Frissons d’horreur : le test blu-ray

Réalisateur
Armando Crispino
Acteurs
Barry Primus, Mimsy Farmer, et Ray Lovelock
Pays
Italie
Genre
Giallo
Notre score
7

 Rome, années 1970 – La capitale italienne subit un été caniculaire et une vague de suicides inexplicable. Ce climat anxiogène a des effets néfastes sur Simona Sanna, jeune légiste à la morgue. Surmenée, elle commence à être victime d’hallucinations. Dans le même temps, ses rapports avec son petit ami Edgardo Fiorini, photographe, se dégradent. C’est alors qu’elle rencontre Paul Lenox, un prêtre persuadé que sa sœur ne s’est pas suicidée comme on le lui affirme. Simona accepte de l’aider dans ses investigations.

Frissons d’horreur s’inscrit dans la longue lignée des gialli qui ont fleuri dans les années 70 en Italie après le succès populaire des films de Dario Argento. Armando Crispino réalise ce film en 1975, période où le genre commence à s’essouffler. Malgré tout, le cinéaste parvient à faire une vraie proposition de cinéma, originale et surtout déroutante.

L’intrigue se déroule à Rome dans les années 70 en plein été caniculaire. Cet évènement climatique va provoquer une inquiétante vague de suicide dans toute la ville. La première séquence du film est assez mémorable. Le spectateur se retrouve face à un enchaînement de suicides tous aussi terribles les uns que les autres : un homme se jette dans l’eau, un père tue ses enfants avec une arme à feu avant de la retourner contre lui, une jeune femme se tranche les veines dans sa salle de bain… On retrouvera d’ailleurs une séquence assez similaire et tout aussi marquante en 2008 dans l’inégal Phénomènes de M. Night Shyamalan. Dans Frissons d’horreur, toutes ces scènes violentes sont ponctuées d’images d’éruption solaires, comme pour exprimer le lien entre tous ces manifestations. Armando Crispino pose donc le décor de son film. Ces éléments, à la limite du fantastique, insuffleront tout au long du film cette atmosphère sombre et dérangeante qui donne au film tout son intérêt. La musique, signée par le maestro Ennio Morricone, ne va pas déroger à la règle. Les sonorités mélangées aux voix et aux râles vont accentuer cette sensation de malaise. Le film va, de la même manière, cultiver cette atmosphère, le personnage principal Simona, incarnée par Mimsy Farmer (Quatre mouches de velours gris, Le parfum de la dame en noir) est entourée  d’hommes aux comportements malsains voire déplacés à son égard. A l’image, on assiste par exemple à une exposition de photographies avec, ce qui semble être, de vrais clichés de cadavres.  

Simona est une jeune médecin légiste qui écrit une thèse sur la manière dont on peut différencier un vrai suicide d’un crime déguisé. Toute l’intrigue tourne autour de ce personnage féminin et plonge au cœur de son subconscient. On découvre ainsi une femme torturée rejetant toute forme d’intimité avec un homme. La jeune femme va se concentrer sur son travail jusqu’à associer plaisir et mort (non loin du mythe d’Eros et Thanatos). A chaque rapprochement physique avec son amant, des images de mort et de cadavres lui viennent à l’esprit. Le film s’articule tout de même selon les principaux codes du genre, une jeune femme est assassinée, et c’est un prêtre (frère de la victime) qui va enquêter sur sa mort. Tous les éléments vont ainsi s’enchaîner : meurtres, multiplicité des pistes et des potentiels coupables, révélation finale… Frissons d’horreur parvient cependant à prendre des libertés et à sortir des sentiers battus.

Pour son ambiance réussie et la profondeur de son personnage féminin, le film d’Armando Crispino valait bien une nouvelle visibilité.

Technique

Cette nouvelle copie HD est d’une grande propreté, l’image est également très stable. Les couleurs ont un beau rendu et les contrastes sont profonds. Quelques petites imperfections sont présentes mais elles sont assez rares pour ne pas entacher le visionnage. Le film se fait une vraie peau neuve par rapport à sa sortie DVD.

Pour le son, les pistes sont disponibles en DTS-HD Master Audio 2.0. et la musique d’Ennio Morricone n’en est que sublimée. Les dialogues sont clairs, le film est disponible en version italienne et française.

C’est encore une fois un bel objet que l’on retrouve au catalogue du Chat qui fume, le fourreau au design, signé Frédéric Domont, est une belle réussite.

Suppléments

Côté bonus, c’est toujours un plaisir de retrouver Jean-François Rauger qui nous livre une analyse pertinente du film dans L’Autopsie de Frissons d’horreur. Il contextualise le film et présente le cinéaste pour ensuite démontrer toute l’originalité du film de Crispino. Un entretien est également proposé avec Fancesco Crispio, historien du cinéma mais aussi fils du réalisateur. Il revient sur la carrière et la filmographie de son père et explique la genèse du film qui devait être une trilogie. Francesco Crispino présente ensuite dans un court bonus, Les Dossiers de l’autopsie, des archives de l’écriture du film.

Frissons d’horreur : le test blu-ray
7