Batman Arkham Knight : le test !

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Notre score
9

Attendu comme le nouveau messie des jeux de super-héros depuis bientôt quatre ans, Batman Arkham Knight débarque enfin, avec la lourde tâche de faire mieux que son prédécesseur, le chef d’œuvre Arkham City. Alors, meilleur opus de la trilogie ou conclusion en demi-teinte ?

NB: test réalisé sur PS4.

N’allons pas par quatre chemins : Batman Arkham Knight est excellent, un véritable indispensable. Venant conclure avec brio la trilogie Arkham (dont nous écartons le volet Origins, réalisé par un autre studio), il réussit à contenter les fans de la première heure tout en réussissant un pari difficile : proposer une intrigue dans la droite lignée de celle d’Arkham City. Si nous éviterons de le spoiler, rappelons que Arkham City devait son statut de chef d’œuvre en grande partie à son scénario rassemblant de nombreux éléments de la mythologie du Chevalier Noir au sein d’une intrigue très bien construite en plus d’être véritablement épique. Sans compter un final particulièrement couillu. Bref, autant dire qu’après avoir mis la barre aussi haut dans Arkham City, les gars de Rocksteady avait un sérieux défi à relever pour conclure la saga dignement. Or, si tout le monde s’attendait à voir le jeu verser dans une inévitable surenchère, Rocksteady prend tout le monde par surprise en prenant une voie bien plus psychologique que l’on n’imaginait pas voir ici.

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Ainsi, si les méchants étaient les véritables héros de Arkham City et Asylum, Arkham Knight remet enfin le Chevalier Noir au premier plan en le confrontant à ses démons les plus profonds. Un choix bienvenu et finalement tout à fait logique, d’autant qu’il s’assortit d’une mise en scène absolument somptueuse offrant à un autre personnage une nouvelle occasion de s’illustrer dans un jeu de miroir très bien trouvé et qui ne sera pas sans rappeler le niveau d’Arkham Asylum ou le Joker prenait la place de Batman et inversement. La contrepartie de ce choix, c’est qu’on gagne en psychologie ce que l’on perd en dimension épique. Ainsi, alors que le retour de l’Epouvantail laissait espérer des niveaux dignes de son segment mémorable dans Arkham Asylum, ce ne sera malheureusement pas le cas. De même, alors que les bandes-annonces laissaient augurer d’une coalition des ennemis emblématiques de Batman, Arkham Knight loupe le coche en se concentrant sur l’Epouvantail et le Chevalier d’Arkham (dont l’identité est une aussi bonne idée qu’elle est traitée maladroitement). L’intrigue principale tourne ainsi majoritairement autour de ceux deux bad-guys qui n’atteignent jamais la qualité de traitement d’un Joker dans les précédents opus. Quant aux autres adversaires emblématiques tels que le Pingouin ou Double-Face, ils sont ici réduits à de simples quêtes annexes vite bouclées. Sans compter le retour de têtes vues dans Arkham Origins (réalisé par un autre studio, on le rappelle) qui semble parfois un peu artificiel, comme si Warner les avait imposés pour légitimer cette préquelle assez mal-aimée. Au final, si l’intrigue liée à l’Epouvantail et le Chevalier d’Arkham se laisse suivre sans déplaisir, on en arrive ainsi au bout sans vraiment garder en tête de moments aussi marquants que le niveau de l’Epouvantail dans Arkham Asylum. Reste heureusement certains moments de combats intérieurs de Batman qui devraient faire date dans la mémoire des joueurs. D’ailleurs, ne vous y trompez pas : si Batman Arkham Knight pourra en décevoir certains sur le plan scénaristique en comparaison des deux précédents opus, il demeure de très haute volée et offre au Chevalier Noir un très bel écrin pour la conclusion de sa trilogie. Sans compter une durée de vie impressionnante (comptez facilement une douzaine d’heures rien que pour la campagne de l’Epouvantail et du Chevalier d’Arkham). En ajoutant les quêtes annexes, préparez-vous à dire adieu à votre vie sociale pendant quelques temps !

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Après nous être attardé sur l’intrigue, venons-en au cœur de jeu : le gameplay. Si les phases de combat et déplacements à pied restent dans la droite lignée des précédents opus, on notera quelques petits ajustements et nouveautés. A commencer par une plus grande portée des coups de Batman, qui peut désormais traverser toute la pièce pendant une baston contre un groupe d’ennemis pour enchainer ses combos. Si il est évidemment toujours possible – et même souvent conseillé – de la jouer en mode infiltration, l’IA semble avoir été durcie, si bien qu’il sera moins facile qu’avant d’assommer discrètement un ennemi proche de ses collègues ou bien d’enchainer les combos sans être interrompu par une riposte. De même, le célèbre grappin a été amélioré afin de s’adapter à la taille de la carte, si bien que les cieux de Gotham City deviendront très vite aussi accessibles que ses toits ou ses rues. Si l’on regrettera que les différents quartiers de la ville se ressemblent beaucoup (merci la carte pour se repérer !), les parcourir en volant au-dessus des buildings aura quelque chose de particulièrement grisant. Et si vous avez le mal de l’air, rien ne vous empêche de prendre le volant de la Batmobile, grande nouveauté de cet opus. Si le véhicule emblématique peut sembler un peu lourd à conduire, notamment dans les poursuites et certains défis de l’Homme-Mystère, ce bridage semble finalement logique autant pour s’adapter aux rues souvent étroites et sinueuses de Gotham (on est pas à Los Santos) que pour rappeler combien la Batmobile est une véritable voiture blindée capable de détruire quasiment tous les obstacles sur sa route. Ainsi, si la dame de fer résiste très bien aux chocs et peut même traverser des murs, elle est également capable d’une simple touche de se transformer en un véritable char d’assaut lourdement armé. Rien de tel pour dézinguer les chars ennemis qui patrouillent dans tout Gotham et qui ne chercheront qu’à vous réduire en miettes. En prime, la Batmobile dispose de nombreuses options très utiles et qui seront souvent impératives pour progresser dans l’intrigue. On sent ainsi que les développeurs ont vraiment voulu mettre l’accent sur cette voiture afin de compenser avec le peu de nouveautés dédiées à Batman. Les capacités du personnage ayant sans doute atteint leur plus haut niveau à la fin d’Arkham City, ce soin accordé à la Batmobile est finalement tout à fait logique. Dans le même registre, on notera certains combats en duo avec un acolyte de Batman (Catwoman, Nightwing, Robin…) où il sera possible de switcher en un clin d’œil entre les deux personnages et même exécuter des finish moves à deux. Grisant ! Pour le reste, tous les éléments des précédents opus font leur retour, depuis le mode Detective permettant d’analyser une scène de crime jusqu’aux innombrables énigmes retorses de l’Homme-Mystère qu’il faudra terminer pour espérer atteindre les 100%.

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Côté graphique, Rocksteady a beau avoir souhaité conserver l’Unreal 3 comme moteur de jeu, le studio le maitrise avec une telle maestria que Arkham City est un vrai plaisir pour les yeux à tous les instants. Certes, il ne deviendra pas une vitrine graphique comme The Order, mais il reste dans la droite lignée des précédents Arkham tout en profitant de la puissance de la next-gen pour aller encore plus loin dans la taille et les détails de son monde. Sans compter ses personnages qui gagnent un nouveau niveau dans la modélisation et l’animation. Une jolie preuve qu’il vaut souvent mieux miser sur la maitrise que sur la nouveauté. Concluons par l’une des plus grandes qualités de la saga Arkham : son doublage. Reprenant comme à l’accoutumée les voix françaises des dessins animés Batman, le doublage est un enchantement pour les oreilles dans la droite lignée de ses prédécesseurs, au point que l’on aura qu’une envie après avoir fini le jeu : revoir la série TV de France 3 période Minikeums.

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Au final, Batman Arkham Knight risque de diviser un peu. Si son gameplay est le véritable aboutissement de tout le travail de Rocksteady depuis le premier volet, son intrigue pourra en décevoir certains qui attendaient une conclusion aussi épique qu’Arkham City. Toutefois, en choisissant une approche plus psychologique et en mettant moins l’accent sur ses ennemis que sur les démons intérieurs du héros, les développeurs ont fait le meilleur choix, celui de ramener Batman sur le devant de la scène après deux opus où ses adversaires lui volaient la vedette. Combiné à l’arrivée de la Batmobile, sans compter les innombrables qualités de la saga que l’on retrouve ici, ce choix permet à Arkham Knight et à Rocksteady d’offrir à Batman le chant du cygne qu’il mérite. « Le meilleur Batman de la série » comme le vante les affiches ? Cela dépendra de chacun. Dans tous les cas, Batman Arkham Knight est une expérience mémorable à ne manquer sous aucun prétexte.

Batman Arkham Knight : le test !
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