Tony Hawk’s Pro Skater 1+2 : le test !

Licence ayant marqué au fer rouge la Playstation 1 et bon nombre de joueurs s’y étant essayé, Tony Hawk Pro Skater (et ses spin-off) s’est malheureusement égaré plusieurs fois en cours de route au fil du temps, jusqu’à un Pro Skater 5 qui, en lieu et place d’un retour triomphant, a failli enterrer pour de bon la saga. Jusqu’à ce que cinq ans plus tard, sans doute encouragé par les bons accueils réservés à Crash Bandicoot ou Spyro, Activision ne décide de revenir aux fondamentaux avec un remake des deux premiers volets de la saga, sobrement baptisé Tony Hawk’s Pro Skater 1+2. Un choix facile certes, mais qui se révèle aujourd’hui comme le meilleur choix possible.

Pour ceux qui n’étaient pas nés dans les années 90, les premiers Tony Hawk’s Pro Skater auront su s’imposer dans le cœur des joueurs, qu’ils soient ou non adeptes de la planche à roulette, grâce à de nombreux atouts. En vrac, on retiendra notamment un level design très inspiré, un gameplay aux petits oignons misant à fond sur l’arcade, une bande-son absolument culte et plus globalement une direction artistique rendant hommage à l’histoire et la culture du skate tout en se permettant quelques joyeusetés bardées de l’humour et du grain de folie qui deviendront la marque de fabrique de la série. Avec le temps, les nouvelles générations de consoles et les changements de studio, la licence aura connu des hauts et des bas. Et si des titres comme Tony Hawk Pro Skater 5 ont tristement laissé leur empreinte, les joueurs ne cessaient de garder la foi en un come-back de la saga enfin digne des premiers épisodes sur PS1 avec lesquels nombre d’entre eux ont grandi. Visiblement entendus par l’éditeur, lui-même conforté par les excellents accueils réservés aux remakes de Crash Bandicoot, Spyro ou même CoD Modern Warfare, il semble aujourd’hui naturel que le retour en grâce tant attendu de la saga Tony Hawk se fasse avec le remake des deux premiers volets, ceux-là même qui auront fait atteindre le rang de culte à la licence.

Ne cherchant pas à réinventer la poudre, ce remake ne s’encombre d’aucun artifice. Exit le cel-shading hideux de THPS 5 ou la planche physique de TH Shred : on revient ici aux bases, les vraies, à grands renforts de tricks et combos impossibles, de figures spéciales à réaliser, de scores à atteindre, d’objets à récupérer (lettres S.K.A.T.E, cassettes secrètes, items divers…) et surtout de manches laissant deux minutes chrono pour remplir lesdits objectifs. Et pas de panique si vous avez des difficultés : les objectifs sont indépendants les uns des autres, si bien que vous pourrez très bien choisir de dédier un premier run à un objectif, le run suivant à un ou deux autres objectifs, et ainsi de suite. De quoi permettre d’améliorer vos skills et découvrir le niveau petit à petit tout en offrant un vrai éventail de possibilités à chaque run.

Bref, vous l’aurez compris, THPS 1+2 conserve ce feeling qui permettait déjà aux titres d’origine de rallier néophytes et hardcore gamer autour d’un même écran. Un feeling dû en grande partie au côté arcade du jeu, offrant – il faut l’avouer – une énorme souplesse autant en termes de physique (les sauts de hauteur improbable, l’équilibre des grinds…) que de gameplay, si bien qu’il ne sera pas difficile d’enchaîner des combos proprement WTF évidemment impossibles à réaliser en vrai, les plus hauts scores demandant heureusement de bien connaître les rouages du gameplay et du niveau. Et si ce coté arcade pourra faire hausser certains sourcils au début devant la permissivité du titre, impossible de nier que le fun emporte totalement la mise, si bien qu’il sera très vite difficile de lâcher la manette avant d’avoir complété l’objectif souhaité.

N’allez toutefois pas croire que THPS 1+2 est facile à maîtriser. Si, à l’image de certains jeux de combats, le fait d’appuyer au hasard sur les touches pourra offrir quelques jolis combos aux débutants, chaque niveau recèle de zones, objets et combos spéciaux qui vous demanderont de vraiment apprendre à connaître les niveaux, les figures et la façon de remplir la jauge « Spécial » pour débrider vos capacités et espérer rentrer les combos spéciaux sans chuter… Une jolie façon d’amener les débutants à passer pro, même si on déplorera que la façon de réaliser certains objectifs soit parfois franchement difficile à trouver, voire semble relever d’un vrai sadisme de la part des développeurs, sadisme que l’on retrouvera également dans les animations des chutes. Mais c’est aussi ça, l’esprit Tony Hawk.

Un esprit Tony Hawk qui réside également, depuis le tout premier volet, dans ses bruitages mêlant réalisme et humour décalé, et surtout ses mythiques bandes sons esprit rock/punk. Si l’on pouvait légitimement craindre que ce remake ne trahisse ses ainés pour cause de droits musicaux, les développeurs ont heureusement réussi à régler les détails juridiques pour nous ramener plusieurs musiques issues de Tony Hawk 1 et 2, le mythique Superman en faisant heureusement partie (le titre de Goldfinger a également l’honneur de l’écran-titre) tout en ajoutant bon nombre de chansons inédites. Si l’on regrettera qu’il ne soit pas possible de sélectionner la piste de son choix à la volée, on appréciera la possibilité de zapper une chanson ingame d’une pression sur un bouton, sans oublier la possibilité de composer sa propre playlist via les menus.

Toujours côté personnalisation, celles des skateurs répond également présent, autant en termes esthétiques (plusieurs tenues disponibles) que de gameplay, avec notamment des points de statistiques à gagner dans les niveaux et à dépenser pour augmenter les performances de votre skateur. On vous conseillera d’ailleurs vivement de ne pas négliger cet aspect puisque la réalisation de certains objectifs liés à la vitesse ou au saut en découlera directement. Enfin, comme dans THPS 2, la possibilité de créer et partager son skatepark est de retour, ainsi que le multijoueur tant en ligne qu’en écran splitté, de quoi allonger un peu plus la durée de vie d’un titre qui, comme son ainé, sera sans doute toujours aussi plaisant à rejouer dans 20 ans.

Si, à l’image des remakes de Crash Bandicoot ou Spyro, Tony Hawk’s Pro Skater 1+2 se contente de recopier ses ainés, il a l’intelligence de ne pas chercher à dénaturer une formule qui, 20 ans après, est toujours aussi efficace et reste apte à séduire autant les fans que les néophytes. Facile à apprivoiser, mais difficile à maîtriser, THPS 1+2 reste un vrai concentré de fun grâce à son gameplay aux petits oignons, son level design inspiré et surtout sa bande-son reprenant une large part des titres cultes des jeux originaux tout en y ajoutant quelques inédits. Si l’on aurait apprécié quelques ajouts supplémentaires comme la présence de THPS 3 ou un mode entremêlant les carrières de THPS 1 et 2 plutôt que de les scinder, ce serait tomber dans le pinaillage tant, en l’état, THPS 1+2 remplit son contrat avec brio. Un vrai bonheur !

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