sur l’oeuvre à travers ses coulisses à la forme de Making of laissant entrevoir les conditions de tournage.
  • Entretien avec Abbas Kiarostami (31 min) : Le supplément phare de cette édition, le cinéaste iranien revient sur ses choix et décisions autour du film. Un entretien audio reposant sur des images du film.
  • Vérités et songes, documentaire de  Jean-Pierre Limosin (52 min) :Documentaire de 1994, au cours duquel Jean-Pierre Limosin suit Kiarostami à bord de son 4×4 entre villes et villages, pour une conversation qui les mèneront jusqu’aux lieux du tournage à la rencontre des techniques de travail entre le cinéaste et son équipe.

Note suppléments : 5/5

La Trilogie De Koker d’Abbas Kiarostami : Test Blu-ray
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