La bête tue de sang froid : le test blu-ray

Réalisateur
Aldo Lado
Acteurs
Enrico Maria Salerno, Flavio Bucci, Irene Miracle, et Macha Méril
Pays
Italie
Genre
Horreur et Thriller
Durée
92 min
Date de sortie
1975 (salle) - 15/08/2020 (blu-ray)
Titre original
Notre score
7
Lisa Stradi et sa cousine Margaret Hoffenbach, âgées de seize ans, s’apprêtent à passer les fêtes de Noël à Vérone chez les parents de Lisa. Dans le train parti de Munich, elles croisent deux voyous en cavale et une bourgeoise nymphomane qui sèment le désordre. Lorsque le train est immobilisé de nuit dans une petite gare autrichienne, suite à une alerte à la bombe, les deux jeunes filles décident de changer de train et de fuir les importuns. Hélas, le trio maléfique croise à nouveau leur route. Isolées dans un wagon, Lisa et Margaret vont subir un véritable calvaire.

Un nouveau titre s’ajoute au catalogue du Chat qui fume : La bête tue de sang froid, également sorti sous le titre Le dernier train de la nuit traduction du titre original L’Ultimo treno della notte. Le film est signé Aldo Lado, réalisateur des très bons gialli Je suis vivant (1971) et Qui l’a vue mourir (1972), deux perles du genre. D’ailleurs n’hésitez pas (mais vraiment pas) à découvrir le premier également disponible au catalogue de l’éditeur.

Pour ce long métrage, Lado décide de suivre les sillons tracés par Wes Craven. Variation de La dernière maison sur la gauche (1972), La bête tue de sang froid explore le « rape and revenge », genre du cinéma d’horreur dont l’intrigue débute par un ou plusieurs viols, s’ensuit la vengeance de la victime ou de l’un de ses proches. Par le sujet choc, la plupart de ces films vont proposer une réflexion sur la violence et ses limites, et effectivement, voir le film d’Aldo Lado n’est pas de tout repos. Le spectateur, inclus dans le dispositif, va prendre part à cette aventure sordide. Il est forcé d’assister au massacre direct et froid de ces deux jeunes filles dans le train, et ce sans pouvoir détourner le regard.

Aldo Lado choisit comme décor le wagon d’un train. Choix judicieux, car l’on se sent comme pris au piège, contraint dans ce petit espace d’assister aux événements sans pouvoir s’échapper. L’atmosphère quasi claustrophobique soulignée par une lumière bleutée oppressante ajoute à ce sentiment de malaise. Là où le genre et l’intrigue jouent avec le spectateur se trouve dans la deuxième partie du film : la vengeance. Une fois forcé de regarder ses actes abominables, il va enfin assister à la punition tant attendue. La mise en scène contraste totalement avec la première partie, on passe d’un espace clos, exigu et sombre à un extérieur en pleine nature baigné de lumière du jour. La vengeance du père de l’une des victimes va ainsi débuter pour le plus grand plaisir (coupable ou non) du spectateur.

Le film d’Aldo Lado ne se résume pas donc au simple remake, il réussit à créer un film fort, qui fonctionne encore très bien aujourd’hui. Comme souvent chez cette vague de cinéastes italiens, Lado utilise le genre pour faire une critique de la société, notamment du pouvoir. C’est le personnage très ambivalent de Macha Méril qui incarne cette bourgeoisie corrompue. C’est elle qui va commanditer la torture et le meurtre de ces deux jeunes filles. Elle va se servir de ces deux voyous pour assouvir ses pulsions les plus enfouies. Macha Méril est d’ailleurs surprenante dans ce rôle délicieusement diabolique.

Un film dérangeant certes, mais toujours aussi efficace.

Technique

Ce nouveau transfert HD conservant le format d’époque offre une vraie nouvelle vie au film d’Aldo Lado. Le travail sur l’image est remarquable, les scènes de nuit n’en sont que plus belles. La beauté de l’image et des couleurs contrastent étrangement avec la violence du propos. Dans la deuxième partie, l’image reste toujours aussi belle dans les séquences d’extérieur jouant encore une fois sur un sentiment d’ambivalence.

Pour le son, les pistes audio sont disponibles en DTS-HD Master 2.0. Le rendu est très clair et propre pour les deux versions, ce qui permet largement de profiter de la bande son concoctée, une fois de plus, par le maestro Ennio Morricone. Attention pour la version française, certains passages inédits ne sont pas doublés.

Bonus

Le Chat qui fume propose une nouvelle fois, un très bel objet qui ravira tous les collectionneurs. Parmi les bonus, un entretien avec Irene Miracle (16′) revient sur l’ensemble de sa carrière et sur sa collaboration avec le réalisateur. Le plus intéressant reste un entretien passionnant (77′) avec Aldo Lado qui parle de sa carrière et de la conception de son film.

La bête tue de sang froid : le test blu-ray
7
Plus d'articles
Last seduction : le test blu-ray