A Beautiful Day

Réalisateur
Lynne Ramsay
Acteurs
Alessandro Nivola, Ekaterina Samsonov, et Joaquin Phoenix
Pays
France, Grande Bretagne, et USA
Genre
Drame et Thriller
Durée
90 min
Titre Original
You Were Never Really Here
Notre score
7

La fille d’un sénateur disparaît. Joe, un vétéran brutal et torturé, se lance à sa recherche. Confronté à un déferlement de vengeance et de corruption, il est entraîné malgré lui dans une spirale de violence…

Avis de Manu

Après les coups de massues Ratcatcher et We need to talk about Kevin, Lynne Ramsay revient accompagnée de Joaquin Phoenix pour une nouvelle petite claque cinématographique. Hélas moins bien tenu, A beautiful day (dont on préferera le titre V.O. You were never really here) reste cette fois avant tout une performance artistique de son comédien principal (récompensé cette année à Cannes pour le rôle) plus qu’une démonstration sensorielle de ce que peut-être le cinéma.

A beautiful day comme tout film qui ne ressemble à aucun autre s’inscrit dans une mise en scène radicale, hypnotisante et souvent violente, dans une ambiance qui met régulièrement mal à l’aise. On peut adorer comme détester, toujours est-il que A beautiful day ne laisse pas indifférent.

Evidemment la prestation de Joaquin Phoenix l’emporte sur l’ensemble et le spectateur se voit inviter à suivre ce traumatisé de guerre dans sa vendetta professionnelle qui ne se déroule pas exactement comme prévu. Mais l’hyper violence esthétique que Lynne Ramsay met en scène peut troubler, aux détours d’une histoire assez peu développée et sans contrepoints. A beautiful day est un film brut, comme une pierre taillée grossièrement à l’image de son anti-héros, principal figure du film. Figure monolithique, barbe hirsute, corps massif et regard glacial, dont les traumas émanent tout au long du film.

On se sent alors perturbé par ce puzzle cinématographique, attirant parfois, captivant régulièrement, de par la présence de Phoenix, mais finalement assez léger sur son histoire et la psychologie passive de cet ancien soldat. Tiré par les cheveux à certains moments, le scénario s’embourbe et ne laisse que le plaisir visuel d’une œuvre étrangement attirante comme dérangeante. En résulte le sentiment d’un film nécessaire mais, malmené à ce point, le spectateur, sans un fond réellement plus dépouillé que ça, en vient à se demander : est-il bien utile? Jusqu’à la dernière minute le spectateur n’a pas de réponse à cette question et se satisfait d’avoir accepté un rendez-vous dont il connaissait tout de même la tenue avec Lynne Ramsay derrière la caméra.

A beautiful day n’est pas son meilleur film mais continue de construire la filmographie d’une réalisatrice atypique, terriblement cinéaste et qui dans la production de tels œuvres fait au moins encore vivre le cinéma. Cette fois, à découvrir en priorité pour la prestation immense de Joaquin Phoenix.

A Beautiful Day
7
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