Critique de Silent Hill
Titre original : Silent Hill
Réalisateur : Christophe Gans
Acteurs : Radha Mitchell, Sean Bean, Jodelle Ferland, Laurie Holden, Deborah Kara Unger, Kim Coates, Tanya Allen, Alice Krige, Nicky Guadagni, Maxine Dumont
Date de sortie : 21 avril 2006
Durée : 2h05
Genre : Horreur, MystĂšre
Pays : Canada, France, Japon
Synopsis
De plus en plus souvent, la petite Sharon rĂȘve d’une ville abandonnĂ©e, Silent Hill. Sa mĂšre, Rose, dĂ©cidĂ©e Ă comprendre l’Ă©trange mal dont souffre son enfant, dĂ©cide de l’accompagner sur place. Alors qu’elles pĂ©nĂštrent dans cet univers lugubre, Sharon disparaĂźt. Rose se lance Ă sa poursuite, mais se rend vite compte que ce lieu Ă©trange ne ressemble Ă rien de normal. NoyĂ©e dans le brouillard, peuplĂ©e d’Ă©tranges crĂ©atures, hantĂ©e par des tĂ©nĂšbres vivantes qui dĂ©vorent littĂ©ralement tout ce qu’elles touchent, cette dimension va peu Ă peu livrer ses terrifiants secrets⊠Avec l’aide de Cybil, de la police locale, Rose se jette dans une quĂȘte Ă©perdue pour arracher sa fille au monde de Silent Hill. D’indices en Ă©preuves, elle va dĂ©couvrir tout ce que Sharon risque et ce qu’elle reprĂ©sente dans une malĂ©diction qui dĂ©passe toutâŠ
Avis de Yanick Ruf
AdaptĂ© du cĂ©lĂšbre jeu vidĂ©o de Konami, Silent Hill sâimpose dĂšs ses premiĂšres images comme une rĂ©ussite visuelle et atmosphĂ©rique. La scĂšne dâouverture, magistrale, plante le dĂ©cor : une ambiance Ă la fois mystique et oppressante, un univers oĂč le brouillard sâĂ©tend comme une entitĂ© vivante, dissimulant des horreurs prĂȘtes Ă surgir Ă chaque instant. DâemblĂ©e, Christophe Gans dĂ©montre son savoir-faire en restituant lâesthĂ©tique du jeu avec une prĂ©cision presque maniaque.

La ville de Silent Hill est ici une vĂ©ritable rĂ©plique du modĂšle original : rues dĂ©sertes, bĂątiments rongĂ©s par la rouille, cendres tombant comme une neige morbide⊠Lâensemble offre un rendu saisissant, amplifiĂ© par une photographie soignĂ©e et des effets spĂ©ciaux qui transfigurent les dĂ©cors au rythme des fameuses sirĂšnes annonçant le passage vers la dimension cauchemardesque. Ces sĂ©quences de transformation, dignes dâun grand film de body horror, constituent dâailleurs certains des moments les plus marquants du film.

Tout comme dans le jeu, le spectateur suit les errances dâune hĂ©roĂŻne en quĂȘte de sa fille disparue, contrainte de rĂ©soudre des Ă©nigmes et de collecter des objets pour progresser dans cet enfer brumeux. Le rĂ©cit adopte un rythme lent, fidĂšle au tempo du jeu original, ce qui pourra dĂ©stabiliser les amateurs dâaction pure mais ravira les fans de la licence et les amoureux dâambiances pesantes. Gans privilĂ©gie la tension et la symbolique Ă la surenchĂšre gore, donnant au film une dimension presque mystique, soutenue par une excellente direction artistique et une bande sonore angoissante.

En somme, Silent Hill est une adaptation respectueuse, immersive et visuellement superbe, qui parvient Ă traduire lâessence du jeu sans la trahir. Un vrai cauchemar esthĂ©tique, entre rĂȘve, rĂ©demption et damnation, qui laissera les fans impatients de dĂ©couvrir la suite.

