0
Posted 3 mars 2010 by zast in Cinéma
 
 

Le cinéaste iranien JAFAR PANAHI arrêté !


jafar_panahi

 


JAFAR PANAHI, 49 ans, l’un des cinéastes de la « nouvelle vague  iranienne » les plus reconnus à l’étranger (il a été primé deux fois à Cannes – Caméra d’or en 1995 pour Le Ballon blanc et Prix du Jury-Un Certain Regard en 2003 pour Sang et or – et a reçu le Lion d’or à Venise en 2000 pour son film Le Cercle, puis l’Ours d’argent à Berlin pour Hors-jeu / Offside en 2006), a été arrêté lundi soir à son domicile de Téhéran par des agents du régime en civils.

 

Le procureur général de Téhéran a déclaré que l’arrestation du metteur en scène « n’était pas due à des mobiles politiques, ni à sa qualité d’artiste, mais qu’il était suspendu pour avoir commis certains délits », sans toutefois préciser la nature des « délits » en question…

Cependant, 2 sites Internet locaux d’opinions divergentes (l’opposant Rehesabz.net et le conservateur Tabnak) s’accordent à dire que Panahi a été appréhendé car il réalisait un documentaire sur les protestations après l’élection controversée du président Mahmud Ahmadinejad de juin dernier, film évidemment jugé « hostile au régime ».




 

Contraint par les autorités iraniennes de ne pouvoir quitter le pays pour avoir apporté publiquement son soutien à l’opposition (ce qui l’a empêché par exemple de se rendre à la 60ème Berlinale où il était pourtant invité d’honneur, ou bien encore au Festival International des Cinémas d’Asie (FICA) de Vesoul afin d’y recevoir un Cyclo d’or pour son engagement au service de la Liberté…), le cinéaste avait déjà été arrêté l’été dernier lors d’une cérémonie à la mémoire des victimes de la répression des manifestations, en particulier cette jeune fille dont la mort filmée en direct avait ému l’opinion mondiale.

 

Selon le site Cineuropa, en plus de sa femme et de sa fille, les réalisateurs Mohammad Rasulov, Mahnaz Mohammadi, Rokhsareh Ghaem-Maghami et le directeur de la photographie Ebrahim Ghafori ont également été interpelés au domicile de Jafar Panahi…

 

Depuis l’annonce de l’événement, une vague de pétitions réclamant la libération du cinéaste ont surgi un peu partout sur le Web (notamment sur les sites communautaires facebook et twitter).


Alors, si l’on veut bien croire que le cinéma doit rester un langage universel et libre, il convient de ne pas fermer sa porte et de supporter celui qui rêvait d’ « être la voix de l’Iran dans le monde » !



zast