Les Frères Sisters

Réalisateur
Jacques Audiard
Acteurs
Jake Gyllenhaal, Joaquin Phoenix, et John C. Reilly
Pays
France
Genre
Western
Durée
117 min
Titre Original
The Sisters Brothers
Notre score
9

Charlie et Eli Sisters évoluent dans un monde sauvage et hostile, ils ont du sang sur les mains : celui de criminels, celui d’innocents… Ils n’éprouvent aucun état d’âme à tuer. C’est leur métier. Charlie, le cadet, est né pour ça. Eli, lui, ne rêve que d’une vie normale. Ils sont engagés par le Commodore pour rechercher et tuer un homme. De l’Oregon à la Californie, une traque implacable commence, un parcours initiatique qui va éprouver ce lien fou qui les unit. Un chemin vers leur humanité ?

L’avis de Manu

Jacques Audiard, où quand un metteur en scène réalise un sans-faute, film après film. Tout juste peut-on lui reprocher de s’acoquiner à un genre mais il a toujours sû se sublimer et quand ce n’était plus le cas, se réinventer. Comme ce fut le cas pour Dheepan, film à la construction subtile mais au-delà du discours social, la charnière même de son développement, comme de son univers, copiait un peu trop l’ensemble de la filmographie du réalisateur, quand bien même avec talent.

Changement de cap puisque c’est par le western qu’Audiard va prendre un autre virage et nous offrir avec Les Frères Sisters un western crépusculaire, qui, dans ses ornements premiers, cache toute les subtilités d’un récit beaucoup plus fin qu’il n’y paraît. Et quand un grand metteur en scène, immense directeur d’acteurs, travaille avec des comédiens américains au talent plus que confirmé, le résultat est là, prégnant, puissant et finalement beaucoup plus doux que dans ses films précédents. C’est sur un territoire sauvage et hostile que cette histoire de frères, et d’hommes avant tout, va s’écrire. Audiard en s’éloignant de son époque et en s’inscrivant dans un nouveau genre trouve un nouvel écrin pour briller d’une certaine grâce, encore et toujours (trop ?) masculine mais étonnante dans sa proposition, paradoxale, où quand émerge le calme d’un monde sauvage et violent.

Doté d’un réalisme judicieux pour le genre, pour l’exemple les montages image et son sont magnifiques, (ex. crédibilité intense des coups de feu et de leur époque, à la mode Michael Mann) comme dans les détails des moments de vie et des codes du Grand Ouest, Les Frères Sisters s’habille de tous ces éléments pour en faire une sorte de conte onirique à la découverte de l’Ouest. Et c’est au final dans la complexité relationnelle entre les hommes, ce qui peut les unir comme les séparer, que le film trouve son souffle le plus juste et le plus impressionnant comme si, au final, avec toute la subtilité qui compose depuis toujours le travail d’Audiard, émergeait un de ses films les plus éclairés qui, dans sa recherche d’une définition du mal, finissait par se reposer dans les arcades de la famille.

Avec son humour léger, sa violence subtile et démonstrative par la réflexion qu’elle amène, Les Frères Sisters est un western qui sans redéfinir le genre en propose une lecture autant originale que respectueuse. Entre le talent des comédiens et la mise en scène d’Audiard, on tient encore une fois avec lui, un des films de l’année.

Les Frères Sisters
9
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