Halloween 4 : Le Retour De Michael Myers / Test Blu-Ray

Réalisateur
Dwight H Little
Acteurs
Danielle Harris, Donald Pleasence, Ellie Cornell, et George P. Wilbur
Pays
USA
Genre
Horreur et Slasher
Date de sortie (salle)
1988 (USA) 1990 (France)
Date de sortie (Combo Blu-ray/DVD)
22/07/2020
Durée
88 minutes
Notre score
7

Après l’édition luxueuse proposée par ESC du Halloween de John Carpenter, il y a tout juste un an, l’éditeur français revient et offre pour la première fois en France un support Haute Définition à Halloween 4 et 5.
A la manière du diptyque originel, Halloween 4 et Halloween 5 sont deux entités cinématographiques liées, le cinquième volet prend racine et continue l’intrigue dévoilé lors du quatrième film.

Pour les plus curieux en quête d’une collection intégrale des aventures de Michael Myers et autres contes, Halloween 2 et 3 ont été édités chez Le Chat Qui Fume l’an dernier.

L’article autour de l’édition Blu-ray d’Halloween 4 s’articulera de la manière suivante :

I) La critique d’Halloween 4 : Le Retour De Michael Myers

II) Les caractéristiques techniques de l’édition Blu-Ray

I) La critique d’Halloween 4 : Le Retour De Michael Myers

Dix ans après les atrocités et les actes de barbarie perpétrés à Haddonfield, Michael Myers est de retour. Après un Halloween 3, ayant essayé de s’émanciper de la figure du croquemitaine, le tueur emblématique de la culture Slasher revient en terre promise.
Le film se présente en tant que suite directe du second volet avec un bond temporel d’une décennie. Nous sommes en 1988, Laurie Strode, qui était incarnée par Jamie Lee Curtis, est morte depuis une poignée d’années et seule, reste, ultime survivante, Jamie, 7 ans,  fille unique de Laurie et par conséquent nièce de l’increvable tueur en série.

Le film réalisé par Dwight H Little ne prend pas vraiment de risque et relance la recette mise sur pied par John Carpenter et Debra Hill. Il mélange les rebondissements et scènes des deux premiers films pour concevoir une oeuvre n’innovant que sur très peu d’aspects. Il faudra attendre la scène de clôture pour entrevoir une direction nouvelle et un avenir pour le moins différent dans la saga. Néanmoins, le long-métrage propose un plaisir intense, celui de retrouver Haddonfield et Michael Myers, avec une histoire sans détour où la violence primitive est reine.

Le casting, à l’exception de Donald Pleasance en Docteur Loomis, a totalement changé. Bien que le casting soit en deça des performances d’une certaine Jamie Lee Curtis, il se défend avec justesse et parvient à créer de nouveaux personnages attachants, réussissant à donner à leur visage tout l’effroi dont Michael Myers est capable de transmettre.

Le film  explore les liens de sang entre les différents membres de la famille et leurs interconnexions. Ainsi, de manière surnaturelle, l’homme au couteau aiguisé a conscience à la fois de la mort de sa soeur mais aussi de l’existence de sa nièce. Il ressent sa présence, devine sa localisation et la traque sans relâche.
De la même manière, Jamie, la nièce Myers, ressent le Mal et l’approche imminente de ce parent éloigné encore inconnu. Elle le connait, l’imagine, le rêve, le visualise et a conscience de la volonté de traque, de mise à mort qui coule dans les veines de son oncle.
Cette interconnexion et approche extra-sensorielle, distille une touche de paranormale à la saga, qui décuple l’aspect surhumain du tueur. Il est à la fois presque impossible de l’abattre et parvient à entrer dans le subconscient des membres éloignés de sa famille. Le tour est joué, Halloween 4 enterre la terreur humaine de ce croquemitaine impassible des deux premiers volets pour la transformer en entité surnaturelle aux frontières de l’occulte.

Dwight H Little donne un rythme soutenu à son oeuvre, il prend très peu de temps à installer le récit et nous propulse dans une violence animale. Les morts ne cessent de pleuvoir et c’est d’ailleurs la qualité du film. Les scènes d’horreur sont nombreuses et parviennent à ancrer la rétine. Michael Myers n’a jamais été aussi radical par le passé, allant jusqu’à nettoyer, dans sa totalité, le poste de police afin de s’éviter des complications futures dans sa chasse à la gamine.

Une décennie après le macabre fait divers de la nuit d’Halloween 1978, la ville d’Haddonfield semble avoir tourné la page et oublié les tueries perpétrées. Michael Myers est devenu un symbole et les enfants se costument comme lui. Sa figure de croquemitaine a été démystifiée. Elle  est devenu un symbole mercatile et ne semble plus attiser la peur au coeur de la petite bourgade.
De la sorte, la recherche de Michael Myers par le docteur Loomis et le shérif vont être difficiles, tant les citadins ne croient plus à cette histoire, cette situation donnera naissance à quelques quiproquo bien pensés.
La manière de travailler autour du temps, et de l’évaporation de la peur est judicieuse pour réinstaller la saga sur son piédestal. En une décennie, le slasher s’est développé et Halloween fut noyé dans un torrent de films et sagas allant de Freddy à Chucky en passant par les nombreuses suites de Vendredi 13 mais également Sleepaway Camp ou encore Nightmare Beach . La culture des tueurs à l’arme blanche est en pleine explosion, au bord de la saturation, et le besoin de faire revenir le tueur originel de tout ce pan de la culture horrifique était nécessaire pour rappeler la puissance du personnage de Michael Myers écrit et pensé par le maître John Carpenter. Tout comme ces bambins costumés en tueur, dans Halloween 4,  il fait bon de rappeler qu’avant d’être un amusement la figure de ce croquemitaine culte fut, est et restera l’antre du mal, une entité terrifiante, à jamais.

Contrairement au rôle majeur que jouait la police et son incapacité à arrêter cet individu solitaire, lors des deux premiers films, l’institution policière est très vite écartée dans Halloween 4. Le relais est pris par les civils et autres chasseurs du dimanche, ce qui appuie sur la débâcle américaine face à la gestion des armes. Les innocents ne tomberont plus désormais seulement de par la main du croquemitaine, la gâchette facile de certains offrira une scène incontournable et remettra en cause certains droits fondateurs des Etats-Unis.
La chasse à travers la ville se développe de la sorte à plusieurs niveaux entre Michael Myers et sa nièce mais également entre les citadins et Michael Myers, offrant une cavale sanglante que nous ne sommes pas prêts d’oublier.

La grande difficulté de la proposition est le caractère impersonnel de ses séquences là où Carpenter avait su offrir une esthétique glaciale et effrayante au film original. Le travail de Dwight H Little, relève à bien des égards d’un support destiné à la télévision bien plus qu’au cinéma et c’est ici le plus grand faux pas de cette oeuvre qui quelques décennies plus tard reste néanmoins un vrai plaisir de cinéma de genre.

Halloween 4 : Le Retour De Michael Myers est une oeuvre ne sortant que très rarement du sentier tracé par John Carpenter, une décennie auparavant, et opte pour une violence plus présente bien que moins visuelle, quitte à laisser s’évaporer l’atmosphère d’épouvante originelle. Le film de Dwight H Little est efficace saisissant le spectateur dès le premier regard, le faisant sombrer dans une nuit d’Halloween nostalgique qui offre de beaux moments de cinéma d’horreur. Un plaisir instinctif et radical qui a toute sa place dans la saga Halloween, offrant un twist final anthologique.

II) Les caractéristiques techniques de l’édition Blu-Ray

Image :

Le Blu-ray du combo proposé par ESC propose une image stable et nette qui reste néanmoins plus réservée que le master 4K pour les quarante ans du premier volet. Le niveau de piqué est adapté et donne de beaux rendus sur les visages des protagonistes, les contrastes ont été ajustés avec réussite, le travail autour de la colorimétrie permet également au film d’accentuer l’impact visuel et de se  détacher de son image téléfilm.  Une très belle redécouverte.

Note image : 7/10

Son :

Le film est disponible en plusieurs versions :

  • VOST 5.1 : La version 5.1 en version originale est l’option la plus adaptée pour (re)découvrir ce quatrième volet de la saga, sans faire des merveilles, le travail sonore a été exécuté avec finesse. L’équilibre entre les effets sonores, la bande-son et les voix est particulièrement bien calibré. Les aigus et les graves ne saturent pas et délivrent une belle rondeur aux voix. Enfin, les enceintes surrounds permettent de nous englober pleinement au coeur de la bande originale et retrouver le frisson du thème de légende, et développer le caractère terrifiant de l’oeuvre.
  • VOST 2.0 : La VOST 2.0 réussit son essai et donne une piste stable qui néanmoins restera moins envoûtante que la piste 5.1.
  • VF Dual Mono : Le doublage français avait été réalisé sur une version plus courte du film. Certains passages utilisent donc des morceaux de la piste VOST 2.0. La version française 2.0 du film n’est pas gage de qualité tant par le doublage d’époque complètement à la ramasse, on pense à la scène de harcèlement envers Jamie dans les couloirs de l’école, que par l’équilibre entre les graves et les aigus faisant à de nombreuses reprises siffler les oreilles. La présence trop en avant des voix retire en grande partie l’atmosphère terrifiante de la bande sonore. N’hésitez pas et dirigez vous vers la VOST, bien plus adaptée.

Note Son : 6,5/10

Suppléments :

Le combo Blu-Ray/DVD de Halloween 4, Le Retour De Michael Myers contient les suppléments suivants :

  • Entretien autour du film avec Christophe Foltzer : Le rédacteur pour le site EcranLarge.com revient sur le phénomène Halloween et replace ce quatrième volet au coeur de la saga. L’entretien aborde tout d’abord l’histoire des films du point de vue de la production et de la direction suivi entre 1978 et 1988 avec l’influence de Moustapha Akkad ou encore Dino De Laurentiis.
    De manière passionnée, Foltzer nous parle du tournage du film dans des conditions difficiles en terme de temps avec une oeuvre dont le scénario commençait tout juste en janvier pour une sortie en salles pour le mois d’octobre. Le supplément s’articule ainsi autour de toute l’aventure Halloween 4 du casting jusqu’à la sortie du film et sa réception puis nous fait visiter l’avenir de la saga que nous connaissons. Une fois ce supplément terminé, il ne reste plus qu’une envie, se replonger dans l’intégralité de la série.
    L’entretien filmé par ESC est un incontournable pour voyager au coeur de la saga et approfondir ses connaissances autour de cette licence culte.
  • Le Making-Of d’Halloween 4 : Le making-of est un supplément présent sur les éditions américaines de Scream Factory. Pour la première fois, nous voyons débarquer cette mine d’informations et d’anecdotes avec des images et entretiens d’époque mais également des interventions actuelles de l’équipe du film allant des acteurs jusqu’aux producteurs en passant par le scénariste et les maquilleurs. Le bonus se visionne de manière judicieuse avec l’entretien de Foltzer permettant ainsi de cerner de manière totale et avec intérêt ce quatrième volet d’Halloween.
  • La bande annonce d’origine restaurée.

Note suppléments : 7,5/10

Halloween 4 : Le Retour De Michael Myers / Test Blu-Ray
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