A Ghost Story

Réalisateur
David Lowery
Acteurs
Casey Affleck, McColm Cephas Jr., et Rooney Mara
Pays
USA
Genre
Drame et Fantastique
Durée
92 min
Titre Original
Notre score
8

Apparaissant sous un drap blanc, le fantôme d’un homme rend visite à sa femme en deuil dans la maison de banlieue qu’ils partageaient encore récemment, pour y découvrir que dans ce nouvel état spectral, le temps n’a plus d’emprise sur lui. Condamné à ne plus être que simple spectateur de la vie qui fut la sienne, avec la femme qu’il aime, et qui toutes deux lui échappent inéluctablement, le fantôme se laisse entraîner dans un voyage à travers le temps et la mémoire, en proie aux ineffables questionnements de l’existence et à son incommensurabilité.

L’avis de Manu

Après s’être fait remarqué avec Les Amants du Texas, David Lowery s’est vu offrir par les studios Disney l’adaptation de Peter et Elliott le Dragon. Etrange décision d’accepter pour un auteur indépendant les clés d’une adaptation mainstream, encore plus étrange quand David Lowery revient avec insistance au cinéma d’auteur en cette fin d’année avec Ghost Story, film mystique et drapé d’émotions hypnotisantes.

Le film puise sa force à travers la simplicité d’un récit où l’émotion valse avec la condition humaine. Le minimalisme et la lenteur de la mise en scène composent ce long-métrage que certains commentateurs auraient préféré voir comme un court, voire faire lorgner l’ambition de Lowery vers celle de Malick (réducteur et facilité d’un raccourci « made in Texas »). Or, c’est justement tout l’art de cette méditation métaphysique, empreinte de sincérité et simplicité que propose David Lowery.

Les nappes sonores du film remplacent de longs dialogues qui auraient été inutiles et le côté contemplatif sied parfaitement au film, quitte à le rapprocher de la performance vidéo. Ici, chaque cadre (on est qui plus en format 1.33) est parfait dans l’équilibre qu’il contient entre la photographie élégante de chaque plan et une composition de mise en scène fantomatique et envolée. Passée la première moitié, les quelques ellipses majeures et impressionnantes du film appuient encore plus l’ampleur de la lecture du deuil que propose le réalisateur. A travers son procédé minimaliste, un drap, deux trous, David Lowery formalise l’essentiel de son récit et invite le spectateur à la contemplation comme à la réflexion. En outre, la grâce que déploie le duo d’acteurs Affleck-Mara ne fait qu’accroître et contribuer à la réussite de ce conte philosophique sur « l’après ».

Passés les (magnifiques) longs premiers plans séquences, l’invitation acceptée, le récit proposé hypnotise par sa singularité, sa douceur et sa poésie si originales, tant et si bien que ce Ghost Story finit par s’imposer comme un des films les plus touchants de 2017 et probablement un des meilleurs films tout court en cette fin d’année.

A Ghost Story
8
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