Réalisateur
Todd Phillips
Acteurs
Ana de Armas, Jonah Hill, et Miles Teller
Pays
USA
Genre
Comedie, Drame, et Guerre
Durée
115 min
Titre Original
Notre score
7

Deux copains âgés d’une vingtaine d’années vivant à Miami Beach à l’époque de la guerre en Irak, profitent d’un dispositif méconnu du gouvernement fédéral, permettant à de petites entreprises de répondre à des appels d’offres de l’armée américaine. Si leurs débuts sont modestes, ils ne tardent pas à empocher de grosses sommes d’argent et à mener la grande vie. Mais les deux amis sont totalement dépassés par les événements lorsqu’ils décrochent un contrat de 300 millions de dollars destiné à armer les soldats afghans. Car, pour honorer leurs obligations, ils doivent entrer en contact avec des individus très peu recommandables… dont certains font partie du gouvernement américain…

Avis de Manu

Todd Phillips c’est plus souvent de la comédie potache, délirium régressif. Very Bad Trip, Road Trip, Retour à la fac, Starsky et Hutch, Date Limite, c’est lui. Certes il faut apprécier l’humour burlesque qui aurait laissé la subtilité au fond des tiroirs. Dans les catégories extravagantes et débridées, Phillips c’est fait un nom, presque une marque, du moins jusqu’ici.

Avec War Dogs il tente de prendre un léger virage un peu plus sérieux où la notion de comédie dramatique pourrait même être évoquée. Et c’est curieusement dans cette mixité, par forcément évidente, que le film tire toute sa force. En abordant un sujet actuel, les ventes et le trafic d’armes, au travers d’un fait divers (le film est basé sur un article du New York Times), Phillips réussi à faire détonner une filmographie jusque là divertissante mais assez puérile, bien que qualitative dans son genre.

Evidemment l’ombre opaque et dense de Lord of war plane au-dessus du film qui tente d’effacer par moments le passé cinématographique du film d’Andrew Niccol. Le défi est trop important. War Dogs se suffit à lui-même mais ne ressemble, dans le ton, pas du tout à son prédécesseur. Il faut donc tourner son regard vers le jeu des comédiens qui au final semble en être l’atout principal. Si on peut louer le talent de Jonah Hill il ne faut pas pour autant oublier, et surtout relever, une fois de plus le jeu de Miles Teller, charisme naturel, aussi doué pour les scènes dramatiques que comiques.

Bien dirigés, les deux acteurs semblent donner corps comme il se doit à ses deux jeunes américains qui ont voulu truander le Pentagone.

ARMS AND THE DUDES

Il manque simplement au film un peu de recul et d’ambiguïté sur le discours de fond, là où une dernière demi-heure semble enfin trouver le bon rythme de croisière. Pas forcément trop tard mais les parties plus « clownesques » du film peinent à se mélanger avec cet ensemble parfois bancal et qui manque d’homogénéité. Un peu de frustration donc, quant à l’ensemble du projet tant Todd Phillips semblait avoir entre les mains un joli scénario un peu subversif, dont il ne tire hélas que la partie humoristique vers le haut.

Film sans prise de risques mais réellement plaisant, War Dogs est à la fois plus intéressant qu’il n’y paraît et passe un peu à travers son sujet. Le côté drama/humour était bienvenu et un des derniers films de son réalisateur, Date limite, semblait le préposer pour un tel sujet. Il manque uniquement un peu plus d’équilibre entre l’aspect comique et le cynisme du film. C’est là que le jeu des comédiens rentre en compte, faisant tout de même passer un moment très agréable d’une comédie moins bête qu’elle n’y paraît.

War Dogs
7
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