
La Perle des Vosges s’apprête une nouvelle fois à vibrer au rythme du fantastique. Le Festival International du Film Fantastique de Gérardmer vient de lever le voile sur la programmation complète de sa 33e édition, qui se tiendra du 27 janvier au 1er février 2026. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que cette cuvée s’annonce particulièrement savoureuse pour les amateurs de frissons.
Sommaire
Sam Raimi ouvre le bal, Christophe Gans le clôt
Pour encadrer cette édition placée sous le signe du thème « Bas les masques ! », les organisateurs ont frappé fort. C’est le légendaire Sam Raimi, papa de la saga Evil Dead, qui ouvrira les festivités avec son nouveau long-métrage Send Help. En clôture, le public retrouvera Christophe Gans en personne, figure incontournable du fantastique hexagonal, qui présentera son très attendu Retour à Silent Hill, suite de son adaptation culte du jeu vidéo réalisée en 2006.
Olga Kurylenko à l’honneur au Festival de Gérardmer 2026
L’invitée d’honneur de cette 33e édition n’est autre qu’Olga Kurylenko. Comme elle le confie elle-même : « Dans l’imaginaire collectif, Hollywood c’est un rêve inaccessible et un conte de fées… mais pour moi, c’est avant tout beaucoup de travail. » La comédienne internationale, dont la filmographie navigue entre cinéma d’auteur, blockbusters et films de genre, verra quatre de ses films projetés :
- Alter Ego de Nicolas & Bruno (avant-première en présence des réalisateurs et de l’actrice)
- The Room de Christian Volckman
- Dans la brume de Daniel Roby
- Centurion de Neil Marshall
Neuf longs métrages en compétition officielle

Qui succèdera à In a Violent Nature de Chris Nash, Grand Prix 2025 ? Le jury présidé par Alice Taglioni devra trancher parmi une sélection internationale particulièrement éclectique :
- Cadet d’Adilkhan Yerzhanov (Kazakhstan)
- Don’t Leave the Kids Alone d’Emilio Portes
- Junk World de Takahide Hori
- Mother’s Baby de Johanna Moder (en présence de la réalisatrice)
- Nervures de Raymond St-Jean
- Redux Redux de Kevin & Michael McManus
- The Thing with Feathers de Dylan Southern
- The Weed Eaters de Callum Devlin
- Welcome Home Baby d’Andreas Prochaska (en présence du réalisateur)
CADET d’Adilkhan Yerzhanov (Kazakhstan) Une mère célibataire place son fils timide dans une prestigieuse école militaire kazakhe grâce à ses relations familiales. Marginalisé et harcelé à cause de son apparence efféminée, Serik s’enfonce peu à peu dans une spirale sombre où se mêlent fantômes, malédictions et secrets enfouis. Le prodige du cinéma kazakh, passé par Cannes avec La Tendre Indifférence du monde, signe son premier véritable film d’horreur, quelque part entre Kiyoshi Kurosawa et David Lynch.
DON’T LEAVE THE KIDS ALONE d’Emilio Portes (Mexique) Dans les années 80, Catalina, récemment veuve, est contrainte de laisser ses deux fils seuls pour la nuit. Ce qui commence comme une soirée de jeux entre frères bascule dans l’horreur psychologique quand une force invisible les pousse à croire, chacun de leur côté, que l’autre veut le tuer pour devenir l’enfant unique et préféré. Le réalisateur de Belzebuth livre un thriller domestique claustrophobique où la terreur naît de la paranoïa et de la rivalité fraternelle.
JUNK WORLD de Takahide Hori (Japon) Plus de 1000 ans avant les événements de Junk Head, ce préquel en stop-motion nous plonge dans un futur dystopique où humains et Mulligans (créatures artificielles) tentent de négocier une trêve fragile. Un robot nommé Robin escorte une commandante humaine vers la ville souterraine de Carp Bar pour enquêter sur d’étranges phénomènes. Réalisé par une équipe de seulement six personnes, ce bijou d’animation artisanale confirme le génie visionnaire de Takahide Hori.
MOTHER’S BABY de Johanna Moder (Autriche) – en présence de la réalisatrice Julia, cheffe d’orchestre de 40 ans, et son compagnon Georg rêvent d’avoir un enfant. Grâce à un traitement expérimental du mystérieux Dr. Vilfort, Julia tombe enceinte. Mais des complications surviennent pendant l’accouchement et le bébé lui est retiré sans explication. Lorsqu’elle rencontre enfin son enfant, elle ressent un étrange détachement et commence à se demander si ce bébé est vraiment le sien… Un thriller dans la veine de Rosemary’s Baby, porté par une Claes Bang délicieusement inquiétant.
NERVURES de Raymond St-Jean (Canada) À Saint-Étienne, un ancien village forestier québécois, une jeune femme lève le voile sur le mystère entourant le décès subit de son père. Alors que les incidents bizarres se multiplient dans son entourage, ce qu’elle va découvrir est encore plus sinistre et horrifiant que tout ce qu’elle aurait pu imaginer. Raymond St-Jean (Crépuscule pour un tueur) élabore une intrigante esthétique gothique où se mêlent romantisme, drame et horreur.
REDUX REDUX de Kevin & Michael McManus (USA) Pour venger la mort de sa fille, Irene Kelly voyage à travers le multivers, tuant le meurtrier de son enfant encore et encore. Mais cette quête de vengeance devient une addiction qui met en péril sa propre humanité. Quand elle sauve Mia, une adolescente sur le point de devenir la prochaine victime du tueur dans un autre univers, les deux femmes doivent décider si ce cycle sans fin vaut vraiment la peine d’être poursuivi. Un thriller de science-fiction nerveux porté par Michaela McManus (la sœur des réalisateurs).
THE THING WITH FEATHERS de Dylan Southern (Royaume-Uni) Après la mort inattendue de son épouse, un père (Benedict Cumberbatch) doit élever seul ses deux jeunes fils. Le deuil est déjà suffisamment chaotique, mais quand il prend la forme d’un corbeau géant envahissant et menaçant, la situation devient incontrôlable… ou peut-être est-ce exactement ce dont il a besoin. Adapté du roman acclamé de Max Porter, un drame fantastique sur le deuil qui rappelle Babadook par son intensité.
THE WEED EATERS de Callum Devlin (Nouvelle-Zélande) Quatre amis fêtant le Nouvel An dans une ferme isolée de Canterbury découvrent un vieux bocal de marijuana oublié depuis 1982. Après l’avoir fumée et un accident mortel avec une arbalète, ils réalisent que cette herbe leur donne une faim irrépressible… de chair humaine. Pour faire disparaître les preuves, ils décident de continuer à fumer. Mais que se passera-t-il quand la viande viendra à manquer ? Une comédie horrifique néo-zélandaise dans la grande tradition de Bad Taste et Black Sheep.
WELCOME HOME BABY d’Andreas Prochaska (Autriche) – en présence du réalisateur Judith, médecin urgentiste à Berlin, hérite d’une maison en Autriche d’une famille qu’elle n’a jamais connue et qui l’a abandonnée enfant. Sa quête pour résoudre le mystère de ses origines se transforme en voyage cauchemardesque quand elle rencontre sa mystérieuse tante Paula et une communauté féminine inquiétante. Le réalisateur de Das Boot (série) et The Dark Valley livre un thriller hallucinatoire aux accents folk-horror.
Un jury longs métrages étoilé
Autour d’Alice Taglioni, le jury rassemble Oulaya Amamra (comédienne), Nathan Ambrosioni (réalisateur & scénariste), Nadège Beausson-Diagne (comédienne, autrice & réalisatrice), Cascadeur (auteur-compositeur & interprète), Alice David (comédienne), Joséphine de Meaux (comédienne & réalisatrice) et Maud Wyler (comédienne).
Hors compétition : du très lourd
La programmation hors compétition réserve également de belles surprises :
- Cold Storage de Jonny Campbell
- Dolly de Rod Blackhurst
- I Live Here Now de Julie Pacino (en présence de la réalisatrice)
- Planètes de Momoko Seto
- Silence d’Eduardo Casanova (en présence du réalisateur)
- Vieja Loca de Martín Mauregui
- L’Odyssée de Céleste de Kid Koala (séance jeune public)
Cold Storage de Jonny Campbell réunit un trio improbable : Joe Keery (Stranger Things), Georgina Campbell (Barbarian) et Liam Neeson. Teacake et Naomi, deux employés d’un centre de stockage construit sur une ancienne base militaire, voient leur service de nuit tourner au cauchemar quand un champignon parasite, scellé par le gouvernement depuis des décennies, s’échappe des sous-sols. Avec la hausse des températures, le micro-organisme se développe, prend le contrôle du cerveau de ses victimes et détruit leurs corps. Adapté du roman de David Koepp (scénariste de Jurassic Park), cette comédie horrifique dans la veine de Slither ou Planet Terror promet du body horror généreux.
Dolly de Rod Blackhurst fait déjà figure de film culte. Tourné en 16mm pour un rendu grindhouse assumé, ce survival brutal suit Macy (Fabianne Therese), kidnappée par une créature massive portant un masque de poupée en porcelaine (incarnée par la catcheuse Max the Impaler). Dolly veut l’élever comme sa propre enfant, l’obligeant à subir des rituels d’infantilisation terrifiants. Avec Seann William Scott et Ethan Suplee dans des rôles à contre-emploi, ce mélange de Texas Chain Saw Massacre et d’extrême français a provoqué des réactions viscérales à Fantastic Fest.
I Live Here Now de Julie Pacino (en présence de la réalisatrice) marque les débuts en tant que réalisatrice de la fille d’Al Pacino. Rose (Lucy Fry), actrice en difficulté, fuit dans un motel délabré au milieu de nulle part où le temps se fracture et la réalité se déforme. Hantée par des paralysies du sommeil et des souvenirs fragmentés, elle croise des résidents étranges dont l’énigmatique Lillian (Madeline Brewer). Tourné en 35mm et 16mm, ce psychodrame lynchéen aux couleurs Technicolor explore le trauma, l’identité et la frontière fragile entre mémoire et folie. Avec Sheryl Lee (Twin Peaks) et Matt Rife au casting.
Planètes de Momoko Seto offre une parenthèse poétique. Ce film d’animation franco-belge suit Dendelion, Baraban, Léonto et Taraxa, quatre akènes de pissenlit rescapés d’explosions nucléaires qui détruisent la Terre. Projetés dans le cosmos et échoués sur une planète inconnue, ils partent en quête d’un sol propice à la survie de leur espèce. Film de clôture de la Semaine de la Critique à Cannes et lauréat du Prix FIPRESCI, cette odyssée microscopique aux allures de documentaire scientifique transformé en fable écologique est une expérience visuelle unique.
Silence d’Eduardo Casanova (en présence du réalisateur) confirme le talent provocateur du cinéaste espagnol après La Piedad. Cette mini-série en trois volets traverse les siècles à travers une famille de sœurs vampires. Au XIVe siècle, elles affrontent la pénurie de « sang pur » pendant la Peste Noire. En 1989, une descendante tombe amoureuse d’un junkie séropositif pendant la crise du SIDA en Espagne. En 2030, un couple vampire/humain contemple leur monde après une avancée médicale. Mêlant horreur gothique, queer cinema et comédie tragique sur fond de Rocío Jurado et Camilo Sesto, Casanova livre un manifeste flamboyant sur le stigmate et la résilience.
Vieja Loca de Martín Mauregui (produit par J.A. Bayona) met en scène Carmen Maura dans un rôle terrifiant. Pedro (Daniel Hendler) accepte de surveiller Alicia, la mère sénile de son ex-petite amie. Ce qui semble être un simple service devient un cauchemar claustrophobe quand Alicia, en plein épisode d’Alzheimer, le confond avec l’homme qui l’a jadis abusée et déchaîne des décennies de rage refoulée. Ce thriller psychologique ancré dans les traumatismes de l’histoire argentine transcende le simple film de « démence horrifique » pour devenir un portrait glaçant de la violence transgénérationnelle.
L’Odyssée de Céleste de Kid Koala (séance jeune public) est une merveille d’animation muette adaptée du roman graphique du DJ et compositeur montréalais. Depuis son enfance, Céleste vit avec son meilleur ami, un robot Guardianbot qui l’aide à devenir astronaute. Quand elle embarque pour sa première mission interstellaire, le robot reste seul sur Terre et doit affronter sa solitude tandis que Céleste fait face à des dangers imprévus dans l’espace. Dans la lignée de Mon Ami Robot, ce conte poétique sur le lien entre générations et le pouvoir des souvenirs touchera petits et grands.
Les Nuits Blanches pour les courageux
Le festival propose comme chaque année ses traditionnelles nuits de projection pour les plus téméraires :
La Nuit des Masques (vendredi 30 janvier à partir de 22h30) avec Dead by Dawn de Dawid Torrone et Night of the Reaper de Brandon Christensen.
La Nuit Décalée (samedi 31 janvier à partir de 00h30) avec Flush de Grégory Morin (en présence du réalisateur et de la comédienne Elodie Navarre) et Hold the Fort de William Bagley.
Rétromania : quatre classiques en version restaurée
Les amoureux des classiques ne seront pas en reste avec quatre films cultes projetés en version restaurée :
- La Famille Addams de Barry Sonnenfeld (1991)
- Nosferatu, Fantôme de la nuit de Werner Herzog (1979)
- The Descent de Neil Marshall (2005)
- The Invitation de Karyn Kusama (2015)
Neil Marshall et Joko Anwar célébrés
Pour les 20 ans de The Descent, le festival rend hommage à Neil Marshall. Le réalisateur britannique présentera son film culte restauré en 4K par Pathé et animera une masterclass le vendredi 30 janvier à 15h, modérée par le journaliste Marc Godin.
Côté cinéma international, c’est l’Indonésie qui est mise à l’honneur avec un focus consacré à Joko Anwar, figure clé du renouveau fantastique asiatique et réalisateur de Satan’s Slaves, Impetigore et Modus Anomali. Une table ronde sur « Le modèle français de soutien au cinéma, un allié du cinéma de genre asiatique » aura lieu le samedi 31 janvier, coorganisée avec le CNC.
Benjamin Rocher préside le jury courts métrages
Le jury présidé par Benjamin Rocher (La Horde) devra départager cinq courts métrages 100% français. À ses côtés : Hakim Atoui (lauréat l’an dernier à Gérardmer), le cinéaste Jean-Baptiste Durand, l’artiste drag queen et peintresse Ava Matthey (Moon) et la musicienne Simone Ringer. Le Grand Prix, remis par INSOMNIA (plateforme streaming dédiée à l’horreur), offrira au lauréat une diffusion exclusive sur la plateforme accessible via Canal+, Free, SFR, Prime Video Channels et Molotov.
Cinq courts métrages sont en lice :
- Dammen (Grégoire Graesslin)
- Dans le ventre du Léviathan (Paul Tandonnet)
- Exsanguina (Jonas Brisé)
- Gavage (Aurélien Digard)
- La dernière neige (Rodolphe Bouquet-Populus)
Dammen de Grégoire Graesslin (France, 2025, 15 min) – Deux jeunes femmes profitent des abords sauvages d’un lac isolé. Il fait beau et chaud. Avec Liv Henneguier et Clara Bretheau.
Dans le ventre du Léviathan de Paul Tandonnet (France, 2025, 20 min) – Dans l’infirmerie d’un étrange chalutier sous-marin, une chirurgienne humaine soigne un équipage entièrement composé d’androïdes-esclaves. Avec Adila Bendimerad, Radouan Leflahi et Arcadi Radeff.
Exsanguina de Jonas Brisé (France, 2025, 27 min) – Laura, 22 ans, est invitée à Paris pour rencontrer son influenceuse préférée, Isïa. Caméra à la main, elle filme chaque instant de son week-end dans le but d’en faire son premier vlog. Mais derrière les paillettes et les stories Instagram se cache une réalité bien plus glaçante. Ce qui devait être la rencontre de son idole se transforme peu à peu en une descente aux enfers. Avec Capucine Valmary, Isïa Arcangeletti et Yuming Hey.
Gavage d’Aurélien Digard (France, 2025, 26 min) – Afin de sauver sa ferme de la faillite, un éleveur de canards va être contraint de réaliser un foie gras un peu spécial pour le compte de ses employeurs. Avec Valentin Papoudof et Stéphan Wojtowicz.
La dernière neige de Rodolphe Bouquet-Populus (France, 2025, 19 min) – Dans une station de ski où la neige manque, Isabelle et Guillaume se retrouvent pris au piège sur un télésiège… Avec Guillaume Pottier et Dinara Drukarova.
Tables rondes et rencontres
Au programme également, une table ronde intitulée « L’Horreur est ailleurs » autour du métier de comédien dans le cinéma fantastique (jeudi 29 janvier à 17h30), en partenariat avec la Région Grand Est et l’association « M’as-tu vu ? ».
Infos pratiques pour ce Festival de Gérardmer 2026
- Mardi 20 janvier : mise en ligne de la grille horaire
- Samedi 24 janvier à 9h : ouverture des réservations pour les détenteurs de Pass
- Dimanche 25 janvier à 9h : mise en vente des billets à la séance
Le site officiel de la 33 ème édition du Festival International du Film Fantastique de Gérardmer
https://festival-gerardmer.com/2026/
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