Far Cry 4 : notre test !

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Genre
Durée
Titre Original
Notre score
9

Après d’innombrables bandes-annonces plus alléchantes les unes que les autres et surtout depuis notre aperçu du jeu il y a un mois, c’est peu dire qu’on attendait Far Cry 4 avec une impatience teintée de crainte. Impatience car le jeu s’annonçait comme l’un des meilleurs titres de (la fin de) l’année, crainte car après avoir ressuscité la licence avec Far Cry 3 et Blood Dragon, la barre était vraiment haute pour cet opus ! Après avoir enfin pu tester le titre dans son ensemble, faisons simple : Far Cry 4 est clairement l’un des meilleurs jeux de l’année !

Il y a tellement de qualités à aborder dans Far Cry 4, mais puisqu’il faut bien commencer quelque part, abordons tout de suite un fait : oui, Far Cry 4 ressemble beaucoup à Far Cry 3. Trop dirons certains, mais pour notre part, nous préférons considérer ce nouvel opus comme le digne prolongement d’un troisième opus qui avait redonné à la saga ses lettres de noblesse. Il faut dire que les équipes d’Ubisoft avait tant mis le paquet dans Far Cry 3 et Blood Dragon qu’on voyait mal comment elles pourraient bouleverser ce nouvel univers. Car oui, c’est clair et net, on peut désormais parler d’un véritable univers Far Cry. Un univers mis en place dans le troisième opus et prolongé par ce quatrième volet autant dans le scénario que dans le gameplay ou dans la direction artistique.

Le scénario tout d’abord. Sur le modèle du précédent volet, Far Cry 4 nous place dans la peau d’un jeune homme n’ayant rien demandé à personne et qui se retrouve malgré lui à la tête d’une rébellion contre un tyran local. Entre le 3 et le 4, on relève tout de même quelques nuances, le héros du 4 n’étant plus un étranger mais un expatrié revenant dans son pays natal, avec ce que cela implique de révélations sur son passé et de rapports aux autres personnages. Des nuances qui permettent au héros Ajay Ghaye d’être plus riche et étoffé que ne le sera jamais Jason Brody. Dommage que l’intrigue générale ne suive pas le même modèle, demeurant aussi sympathique que finalement assez anecdotique malgré le retour de certains personnages du précédent volet. Dans l’ensemble, la recette scénaristique reste donc la même que dans Far Cry 3, ce qui s’applique également au grand méchant, Pagan Min. En effet, avec Far Cry 3 et le personnage de Vaas, Ubisoft avait montré combien l’équipe avait retenu l’adage de Hitchcock « meilleur est le méchant, meilleur est le film ». Malheureusement, alors que les joueurs regrettaient que Vaas ne soit pas plus présent, Pagan Min suit le même chemin, son personnage ne bénéficiant que de quatre ou cinq apparitions dans des cut-scenes (dont certaines très courtes) sur l’ensemble d’une campagne principale pourtant très longue. Un immense regret, surtout lorsqu’on se rappelle combien son personnage était au centre de la promotion du jeu, allant jusqu’à truster la tête d’affiche de la jaquette du jeu. Toutefois, on pourrait aussi mettre ce regret sur les épaules de l’acteur Troy Baker (Joel de The Last of Us), le comédien incarnant Pagan Min avec une maestria telle que les joueurs n’auraient jamais été rassasiés, même avec le double ou le triple de présence à l’écran. Mauvais point néanmoins à Yuma, la bras-droit de Pagan Min, qui se révèle aussi peu présente que peu intéressante. Indépendamment de l’intrigue principale, on accordera toutefois un bon point aux séquences dans Shangri-La, Ubisoft nous offrant une très sympathique relecture de ce lieu imaginaire. En prime, le jeu bénéficie de plusieurs fins alternatives, dont certaines déblocables d’une manière assez originale. Une nouvelle preuve que Far Cry devient lentement, mais sûrement la licence la plus jouissive d’Ubisoft, y compris pour l’équipe du jeu qui n’hésite désormais plus à donner corps au moindre de ses délires !

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Un délire qui se ressent également dans le gameplay. Là aussi, Far Cry 3 avait changé la donne en plongeant la licence dans un open-world digne d’un GTA sous les tropiques, incluant autant des véhicules à « emprunter » que des lieux à visiter ou des tours-radio à libérer, sans compter des séquences hallucinogènes que n’aurait pas reniées Tim Burton ou Terry Gilliam. Bonne nouvelle, tout cela est de retour dans Far Cry 4 et même plus encore ! On passera rapidement sur les tours-radios et les avant-postes pour aborder la grande nouveauté de cet opus : la verticalité. Ça n’a l’air de rien dit comme ça, mais en troquant les iles pour un environnement montagneux, Far Cry 4 franchit une nouvelle étape. Le jeu offre ainsi aux nombreuses joyeusetés aériennes de la licence (deltaplane, wingsuit…) un théâtre enfin digne d’elles, où l’on ne compte plus les opportunités de s’en donner à cœur joie à tout instant. Et encore, on ne parle pas des missions particulières qui vous permettront de voler en wingsuit au cœur même d’une avalanche : juste grisant ! De même, le gyrocoptère, nouveau venu dans la famille Far Cry, devient instantanément un incontournable et devrait régulièrement vous faciliter la vie, y compris dans la libération des tours radio. Dans la même veine, on saluera l’arrivée du pilotage automatique des voitures, une idée de génie qui donnera lieu à des poursuites armées de haute volée ! Côté action pure, on reste là aussi en terrain connu avec un arsenal toujours plus riche, dont une arbalète qui risque de faire de l’ombre à l’arc. Il est d’ailleurs bon de noter que cet opus place le bourrin et l’infiltration sur un même pied d’égalité, le joueur n’ayant qu’à choisir l’approche qu’il préfère. Si la méthode forte est toujours aussi jouissive (ça flambe et ça explose facilement dans tous les sens), le soin apporté au level design rendra souvent la furtivité bien plus agréable, au point de faire atteindre à certaines séquences le niveau d’un Dishonored. Excusez du peu ! Les missions « sous acides » font également leur grand retour en nous offrant certains des plus grands moments du jeu (la libération de l’usine vaut son pesant de cacahuètes), même si la surprise n’est plus la même après Far Cry 3. Vous l’aurez deviné, le gameplay de Far Cry 4 est si riche qu’il est quasiment impossible d’en faire le tour ici (on vous laisse la surprise des séquences de Shangri-La). On notera toutefois une IA convaincante, quoique parfois bancale, et qui nous demandera de régulièrement renouveler notre approche, y compris au sein d’une même mission. Sans compter la possibilité t’attirer des animaux grâce aux appâts, voire diriger des éléphants pour mettre un sacré bazar dans la zone. De quoi vous assurer une expérience de jeu aussi riche qu’intense !

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Venons-en enfin à la direction artistique du jeu. En troquant les îles pour un environnement montagneux, Far Cry 4 s’assurait autant d’originalité que de nouveaux défis pour l’équipe du jeu, novice dans ce domaine. Faisons simple : entre relief, végétation et lumière, la région de Kyrat est une réussite totale, sans doute l’un des plus beaux et grands environnements sauvages que le jeu vidéo nous ait offert ces dernières années. L’équipe et le moteur Dunia font tant de merveilles qu’on ne compte plus le nombre de fois où l’on sera tenté de s’arrêter pour observer le paysage que ce soit la forêt, l’eau, les étendues enneigées de l’Himalaya ou l’univers onirique de Shangri-La. Sans compter une faune surprenante de crédibilité. Il ne sera d’ailleurs pas rare de croiser un prédateur en pleine séance de chasse sur d’autres animaux. En passant, gare à vous si vous êtes à pied, les animaux n’hésitant pas à vous attaquer dès que vous passez à portée. Autant dire qu’avec un ours ou un tigre qui vous fonce dessus, il vaut mieux savoir viser juste. On émettra tout de même un regret concernant le manque de repères visuels dans la région, au point que la carte deviendra très vite votre meilleure amie. D’ailleurs, une précision : si Far Cry 4 est graphiquement somptueux, il bénéficie en prime d’une très bonne optimisation qui le rend facilement jouable en élevé sans pour autant avoir une bête de course. Comme pour parachever le tableau, nous n’avons relevé que très peu de bugs sur le titre. Un excellent point lorsqu’on le compare aux débuts chaotiques d’Assassin’s Creed Unity, du même studio. Concernant l’aspect sonore, c’est là aussi une très belle réussite avec un environnement sauvage très bien rendu à l’oreille et des sons d’armes et d’explosions très bien rendus (Watch Dogs devrait s’en inspirer). En prime, les véhicules disposent d’une radio qui vous permettra d’écouter la musique locale et même les discours de propagande, contribuant à rendre l’immersion parfaite. Soulignons également que vous aurez régulièrement l’occasion d’entendre Pagan Min au cours du jeu via la radio. Ca compenserait presque sa faible présence visuelle. Presque. De même, certaines missions feront la part belle à des musiques tierces, mais malgré un assaut de l’usine à la musique frénétique très réussie, on n’atteindra malheureusement jamais le niveau d’intensité du précédent opus avec la chevauchée des Walkyries à la fin du 3, ou de Skrillex pendant l’incendie des champs de cannabis. En revanche, ce manque d’intensité permet à d’autres moments plus intimes de s’illustrer, notamment vers la fin du jeu où certains passages ne seront pas sans évoquer l’émotion de la musique « Far Away », lors de l’entrée au Mexique de Red Dead Redemption. Un mot enfin sur le doublage : si vous en avez l’occasion, privilégiez l’excellente VOST (En VF, autant on aime beaucoup Guillaume Orsat, autant Pagan Min avec la voix de Vin Diesel et Gordon Ramsay, ça le fait vraiment pas !)

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Vous l’aurez compris, il y a beaucoup à dire sur Far Cry 4. Trop, peut-être, mais c’est à l’image d’une licence qui, depuis trois opus (en comptant Blood Dragon), semble bien décidée à décrédibiliser l’expression « le trop est l’ennemi du bien ». Incroyablement grand, beau et riche, Far Cry 4 parvient par sa générosité à compenser son intrigue finalement assez convenu et la faible présence d’un méchant qui ne demandait qu’à devenir aussi emblématique que le mythique Vaas. Certes, l’ombre de Far Cry 3 est bien présente, mais faut-il vraiment changer une équipe qui gagne, ou au contraire lui permettre d’aller toujours plus haut (c’est le cas de le dire, vu la verticalité de cet opus) ? En l’état, et secondé par une durée de vie étonnante (comptez facilement quinze/vingt heures en ligne droite pour l’intrigue principale, et encore plus pour les quêtes annexes), Far Cry 4 est une vraie réussite, et une vraie preuve d’amour de l’équipe à l’attention des joueurs !

Far Cry 4 : notre test !
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