Rise of the Tomb Raider : le test !

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Notre score
9

Près de deux mois après sa sortie sur PS4, nous avons enfin tester Rise of the Tomb Raider. Suite du reboot de 2013, le titre de Crystal Dynamics arrive sur la console de Sony un an après sa sortie sur Xbox One et PC, et six mois après son principal rival Uncharted 4. Inutile de dire qu’avec un tel retard et un tel rival, les nouvelles aventures de Lara Croft étaient attendues au tournant par tous les fans du genre. Alors, verdict ?

En 2013, le reboot de Tomb Raider faisait fi des précédents opus en posant les bases d’une toute nouvelle Lara Croft et d’une toute nouvelle approche des Tomb Raider. Là où les précédents volets nous montraient une héroïne toute en force, en maturité et en bonnets D, le reboot faisait la part belle à un personnage plus fragile, plus naturel… Bref, plus humain, dans la droite lignée du héros d’Uncharted, Nathan Drake, l’humour en moins, le côté dark en plus. Ce parallèle avec Uncharted se retrouvait également dans le gameplay reprenant une large part du style et des mécaniques de la saga de Naughty Dog. Rien de honteux dans cette inspiration, Uncharted ayant lui aussi largement puisé ses idées dans les précédents Tomb Raider, aboutissant à une véritable partie de ping-pong entre les deux licences où chaque nouvel opus était l’occasion de s’inspirer du concurrent (dernier en date : Uncharted 4 intégrant le piolet de Tomb Raider 2013). Et alors qu’Uncharted 4 a officiellement marqué la fin des aventures de notre voleur, Rise of the Tomb Raider doit, comme son nom l’indique, confirmer pour de bon le nouveau départ de Lara Croft. Et autant le dire, l’avenir s’annonce radieux pour notre pilleuse de tombes.

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Si vous avez aimé le reboot de 2013, Rise of the Tomb Raider ne devrait pas vous dépayser tant le titre reprend à la ligne près la recette de son prédécesseur. Une recette qui comprend notamment un gameplay alternant avec brio plates-formes et gunfights, le tout mâtiné de quelques énigmes et d’un peu de craft. Cette partie craft/combat est d’ailleurs l’une des principales nouveautés puisque là où le précédent opus se limitait à l’amélioration de l’équipement et des compétences (cette partie répond toujours présente), RotTB y ajoute la possibilité de fabriquer grenades et molotovs grâce à de simples conserves ou bouteilles ramassées sur le terrain. Une composante qui rappellera des souvenirs aux fans de The Last of Us (tiens tiens, encore un jeu Naughty Dog) et qui dynamise grandement les nombreux combats, ajoutant une dimension tactique bienvenue. Un aspect tactique renforcé également par un level design jouant beaucoup avec la flore et la verticalité des décors afin de multiplier les possibilités d’approche. Ainsi, selon votre préférence, il sera parfaitement possible de foncer dans le tas en mitraillant à tout-va ou alors de vous mouvoir dans l’ombre  pour prendre vos adversaires par surprise et en silence (merci l’arc, toujours aussi mis en avant). On regrettera juste que la mise à couvert se gère toujours de manière automatique et surtout une difficulté de l’IA un peu trop permissive en mode normal, si bien qu’on aura rarement le sentiment d’être vraiment vulnérable. Un conseil : jouez dans les modes ardus dès le début.

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Toujours au rayon des nouveautés, signalons la mise en avant des tombeaux, ici beaucoup plus nombreux même si l’on regrettera qu’ils ne se résument souvent qu’à une simple énigme à résoudre en utilisant vos différents gadgets (arcs, corde, explosifs…). D’autant plus frustrant qu’il ne sera pas rare de passer davantage de temps à atteindre l’entrée du tombeau qu’à résoudre l’énigme elle-même. Mais ne boudons pas notre plaisir, et espérons juste que pour le prochain opus, les développeurs nous concocteront des tombeaux bien plus complexes et vastes, à l’image de ceux qu’on trouvait dans certains Assassin’s Creed. Enfin, dernière nouveauté majeure, signalons le retour du grappin (point de plagiat d’Uncharted 4, il était déjà présent dans la saga Tomb Raider Legend) dont l’ajout donne un peu de piment à certaines phases de plates-formes.

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Voilà pour les principales nouveautés. Pour le reste, Rise of the Tomb Raider reste dans la droite lignée de son prédécesseur avec un gameplay très assisté directement hérité d’Uncharted. Pour notre part, on adore, mais il est évident que les fans des premiers Tomb Raider grinceront des dents devant l’évolution des aventures de leur héroine, autrefois très exigeantes pour les joueurs. Une évolution qui est également et surtout narrative, le reboot de 2013 ayant clairement montré combien les développeurs entendaient offrir à Lara Croft un univers narratif bien plus soigné et cinématographique. Et si le reboot réussissait avec brio cette mission, Rise of the Tomb Raider déçoit un peu. Non pas que le scénario et la mise en scène soient à la ramasse, au contraire. Mais si l’on relève bon nombre de sacrés morceaux de bravoure, l’écriture et l’interprétation de Lara Croft déçoivent un peu. En effet, en prenant pour fil rouge une quête personnelle dominée par la figure du père, on pouvait légitimement s’attendre à voir les scénaristiques approfondir la fragilité et l’humanité de Lara vis-à-vis d’elle-même et des autres personnages. Si cet aspect répond présent, le résultat est parfois à côté de la plaque tant bon nombre de moments d’émotion tombent au mieux dans l’exagération, au pire dans le faux. Une certaine déception qui nous fait légitimement demander ce qu’aurait pu donner la même intrigue entre les mains d’une Amy Hennig ou d’un Neil Druckmann. Et il ne faudra malheureusement pas compter sur les méchants pour redresser la barre tant leur traitement est franchement expédié. Petit réconfort, une scène post-générique qui laisse entendre que les créateurs ont déjà un plan pour le prochain opus.

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Sur le plan technique par contre, Rise of the Tomb Raider risque de mettre tout le monde d’accord tant le titre est un enchantement pour les sens. Visuellement, on sent le bond opéré par le passage à la new-gen, autant dans la modélisation de Lara que dans la création de l’univers où elle évolue. C’est bien simple : les niveaux sont magnifiques et surtout si immenses qu’ils en feraient rougir les ténors du genre, Uncharted 4 inclus. Et on ne parle pas du soin apporté à certains effets, la neige et le feu en tête. Tout juste regrettera-t-on des animations de personnages parfois un peu trop rigides pour un jeu de ce rang, mais c’est vraiment pour pinailler. A noter que si le jeu nous emmènera brièvement dans l’ambiance désertique de la Syrie, c’est en Sibérie que se déroulera la grande majorité du titre. Or, si l’on pouvait craindre que ce choix de lieu enneigé n’aboutisse à une certaine redondance dans les environnements, il n’en est rien et c’est à un monde semi-ouvert aux ambiances tout aussi variées et mystérieuses que dans le premier opus qui vous aurez affaire. Mieux, cet univers est encore plus vivant qu’auparavant, si bien qu’il y aura toujours quelque chose à faire, depuis la quête de ressources ou de trésors en passant par la chasse jusque dans les nombreux défis qui parsèment chaque zone (les fans de Zelda apprécieront le clin d’œil du défi des poules). En bref : il y a énormément à faire dans Rise of the Tomb Raider ! Le plan sonore n’est pas en reste avec des compositions musicales de qualité et surtout un sound design (ambiances, bruitages) de haut niveau qui finit de rendre cet univers plus palpable que jamais.

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Dans la droite lignée du reboot de 2013, Rise of the Tomb Raider est clairement un must-have pour tous les fans du genre. Si il souffre de certains défauts et approximations qui l’empêcheront de surpasser son rival Uncharted 4, le titre de Crystal Dynamics n’en est pas moins une véritable perle qui, en plus de proposer une aventure mémorable pour notre Lara, semble clairement poser les bases d’une intrigue à plus grande échelle qui pourrait bien trouver sa résolution dans le prochain volet.

Rise of the Tomb Raider : le test !
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