Le bon, la brute et le cinglé

Réalisateur
Acteurs
Pays
Genre
Western
Durée
128
Titre Original
Joheunnom nabbeunnom isanghannom
Notre score
5
Le bon, la brute et le cinglé

Les années 30 en Mandchourie. Le Cinglé vole une carte aux trésors à un haut dignitaire japonais. La Brute, tueur à gages réputé, est payé pour récupérer cette carte. Le Bon veut retrouver le détenteur de la carte pour empocher la prime. Un seul parviendra à ses fins, s’il réussit à anéantir l’armée japonaise, les voyous chinois, les gangsters coréens… et ses deux adversaires.

61ème festival de Cannes-Hors compétition

 

L’avis de Fabien

 

Connu en France pour le fantastique 2 sœurs (2004) et le noir A Bittersweet life (2006), le coréen Kim Jee-Woon impressionne à nouveau avec ce western oriental déjanté et jubilatoire sous influence, Le Bon, la brute et le cinglé.

Avec un budget avoisinant les 17 millions de dollars, Le Bon, la brute et le cinglé est le film le plus cher de l’histoire du cinéma sud-coréen.

A l’affiche 3 grandes stars dans leur pays : Jung Woo-Sung (Musa, la princesse du désert / le bon), Byung-hun Lee (A Bittersweet life / la brute), Song-Kang-Ho (Memories of murder, The host / le cinglé) qui ont exécuté eux-mêmes leurs cascades lors d’un long tournage dans de multiples décors naturels par des températures très variées (10°C le matin, 40° l’après-midi).

Le bon, la brute et le cinglé

Projeté hors compétition au 61ème festival de Cannes Le Bon, la brute et le cinglé a offert aux festivaliers un bon moment de détente et de plaisir coupable (la majorité de la sélection officielle n’est généralement pas des plus joyeuses) durant 2h.

 

Influencé par Sergio Leone, John Woo et les cartoons, Kim Jee-Woon débute son récit par l’incroyable attaque d’un train où sont présentés avec humour et vitesse, grâce à des mouvements de caméra impressionnants de précision et d’ingéniosité pour lier les différents protagonistes dans l’action, les trois personnages principaux qui convoitent un trésor, un MacGuffin recherché également par des bandits mandchouriens et l’armée japonaise, un joyeux foutoir en somme.

 

Gorgé de références cinématographiques, de personnages hauts en couleur, d’action à tous les étages dans un cadre menaçant d’exploser, Le Bon, la brute et le cinglé est un hommage jubilatoire aux films de genre comme le western-spaghetti qu’il transpose en Mandchourie. S’il en respecte le schéma narratif et les codes il propose une vitesse d’exécution inédite et une ampleur visuelle époustouflante qui fera date.

 

Travellings avants furieux, gunfights homériques, bande-son énergique sont de la partie au cours de ce métrage au rythme infernal qui multiplie les moments de bravoure entre un affrontement musclé sur un marché qu’on croirait sorti de A toute épreuve et une course-poursuite finale d’anthologie mobilisant chevaux, tanks, motos et pistoleros à la gâchette facile.

 

Le bon, la brute et le cinglé

 

 

Song-Kang-Ho, antihéros aux gesticulations et mimiques sortis d’un Tex Avery et Byung-hun Lee en tueur complètement allumé assurent le spectacle (Jung Woo-Sung a un peu de mal à faire exister son personnage de bon face à ces personnages exubérants) entre les nombreuses fusillades que Kim Jee-Woon étire avec générosité pour le plaisir des amateurs.

 

Il y a dans ce film un bonheur de filmer et de rendre hommage aux maîtres du cinéma (en vrac Leone, Woo, Tarantino, Miller) vraiment manifeste et communicatif et une virtuosité visuelle assez prodigieuse qui rend ce western coréen fortement recommandable pour lutter contre la morosité ou un blues passagers.

 

Le bon, la brute et le cinglé

 

Le bon, la brute et le cinglé
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