Dying Light : le test

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Notre score
8

Si le cinéma et les séries font la part belle aux super-héros ces dernières années, ce sont les zombies qui sont souvent à l’honneur dans les jeux vidéo. Nouveau venu sur ce terrain déjà bien encombré de nombreuses licences, Dying Light avait de quoi intriguer par bien des aspects. Une fois en main, force est d’avouer que la curiosité laisse vite place à la surprise et au plaisir : Oui, Dying Light est une vraie réussite !

Dying Light est un jeu de survival horror et d’action à la première personne dont l’histoire se déroule dans un vaste monde ouvert infesté de dangers. Le jour, les joueurs exploreront un vaste environnement urbain en essayant désespérément d’y trouver toutes sortes de provisions et d’armes pour se protéger de la population infectée en perpétuelle croissance. La nuit, les infectés se montreront plus agressifs et plus violents et les chasseurs deviendront les proies. Les prédateurs qui n’apparaîtront qu’après le coucher du soleil seront plus terrifiants encore. Les joueurs devront utiliser toutes les ressources à leur disposition pour tenter de survivre jusqu’aux premières lueurs du jour.

Les premiers instants de Dying Light ont de quoi créer la surprise. Jugez plutôt : à bord d’un avion, vous effectuez un saut en parachute qu’on jurerait sorti de l’introduction de Metal Gear Solid 3 avant d’atteindre lourdement le sol, rencontrer vos premiers infectés, vous faire secourir par des survivants tout en trouvant le temps de… vous faire mordre par un infecté ! On en est qu’à la cinématique d’introduction et déjà, on sent combien les développeurs ont décidé de mettre le paquet dans leur petit bébé. Une impression qui ne fera que se confirmer tout au long des nombreuses heures que le jeu vous nécessitera pour en venir à bout.

C’est d’ailleurs l’une des grandes qualités du titre. Alors qu’on ne compte plus le nombre de titres misant sur une campagne maigrichonne, Dying Light préfère se la jouer The Last of Us en proposant une campagne qui vous demandera facilement une quinzaine d’heures pour en venir à bout. Une excellente attention qui, heureusement, va de pair avec un contenu suffisamment riche pour garantir une expérience de haute volée.

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En effet, on touche là à la plus grande qualité du titre. Alors qu’on aurait pu craindre que la composante « parkour » du titre ne soit que de la poudre aux yeux pour un simple FPS bas du front, celle-ci tient finalement toute ses promesses. On court, on saute, on grimpe, on bondit d’un immeuble à l’autre, on rentre par une fenêtre et on traverse un appartement avant de ressortir par une autre fenêtre, on descend en tyrolienne… Bref, peu importe où vous souhaitez aller, vous pourrez le faire tant que c’est physiquement possible. Une liberté qui rend les déplacements dans la ville fictive d’Harran aussi jouissifs que dans un Assassin’s Creed, les bugs en moins.

A cette liberté de déplacement, il faut également ajouter une grande liberté dans les attaques. En effet, le héros Kyle Crane aura fort à faire pour se dépêtrer des hordes de zombies, et si la fuite est à privilégier, elle n’est pas pour autant votre seule option. Si la seconde partie du jeu vous permettra d’acquérir quelques armes à feu, ce sont les armes de corps-à-corps qui seront votre principale défense dans Dying Light. Planche de bois, tuyau de métal, barre de fer, outils en tous genres… Les moyens de défense ne manquent pas, disséminés un peu partout sur la carte. C’est d’ailleurs tant mieux puisque à l’image de The Last of Us, vos armes ont une durée de vie limitée qui se réduit à chaque coup. Autant dire qu’il vaudra mieux en avoir régulièrement d’avance sur vous. Fort heureusement, vos armes sont personnalisables et votre progression vous permettra de débloquer de nombreuses customisations pour augmenter leur durée de vie ou leurs dégâts, voire même pour fabriquer des molotovs et autres projectiles. Là aussi, comme dans The Last of Us, mais quitte à s’inspirer des autres, autant que ce soit les meilleurs !

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Cette inspiration se retrouve également dans la variété de zombies qui peuplent Harran. A commencer par les infectés de base qui, et c’est une bonne nouvelle, ne sont plus des sprinteurs émérites façon Left 4 Dead, mais des comateux aussi lents que des grabataires, comme dans la série The Walking Dead. D’aucun pourront penser que cela rend le jeu plus facile : détrompez-vous car les bougres se déplacent souvent en groupe et ne manqueront pas de vous donner quelques sueurs froides en fondant sur vous dès que vous passez à leur portée. Bien sûr, des infectés spéciaux sont également au programme et c’est là qu’on retrouve l’inspiration de Left 4 Dead : sprinteurs enragés, zombies explosifs, cracheurs de bile toxique, colosses lanceurs de pierre… Tout le bestiaire du jeu de Valve a l’air de s’être donné rendez-vous dans Dying Light, au point qu’on jurerait presque être dans un spin-off auquel on aurait ajouté des adversaires humains. Ceci est évidemment à prendre sur le ton du compliment tant la licence de Valve a redéfini le jeu de zombies. On regrettera juste un manque d’équilibrage dans leurs attaques. Et puis, Dying Light peut également compter sur une petite finesse : la nuit.

En effet, surveillez bien votre montre car une fois le soleil couché, les zombies deviennent plus agressifs et une nouvelle race d’infectés apparait : les Rapaces. A mi-chemin entre les Reapers de Blade 2 et certaines créatures de Dead Space, ces saletés très rapides et aux assauts fatals risquent bien d’éveiller de réelles frayeurs en vous, au point que vous en finirez par réellement avoir peur de sortir la nuit ! Il faut dire que graphiquement, cette dernière a le mérite d’être originale puisque si les effets de lumière y sont très bien rendus, c’est l’obscurité totale qui dominera régulièrement au point que vous n’y verrez absolument rien sans votre torche. De quoi rappeler des souvenirs aux joueurs de Doom 3. A noter que si la nuit est facilement mortelle, des zones sécurisées parsèment la carte et vous permettront d’attendre l’aube sous la protection des lampes UV, voire de dormir un peu et de profiter d’une ellipse d’une demi-journée qui régénèrera en prime votre santé. Bref, vous l’aurez compris, la nuit a bénéficié d’un vrai soin et mérite bien toute la communication qui a été faite autour.

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Néanmoins, au milieu de toutes ces qualités, il faut bien relever quelques défauts. A commencer par l’équilibrage des dégâts. Si les zombies sont variés, les attaques de certains d’entre eux vous donneront régulièrement envie de vous arracher les cheveux. A commencer par le Boomer maison dont l’attaque vous vaudra une mort instantanée si vous êtes trop près ou si vous avez le malheur de le toucher. De même, le cracheur de bile toxique deviendra vite horripilant avec ses attaques à distance incessantes et sa précision de sniper. Mais le pire sera sans doute les assauts des adversaires humains dont les lames sont si difficiles à contrer qu’on sera rapidement tenté de rester discret pour les faire cramer à distance. Autre souci dû à la taille de la carte, l’absence de véhicules et de points de déplacement rapide rendra les voyages rapidement agaçants, surtout lorsqu’on doit traverser des égouts dans lesquels se repérer relève du parcours du combattant. De même, si le doublage français a le mérite d’exister, il est d’une qualité si moyenne qu’on regrettera que la VOST ne soit pas proposée d’office. Ceci dit, vu le peu d’originalité de l’intrigue, c’est une maigre perte.

Mais c’est l’aspect graphique qui risque d’énerver le plus. En effet, Dying Light a beau être vraiment joli plastiquement en plus de bénéficier d’une mise en scène de haute volée, il use et abuse de tant de filtres visuels dès que l’occasion se présente (sang, vapeur, eau, bile toxique, infection…) que cela en devient vite énervant en plus de véritablement nous aveugler en de nombreuses circonstances et surtout pendant de trop longues et précieuses secondes. L’intention est bonne, mais un peu trop généreuse dans son exécution.

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Généreux est d’ailleurs le qualificatif qui sied le mieux à Dying Light tant chaque aspect du jeu a fait l’objet d’une volonté évidente d’en mettre plein les yeux, rendant l’expérience de jeu véritablement marquante. Certes, le jeu a ses défauts qui l’empêchent d’atteindre le rang d’incontournable. Mais il brasse les genres et les références avec un tel talent qu’il est impossible de résister à son charme dès lors qu’on s’y essaye ! Vous ne pensiez pas voir un jour le mélange réussi entre Assassin’s Creed, Far Cry 4, Left 4 Dead et The Walking Dead, mais Dying Light a pourtant réussi à le faire ! Assurément l’une des meilleures surprises de ce début d’année.

Dying Light : le test
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